Poirrier, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 8 mars 1794 à Gorron (Mayenne). Serrurier. Il fut blessé par une balle morte reçue au genou gauche et par un coup de crosse de fusil reçu sur l’épaule droite. Il reçut (sous le nom de Poirier, Jean) un secours de quatre-vingts francs (et pourtant soixante-dix francs in Etat des blessés domiciliés à Chaillot, in Archives de Paris VD6 91 dossier Vallade) en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut un secours de quarante francs le 10 août, un secours de quarante francs le 20 août, un secours de quarante francs le 25 août 1830, un secours de trente francs le 14 septembre 1830 auprès de la Commission de secours de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, puis un secours de quatre-vingt-cinq francs en novembre, un secours de trente francs en janvier 1831, un secours de vingt francs en février, un secours de trente francs en mars 1831 (soit un total de cent soixante-cinq francs) (lui-même parle pourtant d’un total de deux cents francs en mai 1831, dans une lettre qu’il adressa à la Commission des récompenses nationales) auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Dans une lettre adressée à la Commission des récompenses nationales, il donnait le récit suivant de sa participation aux combats : « […] Le 28 juillet, il commença (un des premiers) à former les barricades au faubourg et boulevard Montmartre. Il se rendit à l’état-major de la garde nationale, essuya plusieurs décharges avec les généreux citoyens compagnons de sa défense, qui ont été témoins de son patriotisme. Il reçut un coup de feu au genou gauche (rue des Poulies-Saint-Honoré, N.D.A.) mais qui ne l’empêcha point, le lendemain 29, de se diriger sur la rue Saint-Honoré et de donner de nouvelles marques de son courage et de son dévouement. Il eut le malheur de recevoir dans ce moment un violent coup de crosse de fusil sur l’épaule droite, qui, joint à sa blessure au genou, l’ont retenu sans pouvoir travailler depuis, quoiqu’il ait eu le courage de continuer le service jusqu’au samedi matin qu’il se retira, succombant de faiblesse et de douleurs. C’est M. le docteur Puzin qui lui porta des soins. Il connaît sa position, qui est déplorable, étant hors d’état de travailler et ne pouvant plus donner à son épouse et à sa mère les soins qui leur sont nécessaires. » Seul soutien de sa mère, âgée de soixante et onze ans et d’une jeune nièce, il sollicitait « un secours provisoire pour soutenir son existence et une pension ou un emploi quelconque ». Sa demande était apostillée par le docteur Puzin, chirurgien de la garde nationale à cheval ; Roussel, capitaine de voltigeurs dans la Ire légion de la garde nationale, qui certifia que Poirrier était « resté pendant les journées des 29 et 30 juillet dernier au poste de l’Elysée-Bourbon et qu’il s’y est conduit en bon citoyen » ; Montanes, « défenseur de la liberté », demeurant 14, rue du Rocher, qui certifia l’avoir vu « se battre vaillamment contre les Suisses au milieu de la rue des Poulies ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. On trouve l’observation suivante inscrite sur son dossier mais sans savoir quel crédit il faut apporter à sa véracité : « C’est un pauvre diable qui a voulu faire passer d’anciennes écrouelles ou humeurs froides pour des blessures reçues en juillet, mais le jury médical a repoussé cette prétention. Il a néanmoins reçu quelques secours et je crois qu’il n’a rien à prétendre. Sa femme a la langue bien pendue ; je crois qu’elle ne manquera pas d’harceler la Commission de la souscription nationale comme elle n’a cessé de tourmenter la Commission des récompenses, pour en arracher quelques secours. Il faut s’en défier. » Il renouvela cependant une demande de secours en mai 1831, parce que dans une « position affreuse » ; à cette occasion, le docteur Puzin, qui l’avait soigné, le recommandait une nouvelle fois aux membres de la Commission des récompenses nationales. Il reçut (sous le nom de Poirier, Jean-Baptiste sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et surtout in Archives nationales F/1dIII/39) la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné (sous le nom de Poirier, Jean-Baptiste), donna, le 21 décembre 1830, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de blessures légères actuellement cicatrisées au genou et au bas de la jambe du côté gauche et, suivant sa déclaration, de coups de crosse de fusil, lesquelles blessures n’ont laissé aucune infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement rangé dans la première classe de la deuxième catégorie des blessés. Il fut admis, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dans la 1re classe des blessés avec une indemnité de trois cents francs versés sur une année. Il reçut (sous le nom de Poirier, Jean-Baptiste), à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut sa médaille le 8 juillet 1831, et son brevet le 23 août de la même année. En 1831, à l’occasion du premier anniversaire des journées de Juillet, il reçut de la Commission de souscription nationale, en tant que blessé et décoré, une indemnité de cinquante francs et un habillement. Sa veuve reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1851, un ou dans doute deux secours de quarante francs en 1852, à titre de veuve d’un médaillé de Juillet. Il demeurait 10, rue Saint-Jean-Baptiste en 1830-1831 (parfois mais par erreur 12, rue Saint-Jean-Baptiste in Archives de Paris VK3 50) (et pourtant 10, rue de la Pépinière in Etat des blessés domiciliés à Chaillot, in Archives de Paris VD6 91 dossier Vallade) ; puis 34, rue de la Bienfaisance (par erreur 24, rue de la Bienfaisance in Archives de Paris VK3 50 et in Archives de Paris VK3 18 ; in Archives de Paris VK3 28 les adresses des 34, rue de la Bienfaisance et 10, rue Saint-Jean-Baptiste sont rayées pour laisser la place au 36, rue de la Bienfaisance) en 1831 ; sa veuve, 4, rue Mogador en 1849 ; 6, rue Mogador en 1851-1852. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 41 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 45 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 66 (sous le nom de Poirier, Jean-Baptiste) ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement, idem Etat des blessés ou soi-disant tels dont les secours ont été discontinués ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 5, idem liasse 7 liste des secours aux combattants ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; Archives de Paris VK3 18, Bordereau nominatif des combattants de Juillet qui ont reçu à la mairie du (ancien) Ier arrondissement sur les fonds de la souscription nationale, le paiement des 120 francs accordés par ladite souscription (sous le nom de Poirier, Jean-Baptiste), idem (ancien) Ier arrondissement, Ville de Paris, liste des individus blessés, décorés ou médaillés auxquels l’indemnité et l’habillement ou l’indemnité seulement ont été accordés ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (il est cité deux fois : la première c’est sous le nom de Poirier, Jean-François, balle au genou et blessé à l’épaule, demeurant 10, rue Saint-Jean-Baptiste, la seconde c’est Poirier, Jean-Baptiste, ouvrier, blessé, demeurant rue de Chaillot) et Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état nominatif des blessés de la 1re classe dont les bulletins individuels ont été remis le 19 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine (sous le nom de Poirier, Jean-Baptiste) ; Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence registre de la Souscription nationale, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe (sous le nom de Poirier, Jean-Baptiste) ; Archives de Paris VK3 50 (sous le nom de Poirier, Jean-Baptiste) ; Etat des blessés domiciliés à Chaillot, in Archives de Paris VD6 91 dossier Vallade ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Poivrier, Jean-Baptiste 34, rue de la Bienfaisance) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Poirier, Jean-Baptiste) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem, Proposition, en date du 25 mai 1851, d’accorder à 34 décorés, médaillés, veuves et combattants de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 1.895 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 186-188, idem Demandes de renseignements sur des décorés ou combattants de Juillet 1830, 12 janvier 1852, minutes 214 (sous le nom de Poirrier, Jean-Baptiste), idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 (sous le nom de Poirrier, Jean-Baptiste), idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 (sous le nom de veuve Porier). Il signe bien Poirrier. Voir Auguste, Eulalie, Nicole ?