Picard, François, Antoine

Biographie


Né le 23 juillet 1799 (le 24 juillet 1799 in Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, liste supplémentaire des décorés de Juillet et in Archives de Paris VK3 27 et surtout in F/15/3793-3795 dans une lettre quil signe) au Mans (Sarthe). Fils d’un artilleur de la république, volontaire dans l’armée de la Loire, il abandonna la carrière militaire à la chute de l’Empire. Charbonnier ou marchand de charbon. Typographe en 1830 (mais bien charbonnier in Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, liste supplémentaire des décorés de Juillet) et ouvrier imprimeur in Archives de Paris VI1 1, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à loccasion des fêtes anniversaires de Juillet ; mais marchand de charbon de terre sur le registre quil signe in Archives de Paris VK3 27 et in Archives de Paris VK3 24 dans le registre quil signe. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) 1er arrondissement, et de la même manière la médaille de Juillet auprès de la même mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 23 juin 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il signa, le 5 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Souillot, Charles, Nicolas, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous certifions avoir vu le sieur Souillot, Charles, Nicolas combattre dans le peloton dont nous faisions partie le 29 juillet 1830 à la prise de la caserne Babylone. » Il prêta, le 16 mai 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 23 juin 1831, et son brevet le 2 septembre de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut, en juillet 1834 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de six francs, à titre de décoré de Juillet. Il reçut, en juillet 1835 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de neuf francs, à titre de décoré de Juillet. Il reçut, en juillet 1836 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de quatre francs, à titre de décoré de Juillet. En 1840, la police le dit dans une « position fort malheureuse à cause de ses charges de famille » et « très dévoué au gouvernement ». Il reçut un secours de quarante francs et un autre de vingt-cinq francs en 1841. En 1842, employé comme homme de peine dans un magasin de charbons près de la barrière Saint-Jacques, la police précisait à son sujet : « On dit beaucoup de bien des époux Picard. » Il reçut un secours de quarante francs et un autre de vingt-cinq francs en 1842, des mêmes sommes en 1843, et de vingt-cinq francs en 1844. En 1845, à l’occasion d’une demande de secours, il se disait « toujours prêt lorsqu’il s’agira de maintenir l’ordre et les institutions qui nous régissent, quoique chef d’une nombreuse famille ». Il reçut un secours de quarante francs en 1845, de vingt-cinq francs en 1846, et de la même somme en 1847. Le 24 février 1848, sergent des voltigeurs au 2e bataillon de la IIe légion, il aida à former la barricade au carrefour de la rue de la Harpe et de la rue Racine, commanda le poste du 81, rue de la Harpe puis veilla au maintien et à la conservation des trois barricades de la rue de la Harpe. Le 25 février, à la prise des Tuileries, il se précipita « au-devant des baïonnettes qui allaient atteindre les municipaux désarmés sortant du château en leur disant que les Français savaient vaincre mais étaient généreux après la victoire. Cette courte allocution, la Croix de Juillet qu’il portait à la poitrine sauva les municipaux qui purent, grâce à une escorte de la garde nationale, échapper à la fureur populaire ». Il déposa un dossier auprès de la Commission des récompenses nationales instaurée après la Révolution de Février. Il était porteur de plusieurs certificats qui attestaient sa présence dans les combats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Charles Quintard, étudiant en médecine, assistant à la prise des Tuileries, le 24 février 1848, déclare avoir vu le citoyen Picard, François, Antoine, décoré de Juillet, sergent de voltigeurs, 2e bataillon, XIe légion, se précipiter au-devant des baïonnettes qui allaient atteindre les municipaux désarmés sortant du château en leur disant que les Français savaient vaincre mais étaient généreux après la victoire. Cette courte allocution, la Croix de Juillet qu’il portait à la poitrine sauva les municipaux qui purent, grâce à une escorte de la garde nationale, échapper à la fureur populaire. » Signé, le 10 avril 1848 : Quintard, Ch. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Picard a établi et commandé le poste de la rue de la Harpe et veillé au maintien et à la conservation des trois barricades de ladite rue jusqu’au 25 février 1848. » Signé, le 30 avril 1848 : Champonnois, demeurant 80, rue de la Harpe. Le troisième certificat, ainsi rédigé, à en-tête du musée des Thermes et de l’hôtel de Cluny : « Je certifie que le citoyen Picard, sergent de voltigeurs, au 2e bataillon, XIe légion, a contribué à faire rentrer au musée plusieurs des armes anciennes enlevées dans la nuit du 24 au 25 février et qu’il a, de sa propre initiative, établi, le 25 au matin, un poste dans l’établissement avant l’arrivée de la garde, envoyée par la mairie. » Signé : Dusommerard, E., conservateur du musée. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que citoyen Picard, sergent de mon ancienne compagnie était sous les armes dès le matin du 24 février et qu’il a pris une part active dans cette mémorable journée. » Signé : Janodet, restaurateur, demeurant 81, rue de la Harpe. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Picard, sergent de voltigeurs, du 2e bataillon de la XIe légion, était aux barricades du carrefour de la rue Racine, le 24 février, et qu’il a commandé le poste dans la maison que j’habite, rue de la Harpe n° 81. Enfin, que c’est un brave et digne citoyen, qui mérite à tous égards l’intérêt et la bienveillance de la république. » Signé : Charles, architecte du (ancien) XIe arrondissement. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le sergent Picard s’est toujours conduit en bon citoyen et que pendant les trois jours de Février il s’est montré où il y avait du danger et surtout la nuit du 23 au 24. Lui seul était à la tête de la compagnie. » Signé, le 20 avril 1848 : Cleton, mécanicien, demeurant 95, rue de la Harpe. Après la révolution, il fut nommé lieutenant à 5e compagnie du 2e bataillon de la IIe légion de la garde nationale. Le Comité d’enquête institué près la Commission des récompenses nationales après la révolution de Février le recommanda pour un emploi d’inspecteur de garnis ou de commissaire de police en province et pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. En novembre 1848, père de cinq enfants, sans travail depuis le mois de mai, il sollicita des secours. « Dans tous les moments dangereux, j’ai toujours été un des premiers, même au péril de ma vie, à sauver l’existence des hommes et à faire respecter la propriété ; dans les affaires de février, j’ai pu restituer des armes antiques prises au Musée de Cluny » En 1849, une attestation de la mairie témoignait dans ces termes en sa faveur : « […] Excellent citoyen, ami de l’ordre et des lois, qui a puissamment contribué le 24 février 1848 à sauver la vie à des gardes municipaux après la prise des Tuileries, qu’il a également rendu de grands services en établissant le 25 février au matin un poste au musée de l’hôtel Cluny et en y faisant rentrer des armes anciennes qui avaient été enlevées à ce musée. […] En juin 1848, il remplit les fonctions d’ordonnance à la mairie du IIe arrondissement de manière à mériter tout éloge. » Les services qu’il rendit à la cause de l’ordre en juin 1848 doivent être tempérés par l’appréciation suivante du préfet de police en 1849 : « […] Ex-brigadier dans les ateliers nationaux, conduite équivoque en juin 48, a été obligé de se disculper. Cependant, il a fait son devoir dans la journée du 13 juin dernier et ne s’occupe pas de politique subversive. » En 1852, les mêmes sources rapportaient : « Il est estimé de tous ses camarades à cause de sa belle conduite lors de l’insurrection de juin 48 […]. Il fait le courtage en librairie […], ne s’occupe nullement de politique et jouit d’une bonne réputation […]. » Il reçut un secours de quarante francs en 1849, de soixante francs en 1850, et de soixante-quinze francs en 1852. En 1853, il avait cinq enfants dont deux sous les drapeaux. Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1853, de soixante francs en 1854, de quarante francs en 1855. En 1856, la police rapportait sur son compte : « Il s’occupe à assembler des cuirs pour les chaussures d’enfant mais ne gagne presque rien. Il fait partie de la Société des francs-maçons. » Il reçut, cette année-là, un secours de quarante francs. En 1857, il était surveillant au palais de l’Industrie. Il travailla aussi comme aide pour faire la recette à un garçon de la Banque de France. Il reçut un secours de quarante francs en 1857, et de la même somme chaque année entre 1858 et 1870. En 1870, le cabinet du préfet de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Resté veuf avec deux enfants à sa charge. Depuis dix-sept ans, il est aide garçon de recettes à la Banque de France ; quand il était occupé il gagnait quarante francs par mois ; mais depuis neuf semaines, il manque d’occupation lucrative et reçoit des secours en nature de la mairie de son arrondissement, qui l’emploie en qualité de lieutenant dans la garde civique. Très bien représenté sous tous les rapports, il est réellement digne d’intérêt. » Il accompagnait sa signature des trois points maçonniques. Il était décoré de la médaille de Sainte-Hélène. Il demeurait 9, rue des Grès en 1831-1836 ; (9, rue des Grès à une date inconnue mais sans doute comprise entre 1837 et 1840 in Archives de Paris VI1 1, une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements, et dans laquelle il est indiqué comme compositeur) 108, rue Saint-Jacques en 1842 ; 15, rue des Mathurins-Saint-Jacques de 1845 à 1852 ; 141, rue de la Harpe en 1852 à 1854 ; 3, rue Saint-Thomas-d’Enfer de 1854 à 1857 ; 107, rue de la Harpe en 1858 ; 73, rue Saint-Jacques de 1859 à 1861, 127, rue Saint-Jacques de 1862 à 1865 (73 et 127 étant peut-être le même numéro) ; 24, rue des Trois-Bornes, un logement au loyer annuel de deux cents francs en 1870. Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VI1, Etat de répartition de la somme de quatre cent dix francs et cinquante-cinq centimes mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être attribuée à MM. les décorés de Juillet, idem 1835, Etat de répartition de la somme de quatre cents francs mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être distribuée à MM. les décorés de Juillet, idem 1836, Etat de répartition de la somme de deux cents francs affectée par M. le ministre de l’Intérieur à MM. les décorés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, idem (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, convocations des décorés à la mairie ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, cahier vert des prestations de serment (bien Picard, François, Antoine, marchand de charbon de terre, demeurant 9, rue des Grès) ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment (bien Picard, François, Antoine, marchand de charbon de terre, demeurant 9, rue des Grès) ; Archives de Paris VK3 50 (où on lui écrit pour retirer sa croix) ; Archives de Paris VI1 1, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, idem une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale et liste supplémentaire des décorés de Juillet, (ancien) 1er arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/15/3793-3795 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 (sous le nom de Picard, Antoine, François), idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209 (sous le nom de Picard, François, Antoine) ; idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 (sous le nom de Picard, Antoine), idem Proposition d’accorder à cinquante-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.100 francs, minutes 260-262, en date du 29 janvier 1853 (sous le nom de Picard, François, Antoine) ; Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Souillot, Charles, Nicolas. Sur son dossier il est inscrit : « Il est inscrit sur la liste des médaillés de Juillet avec les prénoms François, Antoine, mais il a représenté son brevet de la croix portant également les prénoms François, Antoine. Sur le dossier de Picard, François, Antoine dans Archives nationales F/1dIII/72, il est inscrit : « Il est inscrit sur la liste des médaillés de Juillet avec les prénoms François, Antoine, mais il a représenté son brevet de la croix portant également les prénoms François, Antoine. Sur son dossier in Archives de Paris VD6 633 n° 1, convocations des décorés à la mairie, il est indiqué : « A reçu la décoration de Juillet au Ier arrondissement, porté sur la liste supplémentaire. » Il est aussi sur les listes des médaillés de la Commission des récompenses nationales auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Picard, François, Antoine, né le 24 juillet 1799 au Mans (Sarthe), marchand de charbon et demeurant 9, rue des Grés).

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