Piochelle, Louis

Biographie


Né le 25 avril 1796 à Villotran (Oise). Fabricant de chocolat. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Le sieur Piochelle à l’honneur de vous exposer que dès le 27 juillet il a pris part à la résistance qu’apportèrent les citoyens aux ordonnances de l’ex-roi ; que le 28 dès 4 heures et demie du matin, avec un de mes amis (M. Odieuvre, négociant rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, n° 31 [voir Odieuvre, Louis, Jean]), il fut à la reconnaissance des positions qu’occupaient les troupes des sicaires, ils se portèrent ensemble sur les boulevards, qu’ils parcoururent depuis la rue de Richelieu, passant ensuite par les ministères des Affaires étrangères et des Finances et revinrent par la rue Saint-Honoré jusqu’à la place du Palais-Royal, où était déjà rassemblée la garde royale. Ayant remarqué les nouvelles dispositions hostiles de cette troupe, quoiqu’il ne fût encore qu’environ 5 heures et demie à 6 heures du matin. L’exposant et son ami convinrent de se séparer et d’aller chacun chez eux, revêtir leur uniforme de l’ancienne garde nationale, de se munir de leurs armes avec l’intention de se réunir à d’autres citoyens pour la défense commune de la liberté. En effet, l’exposant prit de suite son uniforme et se réunit à d’autres gardes nationaux à la place du Louvre, d’où ils partirent pour s’emparer du poste de la Caisse d’amortissement, qu’ils désarmèrent et de là ils se portèrent sur la Banque de France, où ils eurent à souffrir comme les citoyens réunis aux Petits-Pères des attaques et des incursions des gendarmes et de la ligne, qui firent plusieurs décharges desquelles ils ne purent se garantir qu’en se réfugiant dans l’intérieur de cette Banque, où ils établirent un poste après avoir rentré un homme tué à leurs pieds et où l’a vu de nouveau M. Odieuvre lorsqu’il est venu vers les 2 heures de l’après-midi avec un autre officier de l’ancienne garde nationale y chercher pour ramener à son poste aux Petits-Pères une quinzaine de gardes nationaux de la IIIe légion qui s’y étaient réfugiés avec nous. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le seul nom de Piochelle sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin 1831. En 1848, il était percepteur à Missillac (Loire-Atlantique) et déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il adressa, le 28 mars 1848, la lettre suivante à la Commission : « Négociant à Paris, père d’une nombreuse famille, rue Saint-Honoré, je fus décoré de Juillet pour avoir sorti, le premier, en garde national à la tête de plusieurs gardes nationaux et avoir combattu dans ces trois mémorables journées pour la cause de la liberté. Ayant transporté depuis mon établissement boulevard des Italiens n° 2, j’eus un procès avec mon propriétaire, comme décoré de Juillet ; ce titre, il ne pouvait le souffrir ; il employa tous les moyens pour y réussir, il en trouva un dans la clause de mon bail et il s’en servit (je joins un mémoire à l’appui [absent de son dossier, N.D.A] ; par ce fait, je fus ruiné complètement, j’ai été obligé de solliciter un emploi dans l’administration et après bien des démarches et au bout de deux années j’obtins une perception bien minime. C’était assez pour un homme sans titre, sans position sociale, un révolutionnaire. Cependant peu de temps après je fus nommé à Savenay (Loire-Inférieure). Là, plus heureux, je pouvais faire instruire mes enfants. Toujours ce titre honorable que la nation m’avait décerné jetait bien de l’ombrage à mes chefs et à l’administration, et il ne fut pas difficile de trouver une occasion pour me changer de résidence, et au lieu d’une place de deux mille sept cents à trois mille francs, je fus envoyé dans une campagne où je n’ai plus que mille six cents à mille huit cents francs. Depuis plus de quatre ans, je végète et peux à peine subvenir au besoin de ma jeune famille (neuf enfants) puisque je n’en ai que deux qui gagent et sept autres à ma charge (deux garçons et sept filles). Veuillez, je vous prie, prendre en considération mes malheurs et la position pénible où se trouve ma belle famille. » Sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait 110-112 rue Saint-Honoré en 1830-1831 ; à Missillac (Loire-Atlantique) en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement et liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille IVe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 408 ; Almanach royal et national pour lan 1840 présenté à Sa Majesté et aux princes et princesses de la famille royale, Paris, chez Guyot et Scribe, 37, rue Neuve-des-Petits-Champs, 1840, p. 209. Sur internet il y a un Mémoire pour les sieur et dame Piochelle contre M. le vicomte de Morel-Vindé sur lappel dun jugement rendu par le tribunal de première instance le 17 juin 1836 chez de Moquet en 1836 ; il nest pas disponible sur Google... Revue du progrès social et littéraire, tome deuxième, 2e série, Paris 1840, cette critique dun ouvrage : « Quoi quil en soit, cet ouvrage se recommande entre tous ceux du même genre, parce quil est à peu près complet. Il embrasse le sujet dans son ensemble et dans ses détails ; il apprend ce qui a été fait et ce qui existe en matière de secours publics, et les améliorations urgentes que réclament les établissements qui existent chez nous, et le nom des auteurs qui se sont occupés des indigents, des hommes qui leur ont fait du bien. Parmi les nombreux bienfaiteurs de lindigence cités par M. de Gérando, nous avons vu que la pairie était heureusement représentée par quatre de ses membres les plus connus. Deux dentre eux se distinguèrent par leur intrépidité dans le procès davril, et sont morts aujourdhui : ce sont MM. Barbé-Marbois et Bigot de Morogues. Les deux autres siègent encore avec honneur sur les bancs de la noble chambre : M. Morel de Vindé, lauteur de la Morale en action, vous savez, celui qui, dans un procès contre son locataire Piochelle, fut maltraité par un considérant du tribunal civil, réformé depuis par la cour royale. M. Morel de Vindé sest occupé avec succès des moyens daméliorer les habitations des pauvres, de loger les ouvriers dune manière plus commode et à peu de frais. »

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