Pineau, Floréal, François

Biographie


Né vers 1794 à Paris (Seine). Marchand ambulant ou marchand étalagiste. Il fut blessé de plusieurs coups de feu au Louvre et mourut le même jour des suites de ses blessures (mais tué le 28 juillet à la Grève in Archives nationales F/1dIII/38 B). Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En date du 6 août 1830, le certificat suivant constatait la disparition de Pineau, Floréal : « Nous, soussignés, habitants domiciliés rue de la Bûcherie, quartier de la place Maubert, (ancien) XIIe arrondissement municipal de Paris, voisins du sieur Floréal Pinault (sic), âgé d’environ trente-six ans, marchand ambulant, certifions que le sieur Pinaut (sic) est absent de son domicile depuis jeudi 29 juillet année courante à 5 heures du matin et que toutes les démarches que l’on a faites pour le trouver et le réclamer ont été infructueuses. Ledit sieur Pinaut (sic) laisse un enfant en bas âge, du sexe masculin. Comme son absence laisse beaucoup de doutes d’après les événements désastreux qui se sont passés le 26, 27 et 28 juillet, avons délivré le présent certificat pour servir et valoir au besoin. » Signé : Brifaut, concierge du 18, rue de la Bûcherie ; Herouard ; Petit ; Gabillon ; Campanon ; Félix ; Benoist. Le 9 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Rochette, Jean, Gaspard (voir Rochette), né vers 1789, opticien, demeurant 12, rue du Marché-Palud ; Petit, Augustin, né vers 1795, marchand de meubles, demeurant 27, rue des Grands-Degrés ; Herouard, Pierre, Alexandre, né vers 1772, marchand cordonnier, demeurant 4, rue de l’Hôtel-Colbert ; Gobillon, Louis, Antoine, marchand limonadier, demeurant 27, quai des Grands-Degrés. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Pineau, Floréal, François et « savoir pour l’avoir entendu dire de la bouche même dudit sieur Pineau, le 27 juillet à 6 heures du soir, qu’il avait pris les armes pour combattre, et avoir appris qu’il avait été tué de plusieurs coups de feu et que son corps avait été déposé à la morgue, où le sieur Rochette ici présent a été le reconnaître ». Le 17 mars 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Herouard, Pierre, Alexandre, marchand cordonnier, demeurant 4, rue de l’Hôtel-Colbert ; Charpentier, Jacques, rentier, demeurant 7, rue de l’Hôtel-Colbert ; Bonnet, François, marchand étalagiste, demeurant 8, rue des Trois-Portes ; Buzenet, Benjamin, Louis, marchand de vin, demeurant 20, rue Galande. Ils attestèrent que Pineau, Floréal, François « vivait maritalement depuis onze années avec la dame Jacon, Claudine (sic), exerçant la même profession et habitant sous le même toit que lui et que de cette liaison il en est résulté quatre enfants dont un seul nommé Auguste, Claude vit encore et reste à la charge de sa mère ». Il laissait une concubine, avec laquelle il vivait depuis onze ans (mais sept ans in F/9/1157), Jacquont, Claudine (bien Jaquont, Claudine sur son acte de naissance ; deux fois Jaquont, Claudine in Archives nationales F/9/1157 ; souvent Jacquont, Claudine), née le 18 novembre 1789 à Crottet (Ain) (elle-même fille de Jaquont, Etienne et de Blanc, Jeanne), marchande de ferraille, sur laquelle la préfecture de police recueillit les renseignements suivants : « La femme Jacquont occupe depuis nombre d’années déjà un petit logement de cent vingt francs, place Maubert, n° 1. On ne répète rien que favorable en ce qui touche à sa moralité et sa conduite. Elle est chargée de deux enfants, fruits de ses liaisons avec Pineau et pour alimenter son ménage, élever ses enfants, enfin ne rien laisser en souffrance, elle ne possède que les très modiques ressources que lui procure la vente de ferrailles qu’elle étale tout près de chez elle. Elle doit deux termes de location, arriéré montant à soixante francs, sans avoir pu faire mieux sa position ne lui a pas permis (sic). Ses intimités avec Pineau dataient de sept ans environ. » Elle reçut un secours de quinze francs, le 23 mars 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Elle fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Jaquont, Claudine ne savait ni lire ni écrire. Le couple avait eu ensemble quatre (ou cinq) enfants mais seul un fils, Auguste, Claude, né le 17 janvier 1825, vivait encore ; il fut pensionné et reçut de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et d’Alexandre, Jean, César, typographe, subrogé-tuteur, demeurant 25, rue de la Calandre en 1831. La mère de l’enfant, dans l’impossibilité de donner une éducation convenable à son enfant, sollicitait qu’il fût placé dans une institution. Il fut d’abord, par décision en date du 3 juin 1833, placé chez M. Delanneau, chef d’institution, 7, rue de Reims (institution Sainte-Barbe), pour un prix de pension annuel de sept cents francs ; il reçut, cette année-là, trois cents francs pour ses frais de trousseau. Par un testament en date du 1er mai 1832, le baron Chambon, Claude, Gaudérique, Joseph, Hiérome, ancien commissaire ordonnateur des armées sous l’Empire, demeurant 11, rue du Petit-Vaugirard, « applaudissant aux principes qui ont dirigé la révolution de Juillet et voulant lui rendre un hommage durable » fit un legs en faveur de vingt orphelins ou orphelines du (ancien) Xe arrondissement, de quatre du (ancien) XIe arrondissement et de trente du (ancien) XIIe arrondissement, laissant, pour chacun d’entre eux, une somme de six mille francs (sans qu’on connaisse les critères de sélection choisis à l’établissement de la liste). Quand le baron Chambon mourut, le 26 septembre 1833, le testament fut attaqué par ses neveux, sous le prétexte que « le défunt aurait eu en les dépouillant de son héritage, cédé à des sentiments d’inimitié et de colère ». Puis, finalement, ces neveux se désistèrent, ouvrant alors les droits des orphelins. Auguste, Claude fut l’un d’entre eux. Pour chacun des orphelins la somme fut convertie en deux cent cinquante-six francs de rente à 5 %. En 1838, il était toujours élève au collège Sainte-Barbe. Dans sa séance du 1er juillet 1840, la Commission municipale des orphelins de Juillet payait cent soixante-quinze francs à l’institution Sainte-Barbe, pour le trimestre de la pension d’Auguste, Claude. De même dans ses séances du 11 septembre 1840, du 7 janvier 1841, du 8 juillet 1841. En 1841, Claude était placé en apprentissage chez Guérin, fabricant de produits chimiques, 17, quai Saint-Michel. Dans ses séances du 25 juillet 1843, du 5 octobre 1843, du 4 janvier 1844, du 11 avril 1844, du 11 juillet 1844, du 17 octobre 1844, du 16 janvier 1845, du 15 avril 1845, la Commission municipale des orphelins de Juillet allouait cinquante francs pour l’entretien d’Auguste, Claude, toujours élève fabricant de produits chimiques, demeurant 3, quai de la Tournelle. Dans sa séance du 9 avril 1846, la Commission municipale des orphelins de Juillet autorisait le paiement à Auguste, Claude, désormais majeur, demeurant 3, rue des Petites-Boucheries-Saint-Germain (en janvier 1847, il demeura 2, rue de Maufoncon), de quatre cent quarante et un francs et cinquante-sept centimes, déposés sur un livret de la caisse d’épargne et lui remettait deux certificats d’inscription de rente, le premier de soixante-quinze francs provenant de la Commission de la souscription nationale, le second de cinquante francs, acheté par la Commission municipale. Dans le dossier il est fait mention de Pineau, Amable, Véronique, épouse de Barlet, Pierre, tailleur de pierres, demeurant 30, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, qui adressa, le 23 septembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « A l’honneur de vous exposer qu’elle a eu le malheur de perdre son frère, Floréal Pinau (sic), marchand ambulant, demeurant rue de la Bûcherie n° 18, mort dans la mémorable journée du 29 juillet, ainsi qu’il est constaté par le certificat ci-joint (voir le certificat plus haut en date du 6 août 1830) délivré par les voisins dudit sieur Pinau (sic) et qui tous attestent qu’il est disparu depuis ledit jour 29 juillet à 5 heures du matin ; que ledit sieur Pinau (sic) laisse un fils naturel reconnu, âgé de cinq ans et demi, auquel il ne reste pour unique héritage que le glorieux exemple d’un père mort pour la liberté de la patrie, sans autre bien ; que conséquemment le décès dudit sieur Pinault (sic) laissant son infortuné fils dans un dénuement absolu, il est du devoir de ses parents, peu aisés, de venir à son secours, en sollicitant de la philanthropie des hommes honorables chargés du noble soin de pourvoir au défaut de fortune des survivants des glorieuses victimes de Juillet. Dans ces circonstances, l’exposant vient supplier, M. le président de vouloir bien avoir la bonté de mettre sous les yeux des membres de la Commission des récompenses nationales la demande qu’elle adresse ici au nom de son pauvre petit neveu de la pension qui doit lui être accordée aux termes de la loi, et en attendant du secours indispensable pour le solliciter et payer ses mois de nourrice et d’éducation. Elle a la confiance etc. » La demande fut classée sans suite, les dossiers de la concubine et de l’enfant ayant été réglés. Pineau demeurait 1, place Maubert ; Jacquont, 18, rue de la Bûcherie en 1831 ; 4, rue de la Bûcherie en 1832-1834 ; Auguste, Claude, 3, quai de la Tournelle en 1843. Le nom de Pineau (F.-F. Pineau) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 75, p. 114 pour l’enfant ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves et liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 111 ; Archives de Paris VD3 1-2, Registre des délibérations de la Commission municipale des orphelins de juillet 1830 du (ancien) XIIe arrondissement (5 avril-1840-31 janvier 1849) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; hives de Paris VD6 560 n° 7 : exécution des legs du baron Chambon en faveur des orphelins de juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 (orphelins) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur lexécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de lordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de lEtat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 40-41 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le numéro 415 et le seul nom de Pineau ; une autre fois sous le numéro 801 et le nom de veuve Pineau) ; ArcArchives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (deux listes de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) XIIe arrondissement et état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (Etat nominatif des orphelins et orphelines de Juillet, qui, pendant le premier trimestre de 1832, ont atteint leur huitième année et dont les pensions doivent être dès lors réinscrites au Trésor au taux de sept cents francs, en conformité de l’article 1er de l’ordonnance du 25 août 1830 ; année 1833, XIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 XIIe arrondissement ; année 1839 XIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Gruet ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, veuves ; Archives nationales F/9/1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559 bulletin de surveillance spéciale d’Auguste, Claude et dossier (ancien) XIIe arrondissement et aussi un état officiel des orphelins (ancien XIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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