Plée, François

Biographie


Né en 1796 à Paris. Botaniste. Le National, en date du 3 août 1830, rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « M. Plée, botaniste dessinateur, était au nombre des personnes qui ont ouvert les portes de Sainte-Pélagie aux détenus pour dettes. Mais, en citoyen éclairé, il a surveillé activement les malfaiteurs qui cherchaient à s’évader au milieu du trouble ; il en a arrêté un qui y était parvenu, l’a ramené à la prison et a déployé la plus grande activité pour le maintien de la tranquillité extérieure. M. Plée a, le mérite d’avoir demandé le premier la mise en liberté de M. Magallon. » On trouve, d’autre part, dans La France nouvelle, nouveau journal de Paris du 17 août 1830 la relation suivante des faits le concernant : « L’inscription qui décora longtemps le fronton du Panthéon : “Aux grands hommes la patrie reconnaissante” avait été replacée provisoirement entre les colonnes par les soins de quelques gardes nationaux de la XIe légion. Dans la nuit du 14 au 15, cette inscription et la planche sur laquelle elle était peinte ont disparu. Les portes du temple se sont trouvées aussi ouvertes dès le matin. M. Plée, botaniste-dessinateur, qui s’est distingué dans les journées des 28 et 29 juillet, s’étant aperçu de l’enlèvement, s’est empressé, avec l’aide des habitants du quartier, de rétablir lui-même une autre planche et une autre inscription, à la grande satisfaction du public. Sur son invitation, M. Fayel, sous-lieutenant au 15e régiment et commandant le poste de Montaigu, s’est empressé de placer une sentinelle près de là pour empêcher le retour d’une nouvelle profanation. Voulant consacrer cette opération par un acte de bienfaisance, les assistants ont déposé dans un tronc leur offrande en faveur des blessés, et le tronc a été porté aussitôt à la mairie du XIIe arrondissement. M. Plée a été secondé dans cette œuvre patriotique par les citoyens dont nous citons les noms avec plaisir : MM. Ménard, Hottaire, Collet, Labbé, Duges, Isnard, Cauchois, Jottrat et Carré. M. Guillaume, peintre, a placé une seconde inscription au haut du portail, et a versé dans le tronc le prix qui lui a été offert pour son travail. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 18 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27, aux rassemblements du Palais-Royal. A contribué à prendre la poudrière le 29 lendemain de la Grève. Le jury a suspendu la décision pour éclaircir le fait de la mise en liberté de Magallon. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 18 janvier 1831, à une voix pour la croix, sept voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il adressa, en date du 2 août 1831 et avec Veissier-Descombes (voir ce nom), une lettre ainsi rédigée pour intercéder en faveur de Calonne de, Jacques, Honoré auprès de la Commission des Réclamants, sise rue Bourg-Labbé, afin que soient reconnus ses droits à une distinction honorifique : « Nous avons vu avec peine que l’un de nos camarades dont la conduite pendant les journées de Juillet n’a pas démenti les honorables antécédents n’ait pas obtenu l’une des récompenses nationales accordées à ceux qui ont, à cette époque, compromis leur état, leur fortune ou leur existence. M. de Calonne, professeur au collège Henri IV, officier dans la XIIe légion, a, dès le 29 juillet, revêtu l’uniforme de garde national, lorsqu’il n’était pas sans danger de porter cet uniforme. Choisi alors pour faire partie de la Commission municipale due (ancien) XIIe arrondissement, il y fit plusieurs missions, qui prouvaient son entière participation au rétablissement de nos libertés. Il a été chargé d’aller lire à la barrière d’Enfer une proclamation du général partie du manuscrit brûlée, a fait un appel aux patriotes de Juillet pour aller à Rambouillet, a signé un ordre partie du manuscrit brûlée, et Benoit partie du manuscrit brûlée, qui furent apportées par suite de cet ordre à la mairie, a apposé son nom à des placards qui le mettaient en état d’hostilité complète avec le gouvernement déchu. Trop modeste pour faire valoir puissamment ces titres et d’autres encore auprès de la Commission des récompenses nationales, M. de Calonne n’a pas même obtenu la médaille. Nous pourrions ajouter que la conduite de M. de Calonne n’était qu’une conséquence de l’opposition qu’il avait toujours faite sous le gouvernement déchu, en signalant par des écrits les abus du pouvoir et en se déclarant l’antagoniste des jésuites, au risque de perdre son emploi. Nous espérons, messieurs, que vous voudrez bien appeler auprès de vous ce digne citoyen et faire valoir auprès du gouvernement ses titres, pour obtenir l’une des récompenses à laquelle il vous semble avoir droit. Agréez, etc. » Il reçut un secours de soixante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 17, rue d’Orléans-Saint-Victor en 1830-1831 (mais rue d’Orléans près le Jardin des plantes, vis-à-vis le numéro 16 in Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Calonne de, Jacques, Honoré). Le National, 3 août 1830 ; La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 3 août 1830 ; La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 17 août 1830 ; Le Constitutionnel, 16 août 1830 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 276 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 18 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 18 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63-65 ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Calonne de, Jacques, Honoré.

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