Picard, Pierre, Médard

Biographie


Né le 23 fructidor an III (mais le 23 fructidor an II dans le Tableau général des pensions) à Paris. Ouvrier tanneur. Il combattit le 28 juillet, puis, vers minuit, alors qu’il était de faction au corps de garde de la place Maubert, fut gravement brûlé à la main gauche, à la poitrine et à de nombreuses autres parties du corps, par l’explosion d’un caisson de poudre à canon ou d’un fusil. Il eut la main gauche amputée. Il reçut un secours de cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il fut soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Samson, Pierre, Augustin, né vers 1789, couverturier, demeurant 76, rue Mouffetard ; Virlon, Sylvain (voir ce nom), né vers 1799, maçon, demeurant 5, rue de Bièvres ; Deshayes, Louis, Mathieu, né vers 1796, carreleur en bâtiment, demeurant 13, rue des Marmousets ; Bardy, François (voir ce nom), né vers 1804, commissionnaire, demeurant 2, rue des Poirées. Ils attestèrent parfaitement connaître Picard, Pierre, Médard et « savoir qu’il a combattu le 28 juillet et que sur les minuit, en posant en factionnaire au corps de garde de la place Maubert où il remplissait les fonctions de caporal son fusil lui a éclaté dans la main gauche, ce qui a nécessité l’amputation de la main gauche ». Il reçut un secours de vingt-huit francs, le 4 février 1831, un secours de vingt-huit francs, le 11 février 1831, un secours de vingt-huit francs, le 18 février 1831, un secours de vingt-huit francs, le 25 février 1831, un secours de vingt-huit francs, le 4 mars 1831, un secours de cinquante francs, le 16 mars 1831, un secours de vingt francs, le 30 avril 1831, un secours de soixante francs, le 30 avril 1831, un secours de soixante francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 12 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de blessures par explosion d’un caisson de poudre à canon. Premièrement à la main gauche avec déchirure des chairs et fracas aux os, qui ont nécessité l’amputation du poignet dans son articulation radio-carpienne. Deuxièmement de brûlures nombreuses sur différentes parties du corps et notamment à la poitrine et à la région inguinale gauche ; guéries mais avec adhérences profondes des cicatrices. » Il fut admis, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 12 mars 1831, dans la 6e classe des blessés, pensionné de sept cents francs (sous le nom de Picart sur les listes du Bulletin des lois) et reçut de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud, il délivra le certificat suivant en faveur de Sevin, Jean-Baptiste : « Les blessés de Juillet, ne pouvant refuser leur témoignage pour un homme qui s’est montré, comme eux, digne de porter le nom français certifient que le nommé Jean-Baptiste Sevin, pendant les trois journées, n’a fait que des actions d’honneur. C’est un vrai citoyen, un ami de la liberté. Il les a ensuite servis à Saint-Cloud, avec tout le zèle qui l’anime pour les libérateurs de la France. » Son uniforme de garde national lui fut fourni gratuitement. Il signa, le 14 octobre 1830 et avec d’autres blessés depuis la maison de convalescence de Saint-Cloud, où ils séjournaient, le certificat suivant en faveur de Goldstein, Albert : « Nous, soussignés, avons l’honneur de recommander à la bienveillante justice de la Commission des récompenses nationales le sieur Goldstein, Albert, qui non seulement a donné des preuves de son patriotisme pendant la révolution mais encore nous a rendu au Constitutionnel des services pour lesquels nous sommes heureux de pouvoir en cette occasion lui donner un témoignage de notre reconnaissance. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il adressa la lettre suivante à la Commission : « Trois journées de combats opiniâtres, plusieurs barils de poudre conquis aux gardes royaux auprès du pont d’Austerlitz et dont j’ai approvisionné les braves combattants de la rue Mouffetard, de la place Maubert, de la Cité et de la Grève, la perte d’un poignet, la mutilation du bras et trois coups de mitraille qui ont fait de mon corps une horrible plaie à peine cicatrisée après onze mois de souffrances ; mon père, ma mère, vieillards octogénaires et infirmes et ma femme subitement arrachés aux produits de mon industrie me rendent la misère bien dure et bien ironique quand on parle de récompenses nationales et quand la préfet de la Seine possède deux millions cinq cent mille francs, montant de la souscription de deux mondes. Les prévenances des patriotes m’ont épargné de tendre à la pitié la main qui me reste et que je puis encore offrir à la liberté de mon pays et je compte sur la Providence en attendant une pension que l’on m’a promise et dont on ne laisse pas de reculer le terme à proportion que la faim le hâte de son impatience. Mais il était un honorable soulagement à mes maux, que je sollicitais en vertu de la loi : la décoration spéciale ! la Commission me l’a refusée !... J’en appelle, messieurs, à votre justice. » Sur son dossier est portée l’indication Rejeté. Un note en donne l’explication : « M. Clerget (voir Clerget, Jean, Alexandre), commissaire du (ancien) XIIe arrondissement, rapporte, (sur les dires des voisins) que les blessures de M. Picard proviennent d’une imprudence qu’il a commise en portant de la poudre dans son tablier. La Commission, après l’avoir porté pour la décoration, l’a rayé de la liste après avoir reconnu qu’il a fait cinq ans de galère. Il jouit d’une mauvaise réputation. Le reproche énoncé dans cette note a été adressé de nouveau au sieur Picard en ma présence par le sieur Hardel (voir Hardel, Guillaume, Jean), décoré, le 11 juillet. » En 1859, Buquet, Rosalie, pensionnaire des Incurables, salle Sainte-Cécile, rue de Sèvres, se plaignit que « par des moyens mensongers et frauduleux, [Picard] est parvenu à capter ma confiance et je lui ai confié deux montres et lui ai prêté de l’argent, le tout s’élevant à quatre cents francs. Le sieur Picard est disparu. Je l’ai dénoncé, il y a cinq mois, à la police, qui n’a pas pu le découvrir, mais je sais qu’il a été blessé de juillet 1830, il lui manque le poignet gauche et pour cela il touche une pension de sept cent cinquante francs. » Il demeurait 2, rue de l’Arbalète en 1830 ; en garni chez Devienne, 56, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, au loyer de quinze francs par mois, (par erreur deux fois 56, rue Mouffetard in Archives de Paris VK3 22) en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 70 ; Histoire de ce qui sest passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 329 ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 113 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 6e classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 112 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Sevin, Jean-Baptiste ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 12 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement (où la décision n’est pas inscrite) ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 31 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants (où sa case, n’est pas remplie) ; Archives de Paris VK3 35, liste des décorés des 27, 28 et 29 juillet, qui ont été habillés en exécution de l’arrêté de M. le préfet de la Seine, idem une liste Blessés de Juillet hommes habillés ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 6e classe ; Archives de la préfecture de police AA 390 in dossier Goldstein, Albert ; Archives de la préfecture de police AA 408.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.