Peyre, Antoine, Marie

Biographie


Né le 24 février 1770 à Paris. Architecte. Le Journal des débats, en date du 30 juillet 1830, rapporta ainsi les mêmes circonstances : « Un grand nombre de citoyens du (ancien) XIe arrondissement municipal, réunis à la mairie de cet arrondissement, ont élu membres du bureau municipal provisoire, MM. Népomucène Lemercier, de l’Académie française, président ; Victor Cousin, professeur de la faculté des lettres, secrétaire ; Renouard d’Herbelot, avocat ; Paul Royer-Collard, professeur à la faculté de droit ; Ch. Durozoir, professeur suppléant à la faculté lettres ; Peyre, architecte ; Andral, professeur à la faculté de médecine ; Fonfancy, avocat ; Gustave Drouineau, homme de lettres. » Le 4 août 1830, il était nommé aide-de-camp du général Lafayette, avec le grade de lieutenant-colonel. En août 1830, il sollicita d’être rappelé au Conseil des bâtiments civils et à être admis aux concours qui seront ouverts pour l’exécution de monuments publics. En mars 1831, il donna sa démission de ses fonctions à l’état-major de garde nationale. Dans l’exposé que fit Renouard, Augustin, Charles de la part qu’il avait prise à la révolution de Juillet, il laissait des indications sur la part que prit Peyre à la révolution : « Dès le matin [29 juillet, N.D.A], je suis convenu avec plusieurs citoyens de mon quartier de faire afficher pour midi une convocation générale à la mairie. Jusqu’à midi, j’ai parcouru d’autres quartiers de la capitale, en lisant à haute voix dans les rues une semblable invitation. Parmi les nombreux témoins de ce fait, je me rappelle notamment M. Darmaing, rédacteur de la Gazette des tribunaux. A midi, j’étais à la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Invité à donner mon avis sur les personnes qui pourraient être désignées pour former une municipalité provisoire, j’ai indiqué mon nom le premier. On s’est formé en assemblée pour procéder à l’élection et j’ai présidé. L’assemblée était fort nombreuse. Cinq personnes ont été désignées, parmi celles qui étaient présentes, pour former la commission avec dix autres de leur choix. Les quatre personnes désignées avec moi ont été MM. Népomucène Lemercier (voir ce nom), Victor Cousin (voir ce nom), D’Herbelot (voir D’Herbelot, Antoine, Léon) et Peyre. Lorsque notre commission a été complète, elle a nommé pour son président M. Lermercier et pour son secrétaire M. Cousin. La décoration de Juillet a été décernée à notre excellent président, M. Lemercier. Je crois que la médaille pourrait être accordée avec justice à MM. Cousin, D’Herbelot, Peyre et à moi-même, ainsi qu’aux dix personnes qui, en formant avec nous la commission, ont pris la responsabilité des mêmes actes. J’ajouterai le nom de M. Sirey, avocat à la Cour de cassation, qui, une heure après la formation de la commission, lui a adressé un billet de mille francs et s’est trouvé placé à la tête de la souscription que nous avons recueillie. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il signa le certificat suivant en faveur de Mardelle, Jean, Alexandre : « Je soussigné, ex-colonel provisoire de la XIe légion, certifie que M. Mardelle a pris les armes dès le 28 au matin, qu’il a pris la part la plus active aux deux glorieuses journées. Il est de plus à ma connaissance qu’il a formé un détachement à la tête duquel il est parti pour Rambouillet. Je puis de plus répondre de son zèle et de son patriotisme à toute épreuve. » Il apostilla, en tant que « chef de bataillon à la XIe légion de la garde nationale, commandant provisoire de la XIe légion, adjoint à la mairie provisoire » comme exacts les faits rapportés par Courcier, Amédée, Toussaint (voir ce nom), dans le certificat que ce dernier rédigea en faveur de Clouqueur ; ce certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, adjudant-major provisoire de la XIe légion, nommé le 30 juillet dernier par la Commission municipale du (ancien) XIe arrondissement, certifie, comme chef du poste de la mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris dans les journées des 29 et 30 juillet dernier, que le même jour, 29 juillet au matin, M. Clouqueur, caporal de grenadiers de l’ancienne XIe légion, demeurant rue du Cherche-Midi, n° 23, revêtu de son uniforme, fut élu par les citoyens chef du poste de la caserne de gendarmerie, rue de Tournon, au moment où cette caserne venait de faire sa soumission ; qu’il y organisa immédiatement un service régulier dans l’intérêt de l’ordre et de la liberté ; qu’il y fit arborer le drapeau tricolore ; que pendant toute cette journée, bien que blessé au pied, il remplit avec un zèle, un courage et une prudence dignes des plus grands éloges les fonctions difficiles qui lui avaient été confiées dans ce poste important, non seulement par sa position relativement aux événements mais aussi parce qu’il renfermait encore un nombre considérable de gendarmes et de chevaux, des armes, des munitions, etc. Enfin, ce ne fut qu’à la nuit que je pus lui adjoindre un sergent, avec lequel il partagea le commandement jusqu’au lendemain 30, à 4 heures de l’après-midi, que le poste fut relevé. » Peyre signait comme « chef de bataillon de la garde nationale, commandant provisoire de la XIe légion, adjoint à la mairie provisoire ». Dans l’exposé qu’il fit auprès de la Commission des récompenses nationales de sa propre conduite L’Huillier, Charles, Sulpice, rapporta les faits suivants concernant Peyre : « Le jeudi 29, à 4 heures du matin, après avoir pris des informations sur ce qui s’était passé la nuit, de l’autre côté de l’eau, et toute la rive gauche de la Seine ignorant les succès qu’on avait obtenu la veille 28, je vins me concerter avec M. Peyre qui avait pris le commandement provisoire du (ancien) XIe arrondissement et je m’engageai à me rendre de suite aux bureaux du Constitutionnel ou autre pour m’informer s’il y avait quelque détermination de prise soit comme commandement de la ville ou gouvernement provisoire. Je quitta M. Peyre, après lui avoir donné le mot que j’avais pour enlever environ trois cents fusils à la caserne de la rue du Foin, ce qui fut exécuté en mon absence. […] Le soir, quoique fatigué et harassé, j’allais à l’état-major provisoire du (ancien) XIe arrondissement, où M. Peyre m’envoya en ordonnance à l’Hôtel de ville auprès du général Lafayette, de qui j’ai l’honneur d’être connu particulièrement et qui me chargea lui-même dans la nuit d’une mission de confiance pour le (ancien) XIIe arrondissement. » Il signa, comme colonel aide-de-camp du général Lafayette, le certificat suivant en faveur de Pichon, Pierre, Augustin : « Connaissant M. Pichon depuis longtemps, ayant été témoin de son zèle dans nos célèbres journées, pouvant en outre répondre de sa probité et de sa capacité qui le met à même de remplir dignement les fonctions qui lui seraient confiées. Je le recommande avec instance à mon bon et ancien ami le ministre de la Guerre. » Il apostilla la lettre de Tristant, Jean, Nicolas, pour faire valoir ses droits à une décoration. Il signa, le 17 mai 1831, l’attestation suivante en faveur de Martinet : « Ayant été témoin de la conduite du sieur Martinet, revenu blessé de la caserne de Babylone, à la tête d’un détachement qu’il commandait et n’en n’ayant pas moins continué son service dans la XIe légion, que je commandai provisoirement, j’ai l’honneur de vous prier, s’il en est encore temps, de prendre sa demande en considération. » Il apostilla, le 20 août 1830 et en tant que colonel provisoire de la XIe légion de la garde nationale et aide de camp du général Lafayette, comme exacts les faits rapportés par Leroy, Jean-François relatifs à sa participation aux combats de Juillet. Il apostilla ainsi un certificat délivré par Cassan, Armand, en faveur de Beaufort, Joseph, Michel, lieutenant d’état-major auprès du général Lafayette, et déjà apostillé par de très nombreuses signatures : « Je me joins à tous mes camarades pour attester le zèle et le dévouement de M. Beaufort. Je lui en ai vu donner des preuves multipliées. » Il apostilla ainsi, le 22 août 1831, les certificats délivrés en faveur de Berthe, Noël : « Je, soussigné, ex-colonel provisoire de la XIe légion pendant la journée du 29 juillet et jours suivants, ancien colonel, aide-de-camp du général Lafayette, certifie les faits ci-dessus, ayant été constamment témoin du zèle et du patriotisme du sieur Berthe et des services qu’il a rendus à la patrie dans toutes les circonstances. » Il apostilla ainsi la lettre envoyée, le 16 mai 1831, à la Commission des récompenses nationales par Martinet, Jacques, dit Antoine, qui protestait de n’avoir reçu que la simple médaille en récompense de sa participation aux combats de Juillet : « Je, soussigné, commandant provisoire de la XIe légion, que le citoyen Martinet est revenu blessé, à la tête de son détachement qu’il commandait à la prise de la caserne de Babylone ; que le 29 juillet et jours suivants, je lui ai fait distribuer des vivres et qu’il a continué son service dans la légion avec le plus grand zèle, jusqu’au 7 août. » Il apostilla ainsi, comme « ancien colonel et aide de camp du général Lafayette » la demande présentée, en juillet 1831, par Jonasse, pour obtenir une distinction honorifique en raison de la participation qu’il avait prise à la protection du poste de la place Saint-Michel à partir du moment où ce dernier fut attaqué : « Certifie les faits ci-dessus, qui ont été tous à ma connaissance comme colonel provisoire de la XIe légion depuis le 29 juillet 1830 jusqu’à la fin d’août. » Il signa, le 8 septembre 1831 et comme « adjoint provisoire à la mairie du (ancien) XIe arrondissement, chargé de la partie militaire », le certificat suivant en faveur de Ludet fils, Jean-Jacques, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie avoir vu M. Ludet à la mairie du (ancien) XIe arrondissement le 29 juillet 1830, qu’il était en train de fabriquer des cartouches dans la salle des mariages. » Selon le Journal de Castellane, il était en février 1831 colonel d’état-major de la garde nationale. Peyre demeurait 6, rue des Poitevins en 1830. Le Journal des débats, 30 juillet 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement et correspondance générale, demandes de décorations et médailles dossier Clouqueur ; Archives de Paris 1AZ 10 (1AZ 106 pièces 27 à 33) ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831) in dossier Martinet ; Archives de Paris VD6 91 in dossier Pichon, Pierre, Augustin, idem in dossier Renouard, Augustin, Charles, idem in dossier Tristant, Jean, Nicolas ; Archives de Paris VD6 278 in dossier L’Huillier, Charles, Sulpice ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 in dossier Mardelle, Jean, Alexandre ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Leroy, Jean-François ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Jonasse ; Archives nationales F/1dIII/65 in dossier Martinet, Jacques, dit Antoine ; Archives de la préfecture de police AA 372 in dossier Beaufort, Joseph, Michel, idem in dossier Berthe, Noël ; Archives de la préfecture de police AA 379 in dossier Clouqueur, Jean-Pierre ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Ludet fils, Jean-Jacques ; Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862, tome deuxième (1823-1831), Paris, Plon, 1895, p. 414.

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