Pierraggi, Jacques, Pierre
Biographie
Né le 26 juillet 1786 (mais le 25 juillet 1786 dans ses états de service in Archives de Paris, VD6 631 n° 1) à Corte (Corse). Ancien militaire, nommé sous-lieutenant au 1er régiment d’infanterie légère le 7 novembre 1809, lieutenant au 4e régiment d’infanterie légère le 11 mai 1812, capitaine audit 4e régiment le 4 septembre 1813, il participa à la campagne d’Espagne (1810-1811), fut présent en 1813 à Bautzen, où il fut blessé à la tête par un éclat d’obus, fut présent aussi à Varchau et Leipzig « où il s’acquit par sa bravoure les éloges de ses supérieurs et de ses camarades », selon son état de service. Il sollicita d’être réintégré dans l’armée, avec son grade de capitaine. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, étudiants en droit et en médecine, déclarons avoir spontanément choisi pour commander notre compagnie le sieur Pierraggi (Pierre), aussi étudiant en droit et ancien capitaine en non-activité, lequel depuis le mercredi 28 juillet 1830 a justifié d’une manière honorable la confiance que nous avions en lui, en manifestant les principes les plus patriotiques et le zèle le plus soutenu dans les mémorables journées de Juillet, où nous avons tous agi contre les ennemis des nos libertés et notamment à la prise de la caserne de la rue de Babylone et à l’attaque du Louvre. » Signé les étudiants en droit : Burtaud ; Moureau, Honoré ; Morvie (illisible) ; Brenard (illisible) ; Cauchard (illisible) ; Sales ; Salignas (illisible) ; Lacombe ; de Geurcy (illisible) ; Martin. Les étudiants en médecine : Gragnot ; Bayle ; Affre ; Robert ; Tartay ; Deuland ; Brothier ; Guintand (illisible) ; Lacrousille ; Lagane ; Napias ; Crouzet (médecin) ; Godard ; Daviat (illisible) ; Davenne ; Marceau et Depeyroux. Figeac, homme de lettres ; Deplas, médecin ; Groger, professeur au Collège de France. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Décoré de Juillet (sous quel nom ?), il fut nommé lieutenant au 13e léger, sur proposition de la Commission des récompenses nationales. Il signa (sous le nom de Pieraggi, faire le changement ?), le 17 août 1830 et comme « ex-capitaine de la 3e compagnie des étudiants », le certificat suivant en faveur de d’Eschavanes, Edouard : « Je, soussigné, ex-capitaine de la 1re compagnie du corps des étudiants, certifie que M. Jouffroy, Edouard, élève de l’Ecole normale, ex-élève de Marine, a contribué dans nos rangs aux belles journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, notamment à la prise de la caserne rue de Babylone, où, seul, il a fait le service d’une pièce de canon, qu’il a fait partie du détachement envoyé sous mes ordres à l’expédition de Rambouillet et que, dans toutes ces circonstances, il a montré un zèle et un patriotisme dignes des plus grands éloges. » Il signa le certificat suivant en faveur de Robert, Joseph, Alexandre, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, ancien officier en demi-solde et étudiant en droit, déclare pour être vérité, que le 29 juillet dernier, l’une des trois grandes et mémorables journées de notre liberté, j’ai vu M. Robert, Joseph, Alexandre, étudiant en médecine, s’enrôler au bataillon de volontaires des deux écoles de droit et médecine et que le matin du 30 je le vis l’un des premiers à l’appel que je fis à la 3e compagnie dudit bataillon, dont on me donna l’honneur de commander. Que depuis ce jour jusqu’au 6 août inclus, M. Robert montrait une activité remarquable dans le service des patrouilles et de la garde du poste de l’Odéon, que la 3e compagnie fut chargée de garder. Enfin, j’ai observé et reconnu pendant le court intervalle que je fus son chef qu’il était animé de principes de patriotisme le plus prononcé. » En 1835, une lettre du procureur de Bastia au ministre de la Justice dit à son sujet : « Un bruit fort vague m’apprend qu’il existe à Paris un sieur Pierraggi, ancien officier rayé des contrôles, je ne sais pourquoi, ou à qui on a refusé de rendre son ancien grade et qui est dans le parti des mécontents légitimistes ou républicains [...]. Il est fort possible que [cet avis] ne mène à rien. Je vous prie de me garder le secret. Ce sieur Pierraggi appartient à une famille de Bastia honorable quoique légitimiste [...]. » Le préfet de police dit de lui, le 29 septembre 1835 : « [...] Demeure depuis cinq mois rue Louis-le-Grand, n° 35. Il n’y est pas connu d’une manière défavorable ; sa position paraît fort gênée ; on n’a pu du reste se procurer aucun indice des rapports qu’il aurait eus avec Fieschi. Voici, monsieur le procureur général, les documents recueillis sur son compte, dans les bureaux du ministère de la Guerre. Pierraggi, Jacques, Pierre, né à Corte (Corse), le 26 juillet 1786, a servi de 1809 à 1824 dans un régiment napolitain comme capitaine. Il vint en France en 1816 et passa sous-lieutenant dans la légion de l’Oise, mis à la demi-solde en 1821, il retourna à Bastia, où son traitement lui fut payé. Revenu à Paris, en 1828, il se livra à l’étude du Droit jusqu’à la révolution de Juillet à laquelle il prit une part active et, sur la proposition de la Commission des récompenses nationales, le ministre de la Guerre le nomma lieutenant au 13e léger. Depuis sa promotion à ce nouveau grade, il fut plusieurs fois arrêté et envoyé à l’Abbaye, comme se trouvant à Paris sans autorisation ; c’est de cette prison qu’il a donné sa démission, le 18 février 1832. Les notes de son dossier au ministère de la Guerre, relatives à sa conduite sont loin d’être à son avantage. Cet individu était inconnu, jusqu’à ce jour, aux archives politiques de ma préfecture. » Une perquisition fut faite à son domicile, sans résultat, et aucun indice n’ayant été relevé contre lui, il ne fut pas arrêté. Il demeurait 28, rue des Boucheries-Saint-Germain en 1830 ; 35, rue Louis-le-Grand, en 1835. Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; Archives nationales CC 682 dossier Pierraggi ; Attentat du 28 juillet 1835, Cour des pairs, volume 1, Imprimerie royale, Paris, 1835-1836, p. 377 ; Archives de la préfecture de police AA 395 in dossier Jouffroy d’Eschavanes, Edouard ; Archives de la préfecture de police AA 411 in dossier Robert, Joseph, Alexandre.