Pigagnole, Clément (par erreur Pigagniol, ou Piganiol, ou Piganniol)
Biographie
Né le 4 ventôse an V (le 5 septembre 1797 mais le 3 septembre 1798 in Archives de Paris VK3 37 sur le registre de la mairie) à Jussac (Cantal), fils de Piganiol, Jean et de Sacreste, Marguerite, son épouse (sic sur l’acte de mariage de Pigagnole, Clément). Ancien militaire ayant douze années de service, dont six sous l’Empire au 3e escadron du 10e régiment de chasseurs à cheval et six autres au 8e de ligne, blessé quatre fois, dont deux fois au siège de Pampelune et deux à Toulouse en 1814, proposé pour la Légion d’honneur par le maréchal Soult mais non décoré par suite de la chute du régime, il s’établit cordonnier-bottier. Il combattit au Palais-Royal, au Louvre, aux Tuileries et fut blessé par arme à feu, le 29 juillet au pied et au coude droit. Sa blessure nécessita l’amputation du bras droit. Le certificat médical suivant constatait les blessures qu’il avait reçues : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, chevalier de la Légion d’honneur, certifie que le sieur Pigagniol, cordonnier, demeurant à Bercy, a reçu plusieurs coups de feu dans la journée du 29 juillet dernier ; l’un d’eux a nécessité l’amputation du bras droit et l’autre a labouré le pied droit dans l’étendue comprise entre la malléole interne et les orteils. Ces blessures graves sont en voie de guérison mais celle du pied se fera plus longtemps attendre, attendu que les os du métatarse ont été lésés. ». Signé, le 11 septembre 1830 : Pichot (voir Pichot, Jacques, François), médecin. Il fut soigné par le docteur Pichot, Jacques, François, médecin à Bercy, et au sujet duquel le maire de Bercy avait délivré le certificat suivant : « Nous, soussigné, maire de la commune de Bercy, certifions qu’il est à notre parfaite connaissance que M. Pichot, Jacques, François, ex-chirurgien de l’artillerie à cheval de l’ex-garde impériale, chevalier de la Légion d’honneur, docteur en médecine de la faculté de Paris, membre du conseil municipal et médecin du bureau de bienfaisance de cette commune, y demeurant, a traité et soigné gratuitement jusqu’à leur parfaite guérison, les nommés Piganiol (voir Pigagnole, Clément), Philippon (voir Philipon, François), Peignié (voir Peigné, Jean, Théodore), Chavoin (voir Chavoin, Nicolas), Gallois (voir Gallois, Jean, Marin), Barrouin (voir Barroin, Simon, Auguste), Personnet (voir Personnet, Jacques) ; lesquels font partie des onze habitants de cette commune qui ont été blessés en combattant pour la cause de la liberté dans les mémorables affaires de juillet 1830. Que nous avons été témoin du zèle assidu avec lequel il a traité lesdits blessés, leur fournissant à ses frais linge, charpie, drogues, etc., que, sous ce rapport, il a acquis des droits à leur reconnaissance et à la nôtre et nous nous faisons un plaisir de lui en donner ici un témoignage particulier. » Marié et père de trois enfants, il reçut (sous le nom de Pigganiol) un secours de deux cent soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Sceaux. Il fut décoré de la Croix de Juillet (sous le nom de Pignanole sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et surtout in Archives nationales F/1dIII/39). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 2 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de blessures par arme à feu. Premièrement au coude du côté droit, avec déchirement des chairs et fracas des os, qui ont nécessité l’amputation du bras à sa partie moyenne. Deuxièmement au pied du côté droit, de la partie moyenne et antérieure de son bord interne vers la face dorsale et la base du second orteil, en traversant les deux premiers os du métatarse ; blessure guérie mais avec difformité, ankylose, difficultés et douleurs dans les mouvements du pied, circonstances qui doivent le faire ranger dans la septième classe des blessés. » Il fut admis dans la 7e classe des blessés et pensionné de mille francs (sous le nom de Piganiol sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. En octobre 1830, il fut nommé à l’unanimité porte-drapeau de la IVe légion de la garde nationale et son commandant demanda que son uniforme fût payé par le gouvernement. Le 9 décembre 1830 à Bercy, il épousa Lebeuf, Marie, Anne, Charlotte, avec laquelle il avait eu trois enfants, tous nés à Bercy, Marie, Catherine, le 27 mai 1828, Françoise, Victorine, le 20 juillet 1829 (bien le 20 juillet 1829 in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, deux fois in Archives de Paris VK3 38, état nominatif des orphelins de Juillet inscrits sur les listes de l’arrondissement de Sceaux au 1er juillet 1840, et une fois in Archives nationales F/1dIII/37 ; par erreur le 24 juillet 1829 dans cette même source ; par erreur le 28 juillet 1829 deux fois in Archives nationales F/1dIII/38 B ; mais le 20 juillet dans la même référence mais état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance), et Ferdinand, Adolphe, le 18 décembre 1830, qui furent tous trois pensionnés parce qu’assimilés aux orphelins de Juillet et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il prêta son serment le 26 mai 1831 et reçut sa croix le 28 juin 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il est sur une liste de décorés parmi lesquels le préfet de la Seine devait choisir quarante-huit décorés, pour composer la délégation de décorés qui devaient assister, le 27 juillet 1831, aux cérémonies commémoratives de la révolution, qui eurent lieu à la Bastille puis au Panthéon. En 1833, Pigagniol, qui s’était retiré dans le département de la Creuse, sollicitait l’autorisation d’aliéner les inscriptions de soixante-quinze francs de rente perpétuelle accordées à chacun de ses enfants sur les fonds de la souscription nationale, afin d’acquérir une propriété qui présentait beaucoup d’avantages. En 1835, Marie, Catherine fut pensionnée de sept cents francs. En 1837, Françoise, Victorine fut pensionnée de sept cents francs. En 1838, Ferdinand, Adolphe fut pensionné lui aussi de sept cents francs ; il était élève dans la pension Maniette à Vaugirard. Pigagnole demeurait alors à Aurillac (Cantal). En 1839, Marie, Catherine et Françoise Victorine étaient élèves externes dans une pension de Jussac. Il se remaria en 1846, deux de ses enfants du premier lit, Ferdinand, Adolphe, et Françoise, Victorine, vivaient avec lui ; il avait acquis une petite maison d’une valeur huit mille francs et eut six autres enfants de son second mariage. En février 1846, sa fille Marie, Catherine, épousa Perrin, Etienne, employé dans les bureaux des contributions directes : « Son père lui a constitué un trousseau et petit mobilier, évalué à 117 francs. C’est tout ce qu’elle possède pour le moment. Son mari est également sans fortune et n’a d’autres ressources que son traitement qui est de cinquante francs par mois », renseignait le ministère de l’Intérieur. En 1859, devenue veuve, elle sollicita un secours ; sa demande fut classée sans suite, on apprend dans la réponse qu’elle avait elle-même touché une pension de sept cents francs jusqu’en 1846 et que sa mère, la veuve Pigagnole, recevait des secours annuels. Pigagnole demeurait 3, rue de Bercy en 1830 ; 5, rue de Bercy en 1831 in Archives nationales F/1dIII/39 (23, rue de Bercy en 1831 in Archives nationales F/1dIII/38 B) ; à Aurillac en 1834-1846 ; sa fille Marie, Catherine, 19, rue Leregrattier sur l’île Saint-Louis en 1859. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 69 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 114 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des orphelins, liste nominative des blessés de la 7e classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Sceaux lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 113-114 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives de Paris VK3 37, Décorés de Juillet pour la députation, liste de quarante-huit citoyens qui ont été désignés par le sort pour les cérémonies du Panthéon et de la Bastille, idem état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 38, état nominatif des orphelins de Juillet inscrits sur les listes de l’arrondissement de Sceaux au 1er juillet 1840, idem état nominatif des orphelins de Juillet inscrits sur les listes de l’arrondissement de Sceaux au 1er juillet 1841, idem état nominatif des orphelins de Juillet inscrits sur les listes de l’arrondissement de Sceaux au 1er juillet 1843, idem état nominatif des orphelins de Juillet inscrits sur les listes de l’arrondissement de Sceaux au 1er juillet 1844 ; Archives de Paris VK3 50, idem in dossier Pichot, Jacques, François ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à la pension (cahier de trente-deux blessés) ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des enfants (27) assimilés aux orphelins en vertu de l’article 2 de la loi du 13 décembre, orphelines du (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance (où le nom de Pigagnole est changé en celui de Piganiol, conformément à l’acte de naissance) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1837, orphelins de juillet 1830 qui ont atteint l’âge de sept ans ; année 1838 arrondissement de Sceaux) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Beaumet ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Beausonnier ; Archives nationales F/1dIII/56 in dossier Gautier ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Grière ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier Langlois ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIVe arrondissement, arrondissement de Sceaux, orphelins et blessés de 7e classe et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance (qui rectifie aussi le nom de Piganiol en Pigagnole) ; Archives nationales F/15/2557, dont lettre en date du 19 décembre 1833 ; Archives nationales F/15/2557-2559 un état officiel des orphelins (ancien XIVe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés.