Pignol, Jean-Baptiste
Biographie
Né vers 1793 à Paris (Seine), fils de Pignol, Jean, garçon perruquier, et de Versepuy, Antoinette. Ouvrier fumiste. Il quitta son domicile en armes, le 29 juillet pour se joindre aux combattants. Il essuya une vive fusillade en face du pont des Arts, sur le quai Conti, lors de l’attaque du Louvre puis tomba mort, percé de balles, près du 98, rue Saint-Honoré en face de la boutique de Milon, fabricant de bas, articles de tricot et bonneterie. Le corps resta exposé deux heures durant devant le magasin puis fut ensuite transporté à l’ambulance de la rue Grenelle-Saint-Honoré, où il ne fut pas reçu. Milon aîné, tenant la boutique A la Bonne Foi, au coin de la rue des Vieilles-Etuves presque en face de celle de l’Arbre-Sec, « fabrique et magasin de bas de soie, bourre de soie, fil, laine, coton et cachemire ; gilets, pantalons jupons et camisoles de flanelle de santé ; tricots de Berlin, gros tricots et généralement toute la bonneterie en gros et en détail », délivra le certificat suivant, en date du 13 septembre 1830 : « Je certifie que le nommé Pignol est tombé mort sur mon trottoir le 29 juillet, percé de balles. Nous l’avons fait transporter à l’ambulance de la rue Grenelle, où on ne l’a pas reçu et je ne sais alors ce qu’on a fait de son corps mais je puis certifier qu’il est bien mort atteint de balles. On a trouvé dans des papiers qu’il avait sur lui son adresse, son nom, qui ont été mis sur un morceau de papier et il est resté de cette manière exposé pendant plus de deux heures à ma porte. » Signé, le 13 septembre 1830 : Milon, marchand bonnetier. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le 9 septembre 1830, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Briée, Charles, François, doreur sur métaux, demeurant 2, rue Saint-Maur, marché Saint-Martin ; André, Pierre, corroyeur, demeurant 2, rue Saint-Marcou ; Muron, Laurent, Henri, marchand de coton, demeurant 3, rue Bailly ; Maslard, Nicolas, marchand boulanger, demeurant 1, rue Bailly. Ils déclarèrent parfaitement connaître Pignol, Jean-Baptiste et savoir qu’il « est parti de chez lui en armes pour se joindre à ses concitoyens le jeudi 29 juillet dernier ; qu’ils savent qu’il a essuyé une forte fusillade en face du pont des Arts sur le quai Conti, lors de l’attaque du Louvre ; qu’ils ont toutes raisons de croire qu’il a succombé ; qu’enfin depuis ledit jour 29 juillet il n’est point reparu ». On trouve dans son dossier le certificat suivant : « Je, soussigné, certifie et atteste avoir vu de midi à 1 heure de relevée le 29 juillet dernier, mort percé de balles sur le trottoir de la maison n° 98, rue Saint-Honoré, un cadavre dont j’ai lu sur un papier placé sur son estomac Jean-Baptiste Pignol, rue Bailly n° 3, cour Saint-Martin. » Signé, le 13 septembre 1830 : Jouvel, marchand de bois et de charbon, demeurant 11, rue des Prêcheurs. Pignol laissait une mère, la veuve Pignol, née Versepuy, Antoinette le 12 janvier 1768 à Issoire (Puy-de-Dôme), à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes et peut-être aussi diverses sommes puisque son apparaît dans la liste nominative du IVe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance ; elle n’avait, en 1832, retiré ni le titre ni les arrérages de la rente de cinquante francs que lui avait accordée cette Commission. D’autre part in F/1dIII/39 (lettre du 26 septembre 1832) le ministère de l’Intérieur cherchait, en 1832, à lui faire parvenir le brevet de sa rente. Les parents s’étaient mariés le 23 janvier 1787 à Issoire ; sur l’acte de mariage, Pignol, Jean est indiqué comme fils de Pignol, Jean et de Choussy, Louise ; Versepuy, Antoinette est indiquée comme la fille de Versepuy, Joseph et de feue Sirondet, Gabrielle. Il laissait aussi une veuve, Andrieu, Geneviève, Austriberte, née le 23 thermidor an III à Villers-l’Hôpital (Pas-de-Calais) (fille de Andrieu, Louis, Joseph, marchand de lin, et de Martin, Austreberte), brodeuse de souliers, qu’il avait épousée le 21 septembre 1822 à la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement de Paris ; sans nouvelles de son mari, dont elle pensait qu’il avait été tué, sans ressources et sans ouvrage, elle sollicita des secours de la mairie. Elle reçut un secours de cent francs, le 17 août 1830, un secours de cent francs, le 11 septembre, un secours de cinquante francs, le 28 septembre, un secours (sous le nom de veuve Pignolle) de cinquante francs, le 22 novembre 1830, un secours de cinquante francs, le 13 décembre 1830, un secours (sous le nom de veuve Pignolle) de quarante francs, le 10 janvier 1831, un secours de quarante francs, le 14 février 1831, un secours de quarante francs, le 16 mars 1831, un secours de quarante francs, le 28 mars 1831, un secours de quarante francs, le 11 avril 1831, un secours de trente francs, le 25 avril 1831, un secours de quarante francs, le 16 mai 1831, un secours de quarante francs, le 2 juin 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 2 juillet 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 1er août 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 1er septembre 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 1er octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, puis fut pensionnée et il lui fut accordée (sous l’identité de Pignol, née Geneviève, Austreberthe Andreca) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rente perpétuelle de soixante-quinze francs. Il demeurait 3, rue Bailly dans la cour Saint-Martin ; sa veuve, 248, rue Saint-Martin (une fois 241, rue Saint-Martin en février 1831 in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 ; mais bien 248, rue Saint-Martin in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) en 1830-1831 ; 13, rue Notre-Dame-de-Nazareth en octobre 1831 sur les listes de la mairie in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 ; sa mère, à Issoire en 1831. Le nom de Pignol (J.-B. Pignol) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIe arrondissement, p. 101, liste nominative du IVe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 116, liste nominative du VIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 120, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 3 (sous le nom d’Andrieu, Genvevière, Austreberte) ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, idem même référence II, Répertoire alphabétique des personnes décédées pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, idem Liste nominative des personnes qui ont besoin de secours, idem Liste des veuves par suite des journées de juillet 1830, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (veuve), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des veuves ; Archives nationales F/1dIII/33, demandes soumises à la décision de la Commission des récompenses nationales, non encore justifiées à l’époque du 20 octobre 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (30 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/39 (lettre du 26 septembre 1832) ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Versepuy ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, veuves et ascendants et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) VIe arrondissement, ascendants et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) VIe arrondissement (sans indication du motif de l’attribution de la rente) (sous le nom de veuve Pignol, née Versepuy, Antoinette) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841. A noter que la mère, Pignol, née Versepuy, Antoinette, apparaît dans le dossier comme pensionnée et comme ayant touché au moins jusqu’en 1831 sa pension, et pourtant elle n’est pas sur les listes du Bulletin des lois ou du Moniteur ni dans Archives nationales F/1dIII/35.