Pommeret, Pierre, Modeste
Biographie
Né le 1er ventôse an III à La Guéroulde (Eure), fils de Pommeret, Louis et de Dumoutier, Marie, Catherine, son épouse. Cocher. Il fut gravement contusionné à la poitrine par un coup de crosse de fusil, qui lui cassa plusieurs côtes et lui entraîna des difficultés respiratoires, le 28 juillet dans la rue Neuve-Saint-Roch. Le certificat médical suivant constatait la blessure qu’il avait reçue : « Je, soussigné, médecin du bureau de charité du (ancien) Xe arrondissement, quartier de la Monnaie, certifie que le mercredi 28 juillet dernier, à 8 heures du soir, j’ai donné mes soins en mon cabinet au nommé Pommeret, demeurant rue de l’Egout n° 7, qui venait de recevoir une violente contusion au milieu de la poitrine ; que j’ai continué à voir ledit sieur à son domicile ; qu’il est encore aujourd’hui trop faible pour reprendre son travail ; certifie en outre qu’il a le plus grand besoin de secours. » Signé, le 11 août 1830 : Bichebois, médecin. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 20 avril 1831, sur l’attestation de Blanche, cordonnier, demeurant 27, rue du Vieux-Colombier, et de Bailly, menuisier, demeurant 2, Petite-Rue de Taranne, le maire du (ancien) Xe arrondissement certifia que Pommeret était « dans une situation nécessiteuse ». Le 9 mai 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Brunon, Jean-Claude, Hippolyte, sellier, demeurant 41, rue des Saints-Pères ; Gregoire, Joseph, domestique, demeurant 63, rue des Saints-Pères ; Bricq, Toussaint, Joseph, cocher, demeurant 49, rue d’Enfer-Saint-Michel. Ils attestèrent que Pommeret, Pierre, Modeste avait « été blessé en combattant rue Neuve-Saint-Roch, le 28 juillet 1830 ». Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 29 janvier 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de contusions à la partie supérieure et antérieure de la poitrine, du côté gauche, par suite de coups de crosse de fusil, lesquelles ont déterminé une fracture des cotes, suivie de dépression, de grande gêne, de grandes difficultés dans la respiration et qui doit le faire ranger dans la troisième classe des blessés. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de trois cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il avait épousé Roux, Benigne, née vers 1803 à Messigny (Côte-d’Or), et avait une fille Constance, Joséphine, née à Paris mais qui vivait à Messigny, chez son grand-père, Roux, Claude, en 1831. Il mourut le 15 août 1833, à l’hôpital de Dijon, près de la famille de sa femme où il avait tenté de se soigner. Le chirurgien en chef délivra à sa veuve le certificat suivant : « Je, soussigné, […] certifie que le sieur Pommeret vient de succomber […] à la suite d’une opération de castration que je lui avais faite pour le débarrasser d’un testicule cancéreux, maladie qui l’eût fait périr inévitablement. Cette maladie s’est développée à la suite des journées de Juillet, pendant lesquelles il reçut plusieurs blessures, dont l’une d’elles avait affecté gravement la poitrine, puisque depuis cette époque il crachait une matière puriforme ; ces différentes causes ont contribué à l’événement de sa mort. » Sa veuve, mère de trois filles, « sans moyen d’existence » sollicita la continuation du versement de la pension de son mari, ce qu’elle ne put obtenir. Le préfet de la Seine donna comme renseignement sur son compte : « La demande de la dame Pommeret n’est pas fondée, quant aux titres qu’elle fait valoir ; mais il est vrai qu’elle est sans moyens d’existence et qu’étant chargée de trois enfants en bas âge, elle se trouve dans une position fort malheureuse. C’est à ce titre qu’elle mérite d’être secourue. » « Tombée dangereusement malade, […] affligée d’une hernie qui lui rend impossible le travail le moins pénible », elle sollicita de nouveau un secours. Dans l’hiver 1834-1835, elle n’avait plus que deux enfants et restait « sans feu et parfois sans pain ». Elle reçut un secours de cent francs. Elle reçut un secours de quarante francs en 1849, en 1850, en 1851 et en 1852, au titre de veuve d’un combattant de Juillet. Pommeret demeurait 7, rue de l’Egout en 1830 ; 27, rue du Vieux-Colombier puis 29, rue de Grenelle-Saint-Germain en 1831 ; sa veuve, 1, rue Saint-Nicolas dans le faubourg Saint-Antoine, chez M. Vedrine, en 1833 ; 79, rue de Charenton à la fin de l’année 1833 ; 2, rue Neuve-du-Colombier (mais bien et presque sûrement 4, rue Neuve-du-Colombier au 5e étage in Archives nationales F/9/1156, dans les nombreuses correspondances de la veuve) dans le Marais en 1834 ; 137, rue Saint-Antoine en 1834-1835 ; 4, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie (mais 14, rue Poupée in Archives nationales F/9/1154) en 1835 ; sa veuve, 10, rue des Nonandières en 1849 ; 5, rue des Nonaindières en 1850 ; 31, rue des Nonandières en 1851 ; 5, rue des Nonandières en 1852. Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 114 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 3e classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 109 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (3e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 3 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier Lawendowski, Jean, Etienne, F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, blessés de 3e classe ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet, 1831-1835, F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63-65, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852.