Pinon, Pierre

Biographie


Né le 3 prairial an IV (22 mai 1797) à Malicorne (Yonne), de Pinon, Nicolas, tisserand (décédé le 7 septembre 1806 à Malicorne), et de Baillon, Geneviève, journalière, son épouse. Palefrenier. Il s’illustra à la porte Saint-Denis et rue Saint-Denis. Il eut le pied droit écrasé par la cavalerie, qui lui marcha dessus. Il fut soigné à l’hôpital Saint-Louis depuis le 28 juillet jusqu’au 27 octobre, ne pouvant encore à cette date marcher qu’avec des béquilles. Il fut ensuite soigné, du 27 octobre au 16 novembre à la maison de convalescence de Saint-Cloud. Il ne reçut aucun secours dans ce dernier établissement ; il lui fut fourni une partie de son équipement de garde national, à savoir un habit, un pantalon, un bonnet, une paire de souliers et une paire d’épaulettes. Il était veuf de Mouillerat, Marie, qu’il avait épousée le 8 avril 1823 à Château-Renard (Loiret) ; il était alors domestique chez Dumoulin, propriétaire à Château-Renard ; Moullerat, née le 6 pluviôse an II à Griselles (Loiret), de Mouillerat, Antoine (décédé le 28 juillet 1810 à Griselles) et de Dellien, Marie-Louise était elle aussi domestique. Mouillerat, Marie était décédée le 23 décembre 1828 à Saint-Firmin-des-Bois, laissant deux enfants, âgés de cinq et sept ans, gardés par leur grand-mère : Hippolyte, né le 12 décembre 1823 à Saint-Firmin-des-Bois (Loiret) ; Victorine née le 9 janvier 1826 à Saint-Firmin-des-Bois (Loiret). Il reçut un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut (sous le seul nom de Pinon) un total de deux cents francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Le 27 novembre 1830, il adressait la lettre suivante au préfet de la Seine : « […] Ose rappeler à votre honorable souvenir la bienveillante promesse que vous avez faite aux blessés de Saint-Cloud lorsque le dimanche 14 de ce mois vous daignâtes leur donner à dîner et les honorer de votre présence à Saint-Cloud. Le suppliant a reçu une si forte contusion au pied de la jambe droite à l’affaire de la porte Saint-Denis, ayant été terrassé par le cheval d’un cuirasser, que la plaie n’est pas encore cicatrisée. Il a resté trois mois à l’hôpital Saint-Louis et dix-sept jours à Saint-Cloud mais ce qu’il y a de désespérant pour ce brave c’est qu’il n’a encore reçu que cent francs et que depuis sa sortie il na pu rien obtenir de la mairie de La Chapelle-Saint-Denis à laquelle il a été renvoyé, et sa situation est des plus déplorables, ne pouvant encore travailler ; s’il avait su ne rien recevoir en sortant de Saint-Cloud, il aurait réclamé d’y rester en subsistance, vu qu’il est sans ressources, étant veuf et chargé de deux enfants en bas âge. Veuillez, monsieur le préfet, avoir la bonté de faire délivrer un prompt secours provisoire au suppliant, jusqu’à ce qu’il soit statué sur sa pension et, conformément à votre bienveillante promesse, il vous supplie de lui faire obtenir son entrée dans les octrois des barrières de Paris. Il ose mettre tout son espoir en votre justice et serait heureux de se voir secouru dans sa position et d’être placé pour le premier janvier prochain. Il a l’honneur, etc. » Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 7 avril 1831, la conclusion suivante : « S’est plaint d’avoir été écrasé et d’avoir été foulé aux pieds des chevaux et n’a montré en réalité que des cicatrices d’ulcères anciens à la face antérieure de la jambe droite, circonstance qui ne saurait lui donner droit à aucune récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. N’ayant pas réussi à faire valoir ses droits, il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Le 26 avril il dut retourner à l’hôpital Saint-Louis, du fait de sa blessure reçue en juillet et, le 3 juin 1831, il sortait de cet hôpital et était réduit à vendre ses effets afin de pouvoir subsister. Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme sans fortune. En 1833, il continuait de s’enquérir du succès de sa demande de pension, ayant adressé toutes les pièces qui constataient ses droits à cette pension à la Commission des récompenses nationales et ayant été d’abord porté sur une liste pour l’obtenir. En 1833, il avait sa mère à charge. Il demeurait à la Gargotière à Saint-Firmin-des-Bois (Loiret) en 1823 ; 10, grand-rue à La Chapelle (aussi 54, grand-rue (aux Favorites) à La Chapelle-Saint-Denis en 1830 in Archives de Paris VK3 50) en 1830-1831 ; 59, rue Lafayette en 1833. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe de larrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 90 ; Archives de Paris VK3 50 (sous le nom de Pinot) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, blessés de la 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 408.

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