Picot, Pierre
Biographie
Né vers 1799 à Vallière (Creuse). Ouvrier couvreur. Selon une première de ses versions, en 1834, il prit « une part active à la résistance des citoyens » en juillet 1830 mais quitta Paris pour son pays natal peu après, « loin de penser à cette époque qu’il y aurait une commission nationale nommée par le gouvernement, afin de récompenser ceux qui se sont distingués dans ces mémorables journées » et ne fit donc aucune démarche ; quand il sollicita une récompense, il lui fut objecté que sa demande était présentée trop tardivement. Selon une autre de ses versions, en 1835, il sollicita la croix « en récompense de ce qu’il a fait dans les trois jours de Juillet. […] Ses titres sont fondés sur les rapports faits en sa faveur par MM. de l’Ecole polytechnique, qu’il accompagna à la caserne de Babylone, aux Tuileries et où il paya de sa personne ». Selon une autre de ses versions en 1845, comme il demandait le brevet de sa croix, qu’il ne cessait de réclamer depuis quinze ans et qui lui avait été accordée par la Commission des récompenses nationales mais qu’il n’avait pas retirée, il avait « combattu vaillamment et avec un grand courage le 27 juillet 1830 dans la rue Saint-Honoré et rues adjacentes, dans la journée du 28 à la grève et il a assisté aux trois assauts pour prendre l’hôtel de ville et dans la journée du 29 sur le quai du Louetter (?), ensuite a coopéré à chasser les Suisses de l’orangerie du Louvre et à la prise des Tuileries. Partout où il y avait du danger, il s’est distingué par le plus grand dévouement et la commission, en lui décernant la Croix de Juillet, a honoré son courage ; mais pourquoi depuis ce temps a-t-il demandé vainement son brevet ? Pourquoi n’a-t-on pas seulement daigné lui répondre ? » En 1848, selon une autre de ses versions, combattant de Juillet, « marqué à cause de sa bravoure pour la Croix de Juillet, mais il n’en a pas reçu le brevet à cause de son départ volontaire pour aller en Espagne ». En 1836, il était célibataire et d’une « conduite régulière » selon les renseignements de police recueillis sur son compte. En 1838, les mêmes sources le présentèrent par contre comme « enclin à l’ivrognerie » et précisèrent : « Habile dans sa partie, ne manquant pas d’ouvrage ; il pourrait donc suffire à ses besoins, mais il fréquente la barrière et se livre à l’intempérance ». Le 9 février 1839, il fut condamné à quinze jours de prison pour vagabondage, par jugement du tribunal correctionnel de la Seine. Il reçut vingt francs de secours en 1839, vingt-cinq francs en 1840. En 1841, toujours selon les mêmes sources Picot était « un bon sujet laborieux et sobre. Ancien militaire, les renseignements lui sont favorables » ; il reçut quarante francs de secours pour cette année-là, vingt-cinq francs en 1843, et la même somme en 1844. Pendant la révolution de Février il aida, pendant deux jours et demi, à construire et à garder, jour et nuit, les barricades rue du Faubourg-Saint-Antoine. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales créée après la Révolution de Février ; il est indiqué décédé lors de la dernière convocation de la Commission des récompenses nationales, et sa demande rejetée ; serait-il mort pendant l’insurrection de juin 1848 ? Il demeurait 3, chaussée Clignancourt, chez Mme Jean, à Montmartre en 1834 ; 2, rue des Abattoirs en 1836 ; chez Lamy, fabricant ferblantier et lampiste, 16, rue de la Haumerie avant 1838 et maintenant 46, rue Rochechouart ; chez Tremblay, 28, Grand-Rue à Bercy en 1841 ; 27, Grand-Rue à Bercy de 1845 à 1847 ; 20, Grand-Rue à Bercy en 1848 ; 3, place Cabanis à Bercy en 1847 ; 10, Grand-Rue à Bercy en 1848. Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/9/1155 in dossier Fayte ; Archives nationales F/9/1156.