Pierre, Jean, Arsène
Biographie
Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la décoration de Juillet. Il adressa en effet, le 1er juillet 1831, la lettre suivante à la Commission : « […] Je ne fus pas des derniers à concourir au grand œuvre de juillet 1830, que, sans armes aucunes, j’ai bravé dès le 27 rue Saint-Honoré les charges de la gendarmerie et les feux de la garde royale ; que, guidé par l’audace et le patriotisme, j’ai constamment travaillé malgré ces feux et ces charges à l’élévation de la première barricade qu’on ait vue dans Paris, répondant à coups de pierres aux attaques des satellites du bourreau de ma patrie. Plus tard, ayant pu me procurer un fusil, je me suis porté constamment partout où le danger était plus grand, partout où la gloire et l’espoir de délivrer mon pays se présentaient à mes yeux. Enfin, les tyrans chassés de la capitale et ne voyant plus rien à faire, je me suis inscrit des premiers pour faire partie de ces vingt régiments de gardes nationales mobiles qui devaient marcher au-devant des suppôts de la Sainte-Alliance si, comme il était alors naturel de le penser, ils se fussent avisés de se précipiter sur la France, redevenue la France de 89 […]. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Moi, Bertrand, blessé et décoré de Juillet, atteste et certifie que le nommé Pierre, Jean, Arsène, était présent le mardi 27 juillet 1830 rue Saint-Honoré proche la place du Palais-Royal, où il résista à la face des gendarmes en leur lançant des pierres. Après quoi, le nommé Pierre aida à porter une porte qu’il avait démontée d’un chantier voisin du Louvre, lequel de cette porte ils élevèrent une barricade, qui fut la première dans Paris. C’est alors après l’élévation de cette barricade que la garde royale fit feu. Le nommé Pierre ne s’en effraya point et continua à lancer des pierres, en allant et revenant à la charge, manège qu’il fit jusqu’à la brune. » Signé : Bertrand (voir sans doute Bertrand, Jean-Baptiste), demeurant dans le quartier des Arcis. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Moi, Lechandel (ou Lechaudel), certifie et affirme avoir vu le nommé Pierre, Jean, Arsène avec arme à feu et dirigeant ses pas du côté de l’ennemi stationné su la place du Châtelet le mercredi vers la brume et pendant les trois jours, il n’a cessé d’être armé. » Signé, le 5 septembre 1831 : Lechaudel ou Lechandel, ne sachant signer et demeurant dans le quartier des Arcis. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné certifie que le mardi 27 juillet 1830, sur le soir, passant sur le pont au Change, il vit le nommé Pierre Arsène armé d’un fusil et venant du côté du Pont-Neuf ; il allait déboucher sur la place du Châtelet quand cinq à six gendarmes qui s’y trouvaient se mirent en devoir de lui couper le passage et de vouloir l’arrêter. Alors le sieur Pierre se retira au coin de la rue de la Sonnerie et mit en joue les gendarmes, leur signifiant qu’il allait faire feu s’ils ne lui livraient pas passage. Ces gendarmes, craignant sans doute l’exécution de cette menace, firent un léger mouvement en arrière et le sieur Pierre, fortifié par l’arrivée d’autres gens qui firent feu sur ces mêmes gendarmes, ce qui occasionna leur retraite et délivra le sieur Pierre, qui put continuer sa route. » Signé, le 6 septembre 1831 : Platel, demeurant dans le quartier des Arcis. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Pierre, Arsène s’est fait inscrire sur les rôles de la garde mobile du (ancien) XIe arrondissement. » Signé, le 5 août 1830 : Boulay de la Meurthe (voir Boulay de la Meurthe, George, Henri), colonel d’état-major. Il demeurait 4, quai des Orfèvres en juillet 1830 ; 9, rue de la Vannerie en 1831. Archives de la préfecture de police AA 408 (parfois sous le nom de Pierre, Arsène).