Poinquier, Jacques, Athanase

Biographie


Né le 9 septembre 1783 (bien le 9 septembre 1783 sur son acte de baptême ; par erreur le 10 septembre 1783 in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension) à Bagnolet (Seine), fils de Poinquier, Jean-Jacques, vigneron, et de Souchet, Félicité, Catherine, son épouse. Ancien hussard au 1er régiment de la 2e compagnie du 4e escadron, blessé en 1806, 1807, 1808 et 1809, réformé le 10 mars 1810 par suite de cinq blessures qu’il avait reçues dans les campagnes de l’an XIV, 1806 et 1808 en Allemagne et en Prusse et celle de 1809 en Espagne et au Portugal, non pensionné parce qu’ayant refusé la vétérance, établi cultivateur ou homme de peine ou journalier (mais indiqué comme « conscrit en activité de service » en 1817 sur l’acte de naissance de sa fille Marie, Catherine). Il fut blessé d’un coup de sabre de cuirassier au côté droit de la poitrine et qui l’atteint jusqu’au poumon, le 28 juillet. Transporté sans connaissance dans la boutique du marchand de vin, Menont, Claude, 5, rue de la Cossonnerie, il y reçut les premiers soins ; il fut ensuite transporté 12, rue de la Cossonnerie chez Eve, Louis-Vincent, garçon d’écurie puis enfin à l’Hôtel-Dieu (le certificat dentrée est par erreur au nom de Pointier, Jacques, Athanase). Il reçut (sous le nom de Poinquet), et pendant son séjour à l’hôpital, un secours de cent francs, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il rejoignit la commune de Bagnolet le 16 août 1830 et, selon un certificat du maire, se trouvait sans secours et dans l’impossibilité de travailler ; le maire ajoutait que « le sieur Poinquier est un ancien militaire estimable, d’une bonne conduite et bon père de famille ». Il avait, selon le docteur Ménière qui l’avait soigné à l’Hôtel-Dieu, guéri « en vingt jours ». Il fut ensuite soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud, du 13 septembre au 14 novembre 1830 ; il y reçut un secours de cinquante francs « donné par M. Benoist », colonel de la Ire (sans doute de banlieue ?) légion de la garde nationale, et un habit de garde national. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. On trouve dans son dossier plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, membres du conseil municipal, officiers, gardes nationaux et propriétaire de la commune de Bagnolet, canton de Pantin, département de la Seine, certifions que l’existence miraculeuse, par les soins de M. le baron Dupuytren, conservée au sieur Poinquet, Jacques, Athanase (sic), ancien hussard au 1er régiment commandé aujourd’hui par S.A.R. le duc d’Orléans, prince héréditaire de France, où il a reçu plusieurs blessures à l’armée de l’Empereur Napoléon, en 1806, 1807, 1808 et 1809, constatées par son congé de réforme est le même individu blessé mortellement dans les journées de juillet dernier d’un coup de sabre au travers du corps ; qu’il fut porté à l’Hôtel-Dieu et transféré à la maison de convalescence de Saint-Cloud, où il est resté plus de deux mois avant son retour à Bagnolet. Les soussignés affirment que le ci-dessus dénommé est veuf, ayant deux enfants en bas âge et l’impossibilité où il est de se livrer à aucun travail, son existence étant bien pénible pour le présent et surtout l’avenir, n’ayant pas eu de retraite du ministère de la Guerre. » Signé, à Bagnolet, le 21 janvier 1831 (pour les noms lisibles) : Boudin, membre du conseil municipal et capitaine de la garde nationale ; Vienot, membre du conseil municipal, commandant de la garde nationale ; Graindorge, capitaine ; Bouchet, sous-lieutenant ; Souchet ; Brou, membre du conseil municipal ; Bidault, fourrier ; Bonneuil ; Vassou, sous-lieutenant ; Prévost, adjoint ; Baudoult, propriétaire. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « L’an 1831 le avril, en exécution des instructions de la Commission des récompense nationales à l’effet d’établir les droits du sieur Poinquier, Jacques, Athanase, demeurant en cette commune, blessé grièvement dans les combats de juillet 1830, nous, maire de la commune de Bagnolet, arrondissement de Saint-Denis, département de la Seine, avons entendu : premièrement M. Menant, Claude (il semble bien signer Menant), marchand de vin, demeurant à Paris, rue de la Cossonnerie n° 5 ; Lequel nous a déclaré reconnaître le sieur Poinquier pour être celui qui, le mercredi 28 juillet 1830, fut apporté sans connaissance dans sa boutique, où il reçut les premiers soins à la blessure grave qu’il venait de recevoir à peu de distance de sa maison, dans les combats qui se livraient ce jour-là ; qu’il était environ 1 heure de relevée et a signé sa déclaration comme conforme à la vérité. Deuxièmement M. Eve, Louis, Vincent, garçon d’écurie, demeurant à Paris, rue de la Cossonnerie n° 12, lequel nous a déclaré qu’il connaît personnellement le sieur Poinquier pour être celui qui, le 28 juillet 1830, fut apporté chez lui après avoir reçu les premiers secours dans la maison du sieur Menont (sic) et que lui-même l’a fait transporter à l’Hôtel-Dieu vers les 3 heures de relevée dudit jour 28 juillet et a déclaré ne savoir signer. Troisièmement M. Cammaille, Désiré, aubergiste, demeurant à Paris, rue de la Cossonnerie n° 10, lequel nous a déclaré reconnaître le sieur Poinquier et l’avoir vu panser d’abord chez M. Menont (sic) et un instant après chez M. Eve, où il fut transporté, et a signé sa déclaration comme conforme à la vérité. Quatrièmement M. Goisde, Louis, Pierre, teinturier, demeurant à Paris, rue de la Cossonnerie n° 12, principal locataire, lequel nous a déclaré reconnaître le sieur Poinquier pour l’avoir vu transporter de la boutique du sieur Menont (sic) chez le sieur Eve, et a signé sa déclaration comme conforme à la vérité. » Le 9 avril 1831, le maire de Bagnolet lui délivra un certificat pour attester qu’il ne possédait « aucun immeuble ; qu’ayant deux enfants à sa charge et privé par ses blessures de pouvoir travailler pour pourvoir à son existence ainsi qu’à celle de sa famille, il se trouve dans un état complet d’indigence et mérite la bienveillance de la Commission des récompenses nationales ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 31 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme blanche (coup de sabre) à la poitrine, du côté droit, de l’angle inférieur du scapulum vers le mamelon du même côté, avec lésion du poumon ; blessure cicatrisée mais avec indisposition du côté du poumon. » Il fut classé dans la 3e classe des blessés et pensionné de cinq cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 26 mai 1831 à la sous-préfecture de Saint-Denis. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 24 juin 1831. Il avait épousé, le 14 vendémiaire an XIV à Montreuil (Seine) Adet, Madeleine, Gabrielle, Victoire ; sur l’acte de mariage, Poinquier, Jacques, Athanase est indiqué comme fils de feu fils de Poinquier, Jean-Jacques, décédé le 10 nivôse an X à Bagnolet, comme étant cultivateur ; Adet, Madeleine, Gabrielle, Victoire est indiquée comme la fille de Adet, Etienne, Michel, cultivateur, et de Chevalier, Marie, Madeleine. Il était veuf (sans doute depuis 1827) et avait quatre enfants, tous nés à Montreuil, Jean, Antoine, né le 2 avril 1811, Rosine, Victoire, née le 9 mars 1815, Marie, Catherine, née le 6 février 1817, Marie, Elisa, née le 27 juin 1821. Il demeurait rue et marais de Villers à Montreuil en 1811-1821 ; à Bagnolet en 1830 ; 60, Grand-Rue à Bagnolet en 1831. Histoire de ce qui sest passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 292 ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 70 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 3e classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de larrondissement de Saint-Denis lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 113 ; Archives de Paris DM13 1, décoration de Juillet, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Saint-Denis ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis, blessés de la 3e classe.

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