Philippe, Jean-Baptiste

Biographie


Né le 2 mai 1777 à Rouelle (Haute-Marne). Ancien officier retraité, amputé de la jambe droite à l’armée. Il fut blessé de deux coups de baïonnette reçus dans le sternum, le 28 juillet, et qui occasionnèrent plusieurs abcès. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Le certificat médical suivant constatait les blessures qu’il avait reçues : « Le médecin soussigné chargé de la visite des blessés de Juillet dans le (ancien) XIe arrondissement atteste que M. Jean-Baptiste Philippe, officier retraité, demeurant petite rue Sainte-Anne n° 2, a été blessé le 28 juillet 1830, ainsi que l’atteste un certificat délivré par M. le chirurgien Laglan, de deux coups de baïonnette à la partie antérieure et supérieure du sternum ; que depuis ce temps plusieurs abcès consécutifs se sont manifestés dans la partie blessée et qu’il existe même un trajet fistuleux, suite de la lésion du sternum ; que le sieur Philippe est porté sur l’état des blessés de Juillet et qu’il a reçu comme tel les secours de la Commission du (ancien) XIe arrondissement. » Signé, le 18 avril 1833 : Tacheron, médecin. Peu après la révolution, il se rendit en province pour pouvoir subsister et ne put participer aux distributions de pensions ou de décorations (il est pourtant marqué décoré de Juillet, sans doute sagit-il du suivant, presque sûrement). Une dépêche indiquait à son sujet : « Demande instante de faire participer M. Philippe, officier retraité, aux récompenses nationales, M. Philippe s’étant distingué dans les journées de Juillet. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut une indemnité, à titre de cas exceptionnel, de deux cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale. Il reçut, comme médaillé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Le 28 novembre 1831, il reçut de la Commission de souscription nationale, en tant que blessé et décoré, une indemnité de cinquante francs et un habillement de garde national ou un tout autre habillement de la valeur de soixante francs. En 1833, veuf, père de cinq enfants, dans l’impossibilité de travailler suite à ses blessures, il sollicita l’obtention d’une pension. Le préfet de police donna alors sur lui les renseignements suivants : « Il n’a pas d’état et pourvoit avec la plus grande difficulté à l’entretien de sa femme toujours malade et de ses quatre enfants. » ; la préfecture de la Seine précisait aussi : « Il n’a pas d’état et n’a pour ressources qu’une modique pension en sa qualité d’ancien militaire. » Le ministre répondit à Philippe que l’obtention d’une pension n’était plus possible mais lui fit parvenir un secours de cent cinquante francs. Il reçut, en juillet 1834 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de six francs, à titre de décoré de Juillet. En 1834, il reçut un autre secours de cent francs. Le préfet de la Seine rapportait sur son compte : « […] Veuf avec deux enfants en bas âge. […] Il est pensionné du gouvernement comme ancien militaire. Il est ouvrier vannier. Sa conduite est régulière et sa position paraît malheureuse. » Le préfet de police renseignait de son côté : « Pour se procurer des moyens d’existence, il fait des paniers d’osier ; ce travail lui rapporte environ un franc par jour ; il se trouve dans la plus profonde misère. Il a perdu la jambe droite à l’armée et dans les journées de Juillet il a été blessé assez grièvement. Sa conduite est fort régulière et sa position inspire l’intérêt. » Il reçut soixante-quinze francs de secours en 1836. Il reçut, en juillet 1835 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de neuf francs, à titre de décoré de Juillet. En 1835, il sollicita que son mariage fût doté par la Ville de Paris : il désirait épouser Léguillon, Marie, François, Nicole, née vers 1797 à Paris, maîtresse couturière, demeurant 9 bis, rue des Poulies, orpheline et fille d’un ancien militaire invalide. Mais cette dernière protesta avec véhémence auprès du maire : « Je voulais passer hier soir chez vous, mais je vous écris pour protester contre la demande qui vous a été remise par le sieur Jean-Baptiste Philippe, Jambe de bois, décoré de Juillet, qui s’est prévalu de moi pour avoir cette année, à notre mairie, les trois mille francs du mariage de Juillet. Je ne veux point du tout épouser ce vieillard invalide et impotent, pensionné. C’est donc pour vous prier de regarder comme nulle et non avenue pour ce qui me concerne la demande dudit Jean-Baptiste Philippe. Je ne suis point la fille d’un ancien militaire. J’ai aussi des enfants, quoique célibataire, et je ne veux point être la victime d’une plaisanterie. Veuillez rayer mon nom sur la singulière demande du nommé Philippe, afin de vous éviter une candidature inutile. » De même en 1836 (et bien que son dossier soit classé à l’année 1837), il sollicita de nouveau que son mariage fût doté par la Ville de Paris, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet. Il adressa une nouvelle demande, en date du 9 juin 1836, au maire du (ancien) XIe arrondissement : il désirait épouser Hodinot, Antoinette, née le 6 prairial an V à Anrosey (Haute-Marne), fille d’un ancien militaire, couturière, demeurant à Paris depuis longtemps et 61, rue de la Harpe en 1836, de parents décédés en 1836. Hodinot signa aussi la demande que présentait Philippe. Il reçut, en juillet 1836 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de quatre francs, à titre de décoré de Juillet. Il demeurait 8, rue Saint-André-des-Arts en 1830-1831 ; 2, rue Basse-Sainte-Anne près du Palais de justice en 1833 ; 2, rue Poupée, un loyer de cent soixante francs par an en octobre 1834 et depuis trois mois ; 23, rue de la Huchette en 1835 ; 61, rue de la Harpe en 1836 (aux Invalides à une date inconnue mais sans doute comprise entre 1837 et 1840 in Archives de Paris VI1 1, une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements). Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 86 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 631 n° 1, état nominatif des citoyens décorés de la médaille, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VI1 1, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, mariage de Mlle Greffe avec M. Gaudiran, idem 1837, mariages de Juillet, idem cérémonies, fêtes et deuils publics officiels : célébrations et commémorations (1800-1839), idem Etat de répartition de la somme de quatre cent dix francs et cinquante-cinq centimes mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être attribuée à MM. les décorés de Juillet, idem 1835, Etat de répartition de la somme de quatre cents francs mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être distribuée à MM. les décorés de Juillet, idem 1836, Etat de répartition de la somme de deux cents francs affectée par M. le ministre de l’Intérieur à MM. les décorés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, idem une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, convocations des décorés à la mairie ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, blessés, secours définitifs ; Archives de Paris VK3 19, lettre en date du 1er février 1832 de la préfecture de la Seine au maire du (ancien) XIe arrondissement, idem liste définitive des cas exceptionnels, idem séance du 13 février 1832, idem Etat des blessés décorés de Juillet auxquels il a été payé par la mairie du (ancien) XIe arrondissement, par décision de la Commission de la souscription nationale la gratification de cinquante francs et l’habillement évalué à soixante francs ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Raignan ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Yves ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de 1re classe.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.