Pilliot, Jean, Alexandre

Biographie


Né le 15 juillet 1789. Fils unique d’une veuve de militaire, ayant été lui aussi et durant dix ans militaire, retiré du service en 1828, il combattit en juillet 1830. Le 10 décembre 1830, désirant entrer dans l’octroi, il sollicita d’y être recommandé par la Commission des récompenses nationales, afin de ne pas être assimilé aux surnuméraires, ainsi que le lui avait recommandé Joubert (voir Joubert, Nicolas, Roch), directeur général de l’octroi. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Pillot (sic) m’a accompagné à Rambouillet et est resté à la garde des pièces de l’Hôtel de ville jusqu’au moment où elles ont été renvoyées à l’Ecole militaire. J’atteste également que pendant tout ce temps je n’ai eu qu’à me louer de sa conduite. » Le deuxième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants de la ville de Paris, quartier Saint-Honoré, certifions et attestons que le nommé Pillot (sic), Jean, Alexandre n’a pas cessé pendant les journées des 28, 29 et 30 juillet de défendre les intérêts de notre gouvernement actuel, qu’on l’a vu constamment et sans relâche faire feu sur les troupes envoyées pour nous saccager. » Signé, le 13 août 1830 : Kropff fils, demeurant 253, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Moizard (voir ce nom), chapelier, 255, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Bodart, demeurant 39, quai de la Cité ; Cligny (voir Cligny, Claude ?) Blanchard ou Blanchet, demeurant 5, rue de la Juiverie ; …ontainier de Saint-Clair illisible, ex-chef de bataillon de la garde, qui ajoutait : « Je suis heureux de pouvoir ajouter aux titres de gloire que le sieur Pillot (sic) s’est acquis un certificat qui ne lui fera pas moins d’honneur. Il est un des braves qui, me voyant blessé, n’a cessé, au péril de sa vie, de me prodiguer les soins que je ne devais attendre que de mes frères, qu’il en reçoive, par le présent certificat, tout le témoignage de ma plus vive reconnaissance. » Le troisième : « Je, soussigné, moi chef de pièces, que le nommé Pilliot (sic), Jean, Alexandre, est depuis le 29 juillet resté constamment, en qualité d’artilleur aux pièces placées sur la place de l’Hôtel de ville, qu’il est venu à Rambouillet, n’a pas quitté son poste une seule minute et a montré tout le courage d’un citoyen tout dévoué à la cause nationale. » Signé le 13 août 1830 : Cligny (voir Cligny, Claude ?). Il lui fut sans doute accordé un secours de quinze francs. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « Les pièces du sieur Pilliot, Jean, Alexandre ont été égarées à la Commission ; une lettre de M. Tonnet, commissaire du (ancien) VIIe arrondissement prouve que malgré toutes les recherches qu’il a faites il n’a pu les trouver ; il finit ainsi : “Voici d’ailleurs la note que je trouve consignée sur mon registre à côté de votre nom : Il résulte de certificats de personnes notables que le sieur Pilliot a participé aux événements de Juillet, qu’il est allé à Rambouillet, a fait le service d’artilleur à l’Hôtel de ville, un chef de bataillon de l’ex-garde royale certifie qu’étant blessé le sieur Pilliot l’a secouru et lui a prodigué les soins, au péril de sa vie. Je désire, monsieur, que ces documents puissent vous être utiles mais, encore une fois, je ne désespère pas que les recherches que l’on fera de nouveau ne nous fassent retrouver vos pièces.” Signé : Tonnet. Cette lettre est à la date du 24 juin 1831. Le sieur Pilliot nous a produit un nouveau certificat très honorable et recommandable par les signataires, constatant les faits énoncés dans la note dont parle M. Tonnet. N’a rien obtenu. » Il était compris dans une liste de combattants que de Lacroix, baron de Boegard (voir ce nom), président de la Commission des réclamants combattants de Juillet, faisait parvenir, dans deux lettres en date des 15 juin et 6 août 1832, au ministre de l’Intérieur, afin de solliciter une réponse sur l’issue des démarches faites par plusieurs des combattants qui estimaient avoir été lésés dans leurs droits aux récompenses nationales. Ces combattants, faisait savoir de Lacroix, « désavouent ceux d’entre eux qui auraient pu participer aux derniers événements qui ont ensanglanté la capitale (l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, N.D.A.) ; loin d’eux toute idée de renverser un trône qu’ils ont élevé au prix de leur sang ! Ils ne désirent que prouver au gouvernement du roi qu’ils sont et seront toujours prêts à mourir pour la dynastie qu’ils ont fondée. […] La plus grande partie des réclamants ont déjà la médaille et se sont toujours empressés, à chaque émeute, d’aller combattre les agitateurs et de faire rentrer dans le devoir, par leurs conseils, ceux de leurs camarades qu’on aurait pu égarer un instant […] ». De Lacroix donnait les précisions suivantes sur les faits dans lesquels s’était illustré le réclamant : « Rue Saint-Honoré, la Grève, est allé à Rambouillet. Une blessure. La Croix de Juillet et un secours. Il a secouru les blessés, a sauvé plusieurs gardes royaux, citoyen dont la moralité est connue. » De la même manière, par deux lettres, en mai 1832, et réuni avec d’autres (voir la liste à Lami Hinault) dans une société de réclamants, qui se réunissait au 6, rue Dalayrac, il sollicitait du roi et du ministre de l’Intérieur, l’aboutissement des démarches entreprises par eux pour la prise en compte de leurs droits comme combattants de Juillet ; de la même manière, ils assuraient que, « défenseurs de la liberté », ils le seraient « toujours de leur roi citoyen et du gouvernement qu’il aura choisi ». Il demeurait 30, rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1830 ; 13, rue de la Madeleine en 1832. Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations et aussi les liste de De Lacroix et aussi lettre en date du 28 mai 1832 adressée au roi.

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