Poilliot, Denis

Biographie


(sous le nom de Poillot, Denis) le 13 octobre 1792 (bien le 13 octobre 1792 dans son acte de baptême ; par erreur le 14 octobre 1792 in Archives nationales F/1dIII/39) à Arleuf (Nièvre), fils de Poillot, Jean (sic), propriétaire, et de Rollot, Marie, son épouse. Compagnon menuisier. Sa bravoure pendant les combats fut attestée par de nombreux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussigné, certifions que le dénommé d’autre part a reçu en notre présence, le 28 juillet dernier à la grève, un coup de feu au cordon testiculaire droit et que nous l’avons transporté chez M. Bérard, rue Saint-Anasthase n° 3, pour y être pansé. » Signé, le 29 août 1830 : Mougey (voir Mougey, Charles, François, Xavier), ex-sergent-major de la Garde impériale, demeurant 32, rue de Reuilly ; Leblay (voir Leblaye, Joseph, Marie), ancien militaire de la Garde impériale ; Bérard (voir Bérard, Claude, Antoine), chef de compagnie, demeurant 3, rue Neuve-Sainte-Anastase ; Lalane (voir ce nom), il semble signer Lalain ex-brigadier de chasseurs, demeurant 50, rue Saint-Antoine ; Decarrue illisible, ex-officier de cavalerie, chevalier de la Légion d’honneur, blessé ; Marchal (voir Marchal, Jean-Baptiste), ancien officier, qui ajoutait : « Je certifie que le nommé Poillot (sic) s’est parfaitement battu pour prendre les casernes de l’Ave Maria et des Célestins sous mon commandement. » Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le nommé Poillot, Denis (sic), demeurant rue Saint-Anastase n° 3, s’est trouvé dans la journée du 27 juillet dans la soirée, près le temple des protestants, où étaient les cuirassiers de la garde royale ; qu’il y a jeté des cailloux avec des camarades, mais qu’ayant été poursuivis, ils se sont retirés dans les allées, où ils ont attendu la nuit ; qu’ensuite ils les ont assaillis de nouveau avec un homme en blouse, qui était à leur tête et qui déployait devant l’ennemi le plus grand courage par son exemple et son intrépidité ; ayant été de nouveau chargés, ils ont rentré dans leur première retraite, d’où ils ont observé l’ennemi jusqu’à minuit passé, qui s’étant retiré, le dénommé s’est aussi retiré avec ses camarades ; que le 28 juillet, il a désarmé plusieurs soldats qui rentraient à la caserne de l’Ave Maria, qu’il a distribué plusieurs fusils aux braves qui s’armaient pour la liberté, qu’il s’était emparé du cheval du colonel du 50e de ligne, conduit par un soldat qu’il a aussi désarmé et auquel il a remis le cheval, ne pouvant le conserver, qu’il s’est parfaitement distingué au coin de la rue du Perche, en se battant contre la garde royale, que dans cet endroit il avait pour chef le brave surnommé capitaine La Blouse, dont il est impossible de faire l’éloge tant sa conduite est admirable dans cette occasion et dans plusieurs autres, qu’il nous avait placés près du tourniquet Saint-Jean, crainte d’être surpris pendant qu’il faisait former une barricade au coin de la rue du Perche et monter des pavés dans les premiers étages des maisons. Le dénommé ayant entendu la fusillade à la place de Grève, il est descendu sous l’arcade Saint-Jean, où il est resté à combattre jusqu’à ce qu’il eut épuisé ses munitions, et ensuite revenu près du capitaine La Blouse, où il s’est distingué dans la rue Saint-Antoine, contre la garde royale qui venait du faubourg Saint-Antoine et qui a été forcée à la retraite. Ensuite, le dénommé s’est transporté au bas de la rue de la Tixéranderie, où il a montré le plus grand dévouement à la cause de la liberté, en affrontant tous les dangers mais qu’ayant reçu dans la soirée un coup de feu au cordon testiculaire droit, il a été obligé à regret de quitter ses camarades, ayant été ramené par [Mougey et Bérard] dans sa maison, où il a été pansé le même soir par un médecin. Enfin, les soussignés, pour rendre hommage à la vérité et au mérite de ce brave, croient devoir dire que nul homme n’a plus mérité de la patrie et que ce serait le plus bel acte de justice de lui décerner les plus nobles récompenses. Il déclare aussi qu’avec le capitaine la Blouse il a vu un chef qui avait un chien et qui avait plusieurs hommes sous ses ordres mais il n’a pas l’avantage de le connaître ; il s’est aussi montré le plus zélé partisan de la plus noble cause. » Signé le 15 novembre 1830 : Mougey (voir Mougey, Charles, François, Xavier), ex-sergent-major de la Garde impériale, demeurant 32, rue de Reuilly ; Mougey (voir Mougey, Jean-Joseph, Aimé), ancien militaire, demeurant 10, rue Saint-Bernard ; Bérard (voir Bérard, Claude, Antoine), garde municipal à la 2e compagnie du 2e bataillon, caserné aux Minimes ; Grédard (voir Gretard, Jean-Claude), demeurant 3, rue Neuve-Sainte-Anastase. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales et autres individus, certifions que dans les glorieux événements de juillet dernier, le sieur Poillot (sic), demeurant rue Saint-Anastase n° 3, quartier de l’Arsenal, a, dans les journées des 27 et 28 du mois ci-dessus, montré le plus grand attachement à la cause de la liberté, en déployant un courage héroïque et un mépris du danger, tant dans plusieurs désarmements qu’il a faits en se précipitant sans hésiter sur les satellites du roi déchu que dans les combats aux barricades de la rue Saint-Antoine près la rue Geoffroy-Lasnier qu’à la place de Grève, où après avoir épuisé ses munitions il est retourné s’en munir et a de nouveau volé où l’appelait l’honneur de défendre une si belle cause. Après avoir encore longtemps combattu, un coup de feu qu’il reçut le 28 au soir au cordon testiculaire droit l’obligea à regret de se retirer chez lui, ses vêtements et son chapeau, percés de coups de feu. Enfin nous attestons que sa conduite militaire dans notre heureuse révolution le rend digne des plus grands éloges, de la bienveillance publique et de la protection de toutes les autorités civiles et militaires. » Signé, le 24 décembre 1830 : Mougey (voir Mougey, Charles, François, Xavier), ex-sergent-major de la Garde impériale, demeurant 32, rue de Reuilly ; Simon (voir Simon, Marie, Auguste, Simon) ; Bérard (voir Bérard, Claude, Antoine) ; Brunet (voir ce nom). Il reçut (sous le nom de Poillot, Denis) un secours de quarante francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il était porteur de deux certificats médicaux. Le premier certificat médical, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, docteurs en médecine, médecins du bureau de bienfaisance du (ancien) IXe arrondissement, chirurgiens de l’ambulance établie à la mairie dudit arrondissement, etc., certifions que le nommé Poillot, Denis (sic), exerçant la profession de menuisier, demeurant rue Saint-Anastase n° 3, reçoit de nous des soins depuis le 2 août pour un coup de plomb au cordon testiculaire droit, blessure très grave reçue le mercredi 28 juillet à la Grève ; que ces accidents l’ont empêché de travailler jusqu’à ce jour, 28 août, et qu’il a encore besoin de nos soins pendant un mois. » Signé, le 28 août 1830 : Dubois (voir Dubois, Alexis, Hippolyte) ; Girot (voir Girot, Joseph, Marie). Le second certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, François, Alexis Louyet, médecin de la faculté de Paris, certifie avoir donné mes soins au nommé Poillot, Denis (sic), menuisier, demeurant rue Neuve-Saint-Anasthase n° 3, pour deux plaies d’arme à feu occasionnées par deux balles qu’il reçut l’une dans les bourses l’autre à la partie antérieure et moyenne du tibia gauche ; que ces deux plaies ont été produites le 28 juillet 1830 pendant qu’il combattait à la Grève pour la défense de nos libertés ; qu’enfin ce brave, ayant exposé plusieurs fois sa vie, mérite la récompense que l’on accorde aux blessés. » Signé, le 11 août 1830 : Louyet, Alexis, demeurant 10, rue des Prêtres-Saint-Paul. Le 19 août 1830, sur les dépositions de : Bérard, Claude, Antoine (voir ce nom), horloger, demeurant 3, rue Neuve-Sainte-Anastase, et de Gueniot, Jean, Charles, marchand de vin, demeurant 58, quai des Ormes, le commissaire de police du quartier de l’Arsenal attestait que Poilliot (sic) était « le seul soutien de son père âgé de soixante-quatorze ans et de deux neveux orphelins de père et mère encore en bas âge ». Le 20 janvier 1831, le maire d’Arleuf certifiait à son tour que Poillot, Denis (sic) était « le seul soutien de son père âgé de soixante-quatorze ans et de deux enfants de défunte Marie Poillot, sa sœur, dont l’un est âgé de cinq ans et l’autre de sept et que Jean Poillot et les deux petits enfants ne vivent que des épargnes de Denis Poillot, leur fils et oncle ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 1er mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à ouverture unique et par éclat de balle resté dans l’épaisseur du cordon spermatique du côté droit ; guérie avec présence d’un corps étranger. » Il fut (sous le nom de Poillot, Denis) admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de six cents francs versée sur deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il avait à sa charge, en 1831, son père âgé de soixante-quatorze ans, et deux petits-neveux âgés de sept et neuf ans, orphelins de père et de mère. Il demeurait 3, rue Neuve-Sainte-Anastase, quartier de l’Arsenal, un logement au loyer annuel de cent francs, en 1830-1831. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 41 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 46 (sous le nom de Poillot, Denis) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du IXe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 83 (sous le nom de Poilliot, Denis) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IXe arrondissement ; Archives de Paris VD6 482 n° 3, mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission et dossier indemnitaires classés et non classés ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IXe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le nom de Poilliot, Denis).

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