Polin, Jacques, Achille

Biographie


Né vers 1802 à Langres (Haute-Marne). Clerc de notaire chez Me Grenier, 13, rue du Faubourg-Montmartre. Il fut armé, avec deux autres clercs, par le notaire qui l’employait. Le 15 janvier 1831, il adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Elevé dans les principes de dévouement à ma patrie et à nos libertés, je n’ai vu dans ma coopération aux événements de Juillet que l’accomplissement d’un devoir et il ne m’est point venu à l’esprit qu’elle dût me mériter une récompense. Mais la France, dans sa générosité, en a jugé autrement : elle veut que votre voix proclame les noms des enfants de sa révolution. C’est consacrer leur gloire, c’est un honneur insigne, qui devient l’ambition de mon cœur et le sujet de toutes mes pensées. Agréez donc, messieurs, mes réclamations s’il en n’est encore temps. La latitude qui m’est laissée ne me permettant pas de m’appesantir sur les détails de ma conduite, comme je pourrais le faire de vive voix, je me bornerai à indiquer seulement mes principales actions. Je me suis trouvé, le mercredi, exposé en face le feu des troupes qui masquaient la porte Saint-Denis, et plus tard au milieu de celui de la rue Montorgueil je fus dans un si grand péril que la fumée des décharges se dissipant me découvrit un Suisse tué à cinq pas de moi et trois autres à différents distances. Le jeudi matin, je me réunis dans la cité Bergère à une troupe qui s’y formait. De là, nous nous dirigeâmes sur le Théâtre-Français et ne quittai cette place qu’après la victoire. Le soir à 11 heures, sur le bruit qui se répandit que quinze mille hommes de troupes royales devaient entrer à Paris dans la nuit, nous résolûmes, moi quatrième, d’aller à leur rencontre en tirailleurs et nous nous adressâmes à l’état-major de la Bourse pour obtenir des renseignements propres à diriger notre marche : il nous fut répondu que rien n’était moins certain que cette nouvelle, que nous devions renoncer à notre projet et qu’il serait bien plus essentiel d’employer tous nos moyens d’avoir du plomb, seules munitions qui manquassent entièrement. Nous en prîmes l’engagement et le remplîmes au bout d’une heure. Depuis lors, la tranquillité établie ne fut plus guère troublée que par les tentatives que firent les prisonniers de La Force pour rompre leurs fers. J’y courus et ne me retirai que lorsque tout fut rentré dans l’ordre. Je joins à cette analyse, messieurs, des notes justificatives propres à éclairer votre justice et assurer ma confiance. Si après l’examen qu’en aura fait votre commission mes services lui paraissaient suffisamment constatés et qu’elle les juge dignes d’une marque de distinction, j’accepterai avec une profonde reconnaissance celle qu’elle croira convenable de m’accorder mais j’avouerai cependant qu’une lieutenance ou même une sous-lieutenance dans l’armée comblerait tous mes vœux car elle me mettrait à même de combattre pour nos libertés et me laisserait l’espoir de mourir un jour pour cette noble cause. » Dans une note plus concise, il décrivait ainsi sa participation : « […] Le mercredi, armé avec deux de nos clercs par M. Grenier, notaire, je fus presque aussitôt en la présence des Suisses, rue Montorgueil. La fumée de la décharge m’empêchant de m’orienter et de me mettre à l’abri, je me trouvai mêlé au milieu d’eux et lâchai mon arme presque à bout portant et me sauvai de ce mauvais pas par le plus grand hasard. Le jeudi, je me réunis dans la cité Bergère à une troupe qui fut dirigée au Palais-Royal et ne me retirai que pour escorter la pièce de canon qui revenait. Le soir, décide avec plusieurs personnes à aller en tirailleurs au-devant des… » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier : « Je certifie que, décidé à marcher contre la grade royale qui devait rentrer à Paris dans la nuit, M. A. Polin, moi et deux autres personnes ne mîmes pas ce projet à exécution que dans l’espoir, qui se réalisa, de procurer des munitions de plomb à l’état-major de la garde nationale se tenant à la Bourse, qui en avait le plus grand besoin. » Signé, le 25 janvier 1831 : Grandjean (voir Grandjean, François, Adolphe), demeurant 13, rue du Faubourg-Montmartre. Le deuxième certificat : « Je, soussigné, certifie que M. Achille Polin est un des quatre citoyens qui vinrent, le jeudi 29 juillet à 11 heures du soir, me faire part du pressant besoin de plomb où était le poste de la Bourse et de l’urgence qu’il y avait de l’en approvisionner, ce que je fis faire aussi promptement qu’il me fut possible et aussi bien que, pris au dépourvu, je pouvais le faire. » Signé, le 24 janvier 1831 : …anard, propriétaire des bains à domicile, 4, rue du Faubourg-Montmartre. Le troisième certificat : « Je certifie que 30 juillet dernier M. Achille Polin s’est transporté en armes à La Force, au moment où on craignait l’évasion des prisonniers et qu’il n’a quitté le poste que lorsque la troupe armée dont il faisait partie en a reçu l’ordre. » Signé, le 31 août 1830 : Jacquier, marchand de meubles, demeurant 63, rue Beaubourg. Le quatrième certificat : « Je, soussigné, notaire à Paris, certifie qu’il est à ma parfaite connaissance que M. Achille Polin était armé d’un fusil à deux coups lors des événements de Juillet et qu’il s’est porté avec empressement et ardeur sur divers points. » Signé le 5 février 1831 : Grenier. Le cinquième certificat : « Je, soussigné, certifie que M. Jacques, Achille Polin faisait partie d’une colonne de cent hommes environ qui le jeudi 29 juillet partit de la cité Bergère pour se rendre vers le Théâtre-Français, où les Suisses étaient alors retranchés, que nous marchâmes à côté l’un de l’autre jusqu’au monument en construction sur l’emplacement de l’ancien opéra, que là nous nous séparâmes sur l’ordre du commandant de la colonne, qui nous conseilla d’occuper les maisons voisines et de nous mettre aux fenêtres afin d’arrêter avec nos armes à feu la marche des Suisses, qu’un faux avis lui avait représentés comme victorieux en s’avançant sur nous. M. le commandant de la colonne était un homme de quarante-cinq ans environ, teint coloré, taille de 5 pieds 5 pouces environ, couvert d’un habit bleu et décoré ; on me dit qu’il se nommait Delaborde et qu’il avait servi dans l’ancienne garde impériale ; plusieurs fois depuis je l’ai rencontré dans Paris et je le reconnaîtrais facilement. » Signé, le 24 janvier 1831 : Donnet, principal clerc de notaire chez Grenier, notaire, 13, rue du Faubourg-Montmartre. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous la profession d’ouvrier), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 10, rue du Grenier-Saint-Lazare en 1830 (qui est effectivement sa bonne adresse) ; 13, rue du Faubourg-Montmartre (qui est ladresse de létude dans laquelle il travaillait) en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives nationales F/1dIII/34 et surtout dans ladresse quil donne dans la lettre quil rédige in Archives de Paris VD6 173 n° 1. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement. Dans le Journal de Paris du 28 août 1817, il y a un Achille Polin condamné pour tapages dans un théâtre… cest le même ? il correspondrait quant à lâge…

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