Poissant, Carlos
Biographie
Né vers 1793 à Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais). Ancien chef d’escadron d’état-major, mis en demi-solde en 1815. Propriétaire. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 22 mars 1831, chef d’escadron à l’état-major général de la garde nationale, il sollicita auprès du roi la place d’adjudant provisoire du château de Saint-Cloud. Il précisait ainsi sa demande : « Mes titres à la faveur de Votre Majesté sont : mes services militaires dans la garde nationale active du département du Pas-de-Calais pendant les années 1813, 1814 et 1815, où j’ai été successivement sergent, sous-lieutenant, lieutenant, adjudant major et capitaine, ainsi que le prouve mes états de service dont copie est ci-jointe ; ma conduite pendant les journées de Juillet, attestée par les officiers supérieurs de la IVe légion, suivant certificats également ci-joints ; le 31 juillet, accompagnant le général Lafayette dans la salle du trône à l’Hôtel de ville, nous avons eu l’honneur de recevoir Votre Majesté et de la proclamer lieutenant-général du royaume. Le général Lafayette, dont j’ai exécuté les ordres pendant les journées de Juillet, pour m’en témoigner sa satisfaction, me nomma, le 7 août 1830, capitaine à son état-major et j’y ai fait le service le plus actif jusqu’à ce jour, sans un seul instant d’interruption ; au mois de décembre dernier, lors de la translation des ex-ministres de Vincennes à Paris, j’ai été envoyé auprès du commandant supérieur du Luxembourg pour y faire le service d’adjudant de la place ; j’y suis resté jusqu’au 25 décembre et j’y ai rendu de grands services, qui sont attestés par le certificat délivré par le colonel Feisthamel, annexé à cette demande ; dans les derniers troubles de février, sous les ordres de M. le général comte de Lobau, j’ai fortement contribué à dissiper les attroupements et le 14 au soir j’ai couru les plus grands dangers. Plein de confiance dans la bonté de Votre Majesté, etc. » Sa demande était apostillée par Lobau (voir Lobau (Mouton) comte de, Georges) : « J’ai beaucoup à me louer des services de M. Poissant et je serai très reconnaissant de ce que Sa Majesté daignera faire en sa faveur, d’autant que je le crois susceptible de servir le roi avec un grand succès. J’avais déjà recommandé M. Poissant, sous la date du 4 mars courant. Il sollicitait alors la place de commandant du château du Louvre. » Par le colonel Jacqueminot, qui précisait : « Il est impossible d’être plus digne que le pétitionnaire, pour le dévouement et l’activité qu’il a déployés dans nos mémorables journées. » Par les officiers de l’état-major « qui ont eu le plaisir de servir avec lui et qui ont su apprécier son caractère, sa conduite et son dévouement » : Hallez, colonel ; vicomte Rampon, chef d’escadron ; Feisthamel ; colonel Freant illisible ; colonel Du Roux illisible. Par Feisthamel, commandant supérieur du Luxembourg, « pour le service difficile que M. le capitaine Poissant a fait près de lui au Luxembourg pendant le procès des ex-ministres. Cet officier est du nombre de ceux qui ont une opinion fixe, solide et prêt à sacrifier leur vie pour le maintien du gouvernement actuel ». Par Gabriel Delessert, colonel de la garde nationale : « Je ne puis assez affirmer combien j’ai été témoin de ses bons services, aussi actifs que zélés et je pense que les bontés du roi ne peuvent être accordées à quelqu’un plus digne le les mériter. » Plus une autre signature illisible, maréchal de camp : « C’est un officier aussi zélé que sûr, d’une opinion aussi patriotique que vigoureuse, qui a rendu les plus grands services dans toutes les circonstances difficiles et qui remplira avec honneur toutes les fonctions qui lui seront confiées. » Poissant prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 17 mai 1831 à la mairie du (ancien) Xe arrondissement, reçut sa croix le 20 juin et son brevet le 31 août 1831. C’est sans doute lui qui, sous la signature de Poissant, capitaine adjoint à l’état-major du général Lafayette, attesta que Seugnot avait « montré un grand courage pendant les trois journées de Juillet et qu’il s’est constamment battu et mérite d’être distingué ». En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Poissand), auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 12, rue d’Anjou-Dauphine en 1830 ; 11, rue d’Anjou-Dauphine en 1831 sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 545 n° 3 ; 5, rue Bertin-Poirée en 1831 ; 25, quai Saint-Michel en 1831 in Archives nationales F/1dIII/36. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Seugnot, Hilaire, Edme ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des décorés du Xe arrondissement, sous le nom de Poissand, Carlos) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales MI 217 23 ; Journal de la Restauration et des Cent-Jours à Montreuil-sur-Mer, Lhomel, chez Lafosse, Abbeville, 1908, troisième partie, p. 60 (qui cite la référence Archives nationales F/7/6796/pièce 674).