Popelard, Michel, Armand

Biographie


Né vers 1813 à Paris. Artiste peintre. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet la lettre suivante à la Commission : « J’ai l’honneur de vous adresser une demande d’officier dans l’infanterie de l’armée, où j’ai servi de 1839 à 1846. Les titres sur lesquels je m’appuie et qui me donnent des droits à la sollicitude du gouvernement sont premièrement une attestation du citoyen Lucien Manteau (voir Manteau, Lucien), délégué des décorés de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement, laquelle constate que j’ai contribué avec dévouement et au péril imminent de ma vie à la révolution de juillet 1830. Ledit citoyen ajoute que j’aurais été décoré de la croix spéciale si je m’étais présenté à la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement dont il faisait partie et dans la circonscription duquel je demeurais moi-même à cette époque. L’état de maladie grave de mon père, qui a précédé sa mort, ne m’a pas permis de faire les démarches nécessaires pour faire valoir mes droits. Ledit citoyen atteste ensuite ma conduite dans les événements des 5 et 6 juin 1832, dont il a été témoin, ainsi de des faits précédents. Arrêté le 6 juin, étant blessé, je fus écroué à la Conciergerie mais sur la demande de ma mère, motivée par l’état de ma blessure, je fus transféré à Sainte-Pélagie mais noté avec un petit nombre de détenus et signalé par l’administration de la prison à cause de notre patriotisme et de notre influence. Je fus par mesure de rigueur exceptionnelle transféré avec eux à La Force et de là amené à la Conciergerie. C’était pendant l’hiver ; j’y tombais dangereusement malade et c’est de l’infirmerie de la prison que je fus transféré pour subir mon jugement. Ces antécédents politiques ont été très nuisibles à ma carrière d’artiste, en me privant de la ressource des travaux du gouvernement, aussi ai-je eu une existence très pénible. La révolution qui vient d’avoir lieu, en me privant des travaux particuliers dont je pouvais disposer, me laisse sans ressources. J’espère donc, citoyen ministre, que vous apprécierez dans votre justice les droits mentionnés ci-dessus dont les pièces justificatives ont été soumises à la vérification de la Commission des récompenses nationales. J’ajouterai, citoyen ministre, que je regarderai comme une faveur de faire de nouveau partie du 66e régiment de ligne, qui est celui où j’ai déjà servi. » Il soignait à sa demande le procès-verbal de son interrogatoire (dressé sous le nom de Popelard dit Jules), en date du 12 juin 1832, dans une procédure suivie contre Ledouble, Monnotte, Piet, Ducis et lui-même, insurgés des 5 et 6 juin 1832 ; ce procès-verbal indique que Popelard avait été arrêté le mercredi 6 juin vers 13 heures devant la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, alors qu’il avait le bras en écharpe. Interrogé, il répondit avoir été blessé à l’épaule parce qu’en rentrant, vers 9 heures, à son atelier, qui donnait sur la place de la Bastille, il avait été regarder les barricades et, alors qu’il se trouvait dans une allée, une balle, par ricochet, lui avait atteint le haut de l’épaule. Il joignait aussi ce certificat : « Nous, soussignés, requis par M. Michel, Armand Popelard de certifier les motifs à notre connaissance qui l’ont déterminé à entrer dans l’armée en qualité de remplaçant en 1839, déclarons savoir personnellement qu’il n’a pris cette détermination que par dévouement pour sa mère, qui se trouvait dans une position très embarrassée. La mère de M. Popelard venait d’être victime d’une perte considérable, qui lui faisait retirer le crédit dont elle avait besoin pour soutenir son petit commerce qui était son seul moyen d’existence. M. Popelard, ne pouvant venir en aide à sa mère avec les seules ressources que lui procurait sa carrière d’artiste et profondément touché du désespoir auquel sa mère était en proie dans la perspective d’une faillite, qui était un déshonneur à ses yeux et dont elle ne pouvait supporter la pensée, conçut et réalisa le projet de venir à son secours en recourant au seul expédient qui était alors à son pouvoir. Les personnes qui ont eu connaissance de cet acte de dévouement, tout en regrettant la précipitation avec laquelle il a été accompli, ont applaudi intérieurement aux sentiments généreux qui l’ont inspiré. Les soussignés notamment s’estiment heureux de trouver en ce moment l’occasion de témoigner à M. Popelard le degré d’estime qu’il a acquis à leurs yeux, en faisant ainsi le sacrifice de sa position et de ses principes. » Signé le 15 avril 1848 : Cadres, Emile, avocat au tribunal d’appel ; Laviron, demeurant 30, rue Hautefeuille ; Leroy, ancien négociant. L’attestation de Manteau, Lucien, dont faisait état Popelard, comme pièce justificative, est absente de son dossier. Dans son dossier, il est fait mention de six mois de détention préventive. Sa demande fut rejetée par la Commission, n’ayant pas répondu aux convocations de la Commission (la dernière en date du 3 novembre 1848) ou l’adresse où les convocations avaient été envoyées n’étant pas la bonne. Son nom apparaît dans le Bulletin des lois pour un brevet d’invention de quinze ans, déposé le 4 avril 1851, au secrétariat de la préfecture de la Seine, pour « un genre de ouates filasses propres ou applicables à divers usages ». Il demeurait 14, rue de la Cerisaie (le courrier revint en 1848 avec la mention Inconnu à cette adresse) en 1832-1848 ; aussi 3, rue du Musée (le courrier revint avec la mention Inconnu à cette adresse mais sans doute à l’adresse 3, rue du Murier) en 1848 ; aussi 49 bis, rue de la Chaussée d’Antin en 1848 ; 38, rue Saint-Lazare en 1851. Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 2e catégorie, pensions ; Archives de la préfecture de police AA 408 ; Bulletin des lois de lEmpire français, XIe série, décembre 1852 et premier semestre de 1853, tome premier, n° 37, p. 532. Il est aux Archives nationales Minutier MC/ET/XCV/610, demeurant 38, rue Saint-Lazare, sa veuve Heliot, Rose, rentière, et son fils.

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