Pipart, Frédéric, Gustave, Adolphe (ou Gustave, Adolphe, Frédéric)

Biographie


(sous le nom de Pipard, Frédéric, Gustave, Adolphe, fils de Pipart, Jean-François, Guillaume [sic] dans son acte de naissance ; mais Pipard, Jean-François, Guillaume dans un autre acte de naissance...) le 21 juin 1810 à Caen (Calvados), fils de Pipart, Jean-François, Guillaume, huissier à la cour d’appel, et de Lelarge, Constance, Elisabeth, Marie, Catherine, son épouse. Tailleur. Il sollicita dans ces termes, auprès du général Fabvier, la Croix de Juillet : « S’étant trouvé un de ceux qui ont combattu pour la liberté, notamment le 27, rue Saint-Honoré, où faute d’arme il se battit à coups de pierres et ensuite le lendemain 28, s’étant procuré un fusil et réuni aux citoyens dévoués comme lui à combattre pour la liberté et la Charte, il a tué un gendarme rue de Bourbon, il a ensuite avec les autres été prendre le poste à l’Abbaye et fait sortir les prisonniers dont plusieurs prirent les armes pour la même cause puis après, s’étant rendu avec la majeure partie du rassemblement à la grève, où étant arrivé par la rue de la Vannerie vers les deux heures et demie il s’est battu sans discontinuer jusqu’à 7 heures, qu’il reçut une balle, qui lui a traversé la jambe, ainsi qu’il le prouve par les pièces ci-jointes ; que désirant rendre mémorable dans sa famille son zèle et son honorable blessure pour une si belle cause et jouir de la récompense accordée par la loi, il prie monsieur le général de vouloir bien le prendre en considération et l’honorer de la croix, etc. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Le certificat suivant constatait les circonstances dans lesquelles il avait été ramassé blessé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Frédéric Pipard (sic) a été ramassé par moi à 7 heures du soir, étant blessé d’une balle qui lui a traversé la jambe, blessure qu’il a reçue en se battant, armé d’un fusil le mercredi 28 juillet 1830, dans la rue de la Vannerie, adjacente à la Grève. » Signé, le 8 septembre 1830 : Buard, marchand mercier, demeurant 24, rue de la Coutellerie. Le certificat médical suivant constatait la blessure qu’il avait reçue : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie avoir donné des soins à M. Frédéric Pipart, tailleur, âgé de vingt ans, domicilié rue de l’Université n° 46, blessé place de l’Hôtel-de-Ville, le mercredi 28 juillet dernier, d’une balle qui ayant pénétré au tiers supérieur et intérieur de la jambe gauche à travers le tissu adipeux qui sépare le ventre interne du bifémoro-calcanien du fémoro-calcanien un peu obliquement de haut en bas, est sortie en arrière du mollet. Les plaies ont été cicatrisées le 1er septembre mais les forces du membre ainsi que la pleine et libre faculté de ses mouvements ne seront rétablies qu’à la fin d’octobre. » Signé, le 7 septembre 1830 : Sirdey, médecin. Il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs à une date indéterminée. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Pipart, Frédéric, Gustave sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et surtout in Archives nationales F/1dIII/39). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 31 mai 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la jambe gauche, de sa partie postérieure et moyenne vers sa partie supérieure et interne, en contournant le condyle du tibia ; guérie mais avec quelques difficultés dans les mouvements du membre. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de six cents francs versée sur deux ans (son nom ne semble pas être sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur). Son nom est sur une liste de plusieurs blessés de la deuxième classe, admis à des secours temporaires mais qui n’avaient pas, en septembre 1831, encore remis leur acte de naissance et qui ne pouvaient, en conséquence, toujours pas figurer sur l’état officiel ; la Commission des récompenses nationales réclamait l’insertion des noms de cette liste dans la Moniteur afin qu’avant le 20 octobre, l’extrait de naissance réclamé par le ministre des Finances fût délivré par l’ayant droit, pour lui éviter ainsi le préjudice de ne pas pouvoir en bénéficier. Il reçut, à titre de blessé, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 8 août dans la mairie du Xe arrondissement, sa croix et son brevet furent transmis au préfet de la Seine le 19 août 1831. En janvier 1832, il donna procuration à Bazin, Edme, coiffeur, demeurant 46, rue de l’Université, pour toucher en son nom les sommes lui revenant de la part de la Commission des récompenses nationales et de la Commission de la souscription nationale. En 1833, il sollicita, vainement, ses blessures s’étant aggravées, que sa situation médicale soit révisée et d’être pensionné. Dans sa demande, adressée au roi, il expliquait les circonstances dans lesquelles il avait été blessé : « […] Sans fortune et plein d’honneur comme de probité […]. Grièvement blessé de plusieurs coups de feu à la jambe gauche, place de Grève où il eût infailliblement péri à la suite de ses blessures sans les secours et les soins assidus d’une dame Buard marchande mercière, rue de la Coutellerie, n° 14, dont le souvenir et la reconnaissance ne s’effaceront jamais de sa mémoire ni de son cœur […]. » Et sur sa situation : « […] Sur sa réclamation, MM. Trouvé et Le Sauvage, médecins de cette cité [Caen, N.D.A.] et assez largement rétribués, ont visité les blessures de l’exposant. Ils ont même affirmé, dit-on, avec M. le maire de Caen, qu’elles sont tellement cicatrisées que sa réclamation doit être regardée comme nulle et mal fondée. […] Si, à la vérité, elles sont un peu cicatrisées, elles ne le sont pas de manière à lui laisser la faculté de vaquer continuellement à ses affaires et surtout à sa profession, seule ressource qu’il ait aujourd’hui, quand, de retour dans ses foyers, il est devenu père de famille, en prenant à sa charge une belle-mère déjà courbée sous le poids des ans et dont la santé est cruellement altérée. […] Dans le cas de doute ou de suspicion sur les faits par lui avancés, que Votre Majesté, Sire, veuille bien soumettre l’exposant à l’examen de MM. Chaperon et Lelarge, médecins attachés au service de la garde nationale, dont l’exposant, malgré ses graves infirmités, a l’honneur de faire partie. » Il demeurait 46, rue de l’Université en 1830 ; 31, rue de la Geôle (ou de Jeaulet ou de Joault) et 66, rue Saint-Martin à Caen (mais 60, rue Saint-Martin in Archives nationales F/1dIII/36 ; 66, rue Saint-Martin à Caen in Archives nationales F/1dIII/38 A) en 1831 ; 2, rue aux Namps (?) à Caen en 1833. Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 355 (sous le nom de Papart, Frédéric) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe classe du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 85 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des décorés du Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (2e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 2 décembre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem dossiers individuels (sous le nom de Pipard, Frédéric, Gustave, Adolphe) ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33, lettre en date du 29 septembre 1831, du président de la Commission des récompenses nationales au ministre de l’Intérieur ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à des secours temporaires avec détermination de temps (deux ans) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier Madden ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Xe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le seul nom de Pissard) ; Archives nationales F/9/1156. Il signe Pipard, si cest lui qui signe...

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