Pichard, François, Louis

Biographie


Né le 23 mars 1797 à Paris. Ancien chirurgien militaire, élève des hôpitaux civils de Paris, reçu médecin en 1818 à Paris. Dans l’exposé que fit auprès de la Société des réclamants de la rue Bourg-Labbé, Bellery, Jacques de sa propre participation aux combats, il laissait les informations suivantes sur Pichard : « […] Après la prise de l’Hôtel de Ville, je parcourus le quartier et je reconnus M. Pichard, médecin, domicilié rue Beaubourg, prodiguant des soins à des hommes qui avaient été blessés […]. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Pichard reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il délivra, en date du 4 août 1830, le certificat suivant en faveur de Laurent, Adolphe, Désiré : « Je, soussigné, médecin accoucheur, reçu à la faculté de médecine de Paris, ex-chirurgien aux armées et des hôpitaux militaires de Provins en 1814, ancien élève des hôpitaux et hospices civils de Paris, membre de plusieurs sociétés savantes, littéraires et industrielles, certifie que le sieur Alphonse, Désiré Laurent (sic), cornet de voltigeurs blessé à Waterloo, actuellement chapelier, domicilié rue Beaubourg n° 21, ayant pris les armes les mardi 27 et mercredi 28 juillet 1830, reçut, le deuxième jour, dans la rue Saint-Denis, en sortant de la cour Batave pour marcher à l’ennemi, les blessures suivantes, savoir : 1°) plusieurs grains de plomb dans l’œil droit, deux à la joue droite, un à la partie moyenne de la lèvre supérieure ; 2°) une balle à la partie postérieure de l’épaule droite, une chevrotine à la partie antérieure de la même épaule ; une chevrotine ; 3°) une chevrotine et trois grains de plomb à la partie latérale droite de la poitrine ; 4°) la cuisse droite criblée de menu plomb et de deux chevrotines ; 5°) quelques menus plombs à la cuisse gauche et au mollet du même côté ; 6°) sept petits plombs à la partie externe de la jambe droite ; 7°) enfin une balle qui a enlevé une portion du quatrième orteil, brisé le troisième et le deuxième et détaché une portion du pouce. Il résulte de toutes les blessures décrites ci-dessus que le malade, dont les jours ne sont plus en danger mais qui ne sera guéri que dans quelques mois, demeurera infirme du pied droit par la perte de deux à trois orteils et sera peut-être privé de l’œil du même côté. En foi de quoi, j’ai délivré le présent certificat pour qu’il soit accordé à ce citoyen courageux tous les secours que la patrie doit à son généreux dévouement. L’étoile de la Légion d’honneur ne serait pas déplacée sur sa poitrine. » Il renouvela, en date du 14 décembre 1830, ce même certificat. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Pichart, François, Louis), auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. On trouve dans Les Médecins de Paris jugés par leurs œuvres, ouvrage paru en 1845, la notice biographique suivante le concernant : « […] Ancien chirurgien militaire et élève des hôpitaux civils de Paris ; administrateur du bureau de bienfaisance du (ancien) VIIe arrondissement. […] M. Pichard offre l’exemple d’un médecin qui sait accorder toutes les exigences de sa profession avec les devoirs non moins impérieux de citoyen. Chirurgien militaire de 1813 à 1814, il a fait en cette qualité la campagne de France ; puis élève de l’Hôtel-Dieu, dans le service de Dupuytren, de 1815 à 1818, il s’est fixé dans le quartier Saint-Martin, qui l’a vu naître, qu’il n’a pas quitté depuis sa réception, c’est-à-dire depuis plus de vingt-cinq ans, et où une vie employée tout entière à faire le bien comme médecin, comme administrateur du bureau de charité, lui a attiré l’estime et la considération générales. M. Pichard a fait des maladies des femmes et des enfants l’objet d’une étude particulière ; mais il n’a pas pour cela négligé les autres points de la science. Nous en donnerons pour preuve les écrits suivants, dans lesquels se révèle avant tout le désir sincère d’être utile : Tableau synoptique de tous les symptômes des diverses affections syphilitiques (une grande feuille in-plano, 1828) ; 2° De la léthargie et des signes qui distinguent la mort réelle de la mort apparente (in-8°, 1830) ; 3° Dangers des inhumations précipitées après une bataille (inséré dans le Journal des sciences militaires, tome 19) ; 4° Histoire des affections qui peuvent occasionner la mort subite, et indication des premiers secours à donner aux personnes qui en sont atteintes, in-8° 1838 (2e édition en 1843) ; 5° les Comptes administratifs et moraux, qu’il a longtemps rendus annuellement aux séances publiques du bureau de bienfaisance du (ancien) VIIe arrondissement, et dont l’administration s’est toujours fait un devoir de voter l’impression. Cet honorable et modeste confrère a mis à secourir les blessés en 1830, un zèle que la Commission des récompenses nationales n’a que faiblement reconnu en lui décernant la médaille de juillet, et dans les émeutes dont son quartier a souvent été le théâtre depuis, il a laissé sa maison ouverte aux blessés des deux partis et a cru s’honorer en donnant les mêmes soins aux uns et aux autres. On n’a pas oublié non plus les services de toute nature qu’il a rendus aux malheureux parmi lesquels le choléra exerçait ses ravages, et qu’il n’a pas abandonnés un seul instant. » Il demeurait 29, rue Beaubourg en 1831 ; 46, rue Saint-Merry en 1846. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier Laurent, Adolphe, Désiré ; Archives de la préfecture de police AA 372 in dossier Bellery, Jacques ; Les Médecins de Paris jugés par leurs œuvres, ou Statistique scientifique et morale des médecins de Paris, Sachaile (de la Barre), Paris, chez l’auteur, 1845, pp. 520-521.

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