Plusieurs, Augustin

Biographie


Né vers 1806 à Soissons (Aisne). Prolétaire, est-il inscrit comme profession sur sa fiche à la Commission des Réclamants. Il s’illustra au Louvre. Le 12 novembre 1830, il adressait à la Commission des récompenses nationales la lettre suivante : « Désirant, si toutefois vous m’en jugez digne, concourir aux récompenses que le gouvernement veut accorder à ceux qui par leur conduite ont pris part aux événements de Juillet, j’ai l’honneur de vous exposer la mienne, m’en rapportant à votre justice pour savoir si je suis en droit d’obtenir. Je crois, messieurs, qu’il serait bien long et que ce serait abuser de votre complaisance si je vous détaillais tout ce que j’ai fait, d’autant plus que j’ai appris que le demandeur devait passer devant un jury composé de témoins oculaires. Je l’accepte donc et je suis prêt à donner tous les renseignements que vous exigerez de moi. Je vais seulement retracer quelques faits. Je suis allé avec un ami sur la place du Louvre (c’était le mercredi). On rassemblait le peuple ; n’ayant qu’un pistolet, je me suis vu forcé de me mettre derrière les autres qui avaient des fusils. Très contrarié de cela, je me suis rappelé que je pouvais me procurer des armes dans une maison. Je m’y suis de suite transporté et l’on m’a remis un fusil. Je suis allé pour rejoindre [l’endroit] que j’avais quitté. Voulant traverser la rue Saint-Honoré, j’en ai été empêché par la garde royale et les gendarmes des chasses qui faisaient évacuer tout le monde. J’ai donc été obligé de rétrograder par les piliers des halles après que le peuple qui était sur la place du Louvre l’avait quittée partie du manuscrit brûlée la place de Grève. Je m’y dirigeais par la pointe Saint-Eustache et la rue Montorgueil. Là, je rencontrais mes amis et pris place parmi eux. Nous nous dirigeâmes vers le Louvre par la rue des Prouvaires. Arrivé dans cette rue, nous essuyâmes plusieurs décharges de la ligne qui se trouvait dans la rue du Roule illisible. Me trouvant enveloppé par ceux qui étaient au premier rang et qui se retiraient sur nous, je fus forcé de me retirer à la halle à la viande après avoir perdu le jeune homme avec qui j’étais et qui trouva la mort en se retirant du côté de la place des Innocents. Je rentrai chez moi, où je restais jusqu’au passage des Suisses. Le lendemain, j’allais de bonne heure sur la place de Grève, où devait se réunir la garde nationale. Nous restâmes assez longtemps et de là nous nous dirigeâmes sur la place de la Victoire, où nous avons attendu plusieurs détachements qui vinrent de plusieurs quartiers se joindre à nous. De là, nous nous dirigeâmes vers le Louvre par la rue du Petit-Reposoir, la place Saint-Eustache et la rue des Prouvaires. Nous arrivâmes au Louvre par la rue Saint-Germain-l’Auxerrois. Après quelques décharges, nous sommes entrés au Louvre. Là, j’ai eu le bonheur d’arracher à la mort un Suisse blessé qu’un homme du peuple voulait tuer. J’empêchais aussi des gens qui cassaient les carreaux à coups de partie du manuscrit brûlée et je montais la garde pour ne pas les laisser monter dans partie du manuscrit brûlée. Je me suis retiré après avoir appris que les Tuileries étaient prises. L’on pouvait aller sans danger pour ceux qui étaient de garde partie du manuscrit brûlée et prendre quelque nourriture que je n’avais pris de la partie du manuscrit brûlée. Le soir, je fis des patrouilles dans divers quartiers, surtout du côté partie du manuscrit brûlée. Je me rendis le lendemain au poste de la Bourse et de là je partie du manuscrit brûlée pour monter la garde au Louvre et aux Tuileries partie du manuscrit brûlée Nous fîmes encore des patrouilles. Je ne déposais les armes que quand Paris fut débarrassé de ses ennemis. Je les pris cependant pour [aller à Rambouillet], où fort heureusement nous ne rencontrâmes personne et partie du manuscrit brûlée aucun des braves qui s’exposaient à une mort certaine partie du manuscrit brûlée victime par l’explosion de mon fusil, qui partit partie du manuscrit brûlée certifié par le général qui nous commandait. J’eus la poche de mon habit brûlé par le feu de l’amorce. Je venais fort heureusement d’en retirer douze cartouches que l’on nous avait données à notre passage à Versailles. Je crois, messieurs, que si vous ne trouviez pas ces renseignements suffisants je suis prêt à vous en donner de vive voix autant que vous l’exigerez. Si ma conduite vous a paru digne d’une récompense, j’aurais l’honneur de vous prier de me porter pour une place dans les subsistances militaires, ayant travaillé longtemps dans cette partie, je crois être capable de la remplir. » Suivaient plusieurs apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « J’affirme que M. Plusieurs est venu chercher chez moi mes deux fusils, ma poire à poudre et tout ce que j’avais comme balles le mercredi matin à 7 heures qu’il ne me les a rendus que le 5 août, à son retour de Rambouillet. » Signé : Maunier ou Maurice illisible, demeurant 3, rue du Sentier. La deuxième apostille, ainsi rédigée : « J’atteste que M. Plusieurs est sorti armé de chez moi, où il demeure et que nous nous sommes trouvés ensemble à diverses affaires et à Rambouillet. » Signé : Mavré, Auguste (voir Mavré, François, Auguste), demeurant 57, rue Montorgueil, hôtel des Postes. La troisième apostille, ainsi rédigée : « J’atteste que j’ai M. Plusieurs emporter les armes le mercredi 28 de la rue où je demeure n° 6. » Signé : ...ille. Le 5 janvier 1831, il faisait parvenir une lettre au maire du (ancien) IIIe arrondissement, membre de la Commission des récompenses nationales, pour réparer l’erreur dont il avait été l’objet : interrogé, expliquait-il, par cette Commission, il avait sollicité une place, on l’avait nommé dans l’administration des Forêts alors qu’ayant étudié la comptabilité il désirait une place dans les subsistances militaires. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il demeurait 57, rue Montorgueil en 1830-1831 ; 61, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1831. Archives de la préfecture de police AA 408.

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