Piquot, Etienne, François
Biographie
Né vers 1803 à Paris. Commissionnaire de roulage. Il tirait depuis son domicile du 8, rue de Bondy sur les troupes royales qui passaient sur le boulevard, le 28 juillet. Le 29, il prit part aux combats qui précédèrent la prise du Palais-Royal ; vers le milieu de la journée, le groupe de combattants duquel Piquot faisait partie fut dispersé dans la rue de Valois par les troupes royales. Piquot fut tué dans cette affaire. Dans le récit que fit Dumoulin, Pierre, Hyacinthe de sa propre participation aux combats, il donnait les indications suivantes concernant Piquot : « […] Le 29, il continua de combattre sur différents points et notamment à l’attaque du Palais-Royal, où un de ses amis, le brave Picot, fut tué à ses côtés. Lors de cette attaque, les assaillants combattaient en s’abritant le long des maisons mais les gardes royaux ayant fait signe qu’ils allaient rendre le poste qu’ils défendaient, le peuple s’avança en foule et encombra la rue, l’exposant était au premier rang. Tout à coup, les gardes royaux, à un signal qu’ils reçoivent d’un de leurs bataillons qui débouchait sur la place du Palais-Royal, font une décharge meurtrière sur la multitude qui s’avançait trop confiante et qui recula avec précipitation et désordre […]. » Dans le récit que fit, in Archives de Paris VD6 281 n° 1, un combattant dont le nom est illisible de sa propre participation aux combats, il donnait les indications suivantes concernant Piquot : « […] En traversant la cour des Fontaines dans la rue de Valois, M. Piquot fut tué à mes côtés […]. » Le corps de Piquot fut reconnu à la morgue par : Baullier, Louis, Benjamin, négociant, demeurant 9, rue Vendôme au Marais ; Beauzée, Louis, Théodore, marchand d’huile, demeurant 12, rue Neuve-Saint-Eustache. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le 15 septembre 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Lefournier, Augustin, Nicolas, né vers 1770, employé, demeurant 55, rue du Temple ; Bouteille, Louis, Charles, né vers 1800, employé, demeurant 16, rue Saintonge ; Rouhot, Pierre, François, né vers 1804, employé, demeurant 19, rue Saintonge. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Piquot, Etienne, François et savoir qu’il avait « concouru activement à la défense de la liberté dans les mémorables journées de juillet 1830 ; qu’ils l’ont tous vu et entendu manifester son ardeur pour combattre ; que le 28 dudit mois ils l’ont vu se disposant à tirer, de son domicile, sur la troupe de l’ex-garde royale qui passait sur le boulevard ; que le lendemain 29 lesdits sieurs Bouteille et Rouhot, témoins ci-dessus nommés, l’ont vu prendre part aux combats qui ont précédé la prise du Palais-Royal ; que vers le milieu de ce même jour lesdits deux témoins ont vu le groupe dont il faisait partie, dispersé dans la rue de Valois Palais-Royal par les troupes opposées ; que dès ce moment ils ne l’ont plus revu et qu’ils ont dès lors acquis par la notoriété, la conviction qu’il avait succombé dans cette affaire victime de son zèle ; pour quoi ils affirment qu’il est à leur connaissance et de notoriété que ledit sieur Etienne, François Piquot a été tué dans les glorieuses affaires de juillet 1830 ». Célibataire, il laissait des parents, Piquot, Antoine, François, Gilbert (né le 19 avril 1777 à Caen [Calvados]) et Grehan, Adélaïde, Philiberte (né le 15 mai 1770 à Paris). Le père était négociant de roulage, 8, rue de Bondy. Ceux-ci, plutôt que de faire valoir leurs droits à une pension la refusèrent et préférèrent solliciter une place de sous-chef de bureau pour leur neveu, Amédée Gréhan, orphelin, né vers 1802, et qui devait, expliquèrent-ils, remplacer dans leurs cœurs l’enfant qu’ils avaient perdu. Amédée Gréhan, né vers 1802, dont le père avait, trente années durant, été directeur en chef du génie maritime, était entré comme surnuméraire au ministère de la Marine et, après quatre années de service touchait mille deux cents francs d’appointements annuels. Les parents présentaient Amédée Gréhan comme ayant été « blessé lui-même le 28 juillet » et obtinrent satisfaction : leur neveu fut promu au grade de sous-chef adjoint dans les bureaux du ministère avec deux mille six cents francs d’appointements. Piquot père donnait comme indication que ce jeune orphelin était le petit-fils de Filz, professeur de mathématiques de celui qui deviendra Louis-Philippe ; que son oncle était receveur dans les domaines du roi à Villers-Cotterêts ; que son frère travaillait dans la maison du roi. Piquot demeurait 8, rue de Bondy. Son nom (F. Piquot) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/33 état des personnes qui ont obtenu des emplois ou de l’avancement dans le département de la Marine sur les demandes de la Commission des récompenses nationales et Commission des récompenses nationales, état de six demandes formées uniquement pour obtenir l’inscription au Panthéon du nom d’un égal nombre de victimes de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Archives de la préfecture de police AA 387 in dossier Dumoulin, Pierre, Hyacinthe ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.