Pezet, Léon
Biographie
Né le 16 avril 1812 à Etrépagny (Eure), fils de Pezet, François, Toussaint, bladier, et de Deshayes, Marie, Geneviève, son épouse. Ouvrier bijoutier. Il fut très grièvement blessé d’un coup de feu qui lui fractura la cuisse droite, le 28 juillet, alors qu’il combattait sur la place de l’hôtel de ville. Transporté à l’hôpital de La Pitié, il mourut le 29 août, des suites de sa blessure. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Servant, J., chez qui Pezet avait fait son apprentissage délivra, en date du 14 septembre 1830, une attestation comme quoi son apprenti s’était conduit à son entière satisfaction pendant son apprentissage et « d’une manière valeureuse dans les trois jours des 27, 28 et 29 juillet, et qu’il a reçu une balle dans la cuisse droite, en ma présence ». Le 2 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Mottu, Jean, David, facteur à la poste aux lettres, demeurant 299, rue Saint-Denis ; Mancel, Louis, Jacques, François, propriétaire, demeurant 299, rue Saint-Denis ; Lebleux, Jean-Baptiste, marchand de vin, demeurant 297, rue Saint-Denis. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Pezé, Léon (sic), demeurant 7, rue de la Coutellerie (sic) et « savoir que le 28 juillet dernier il a pris part aux combats qui ont eu lieu sur la place de l’hôtel de ville, entre l’ancienne garde royale, les Suisses et les citoyens ; qu’il y a reçu une blessure très grave à la cuisse ; qu’il a été transporté à l’hôpital de la Pitié et y est mort plusieurs jours après des suites de l’amputation que cette blessure avait nécessitée ». Il laissait une mère, indigente, Deshayes, Marie, Geneviève, née le 7 décembre 1781 (bien Deshayes, Marie, Geneviève dans son acte de baptême, fille de Deshayes, Pierre, Louis et de Lebas, Marie, Geneviève) à Sainte-Marie-des-Champs (Eure), veuve de Pezet, François, Toussaint. Le maire d’Estrepagny, en date du 2 septembre 1830, lui délivra un certificat comme quoi elle était « dans l’indigence ; qu’elle n’avait pour ressources que ce seul fils unique pour la soulager dans sa vieillesse ». Le docteur Cherrier, en date du 1er mars 1831, lui délivra un certificat médical comme quoi elle souffrait d’une « hernie inguinale droite, qui est contenue par un bandage et une hernie de l’ombilic qui aurait aussi besoin d’être contenue ». Elle fut pensionnée de deux cents francs et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 29 décembre 1808 à Estrepagny ; sur l’acte de mariage, Pezet, François, Toussaint est indiqué comme né le 1er novembre 1761 à Estrepagny, fils de feu Pezet, François, de son vivant marchand, et de feue Marchand, Louise son épouse, comme étant marchand bladier, comme étant veuf en premières noces de Dupuits, Angélique, Thérèse décédée le 9 octobre 1806 à Estrepagny ; Dehais, Marie, Geneviève (sic) est indiquée comme née le 8 décembre 1781 (sic), fille de Dehais, Pierre, Louis (sic), journalier, demeurant à Vatismesnil (Eure) et de feue Lebas, Marie, Geneviève, son épouse, décédée le 9 floréal an III à Vatismesnil. Pezet, François, Toussaint devait décéder le 10 juin 1820 à Estrepagny. Pezet demeurait 10, rue de la Coutellerie ; sa mère, à Estrepagny (Eure) en 1831. Le nom de Pezet (L. Pezet) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 44 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 103 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 6-7 état des ascendants aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.