Pornay, Hippolyte, François
Biographie
Né le 17 septembre 1778 à Paris, paroisse de Saint-Sulpice, fils majeur de Pornay, Hippolyte, perruquier, et de Pinpernet, Marie, son épouse. Ancien officier au 9e régiment des hussards. Il reçut un total de deux cent quarante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Un certificat, le concernant et signé par une trentaine de gardes nationaux était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, membres de la garde nationale de Paris et autres, certifions et attestons à tous ceux qu’il appartiendra que, dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, les sieurs Hippolyte, François, Pornay, ancien officier des hussards, 9e régiment, maintenant grenadier au 4e bataillon, Ve légion, demeurant rue Carême-Prenant, n° 8, faubourg du Temple ; Edouard Meissner (voir ce nom), caporal à la 2e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion, rue de la Ferme-des-Mathurins, n° 25 ; Jean-Pierre Menten (voir ce nom), ancien militaire, grenadier de la Ve légion, 4e bataillon, instructeur des grenadiers de sa compagnie, rue Carême-Prenant, n° 8, faubourg du Temple, se sont comportés avec le plus grand courage et une intrépidité remarquable dans les journées de Juillet. Ils méritent une mention honorable parmi les défenseurs de nos libertés. Le 27, au rassemblement devant l’hôtel Polignac, au ministère des Relations extérieures, invités à se retirer, ils persistèrent à ne pas abandonner leurs braves concitoyens et restèrent constamment pour suivre le mouvement populaire. Le 28, près de la porte Saint-Denis, l’affaire devenant très chaude, les anciens militaires reconnurent le brave général baron de Lacroix parmi la foule et se réunirent à lui. Il les forma sur-le-champ en division sous ses ordres, et exécuta des feux de section avec une telle précision et d’un tel effet qu’après avoir mis hors de combat le lieutenant-colonel du 3e régiment de la garde royale et beaucoup de ses soldats, la garde, serrée de trop près, fit un mouvement rétrograde. Pendant les trois mémorables journées, les trois dénommés ci-dessus n’ont cessé de combattre aux Tuileries et au Louvre ; dans les attaques, ils se réunirent de nouveau sans le général de Lacroix et contribuèrent vigoureusement au succès qui couronna le courage de nos braves jeunes gens. Leur zèle à travailler aux barricades mérite aussi les plus grands éloges et c’est avec plaisir que nous les recommandons à la reconnaissance nationale. » La lettre était signée de très nombreux noms, dont Bréon, demeurant 14, rue du Carême-Prenant ; Ragot, chasseur à la 2e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion de la garde nationale, demeurant 25, rue de la Ferme ; M. Thorest, demeurant 14, rue du Carême-Prenant ; C. Baron, employé à la Chambre des députés, demeurant 27, rue d’Angoulême ; Krettly, capitaine, demeurant 25, rue Charlot ; Krettly, J. fils, sous-lieutenant au 53e de ligne, demeurant 25, rue Charlot ; Philpin ; Tard (illisible), demeurant 26, rue Croix-des-Petits-Champs ; Boyaud, Louis (voir ce nom), demeurant 1, rue des Quatre-Vents ; Gauthier, demeurant 23, rue de Flandres à La Villette ; Lehé (ortho pas sûre du tout), demeurant 27, rue Galande ; Robert (la première lettre n’est pas sûre), demeurant 14, rue du Carême-Prenant ; Desbant, demeurant 16, rue Tronchet ; Merille, demeurant barrière de la Sente chez M. Gouge, marchand de vins ; Gosse, demeurant 14, rue du Carême-Prenant ; Krettly, garde national au 4e bataillon des grenadiers de la IIe légion, demeurant 7, rue du Port-Mahon ; Darde (ortho pas sûre), garde national à la 1re compagnie du 2e bataillon de la XIe légion, demeurant 1, rue du Petit-Lion-Saint-Sulpice ; Pontecoulant, demeurant 8, bd Saint-Denis ; Gohin (voir ce nom), ancien sous-officier, demeurant 8, rue du Carême-Prenant ; Maréchal (voir ce nom), ancien officier, demeurant 18, rue Cassette ; de Lacroix, baron de Buegard, qui ajouta l’apostille suivante : « Je certifie et atteste avoir vu les dénommés ci-dessus combattre avec une persévérance et un courage héroïques pendant les journées de Juillet, notamment le 28 contre les derniers efforts des satellites du despotisme, lorsque les anciens militaires me demandèrent de le commander. Ils me jurèrent tous de vaincre ou mourir avec moi et chacun de ces braves a payé avec intrépidité son tribut de courage à la liberté et à la patrie. Ils sont dignes de fixer l’attention de la Commission, ayant bien mérité de la Nation. » Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il signa, le 15 août 1830, le certificat suivant en faveur de Lacroix de, baron de Buegard : « Nous, soussignés, membres de la garde nationale de Paris et autres, certifions et attestons que dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, M. le lieutenant général de Lacroix baron de Boegard a bien mérité de la patrie et c’est avec plaisir que nous citons la conduite héroïque de ce vétéran de l’ancienne armée impériale, déjà connu sous le nom de l’intrépide de Lacroix, que lui donna Napoléon. Dans les mémorables journées de Juillet, il donna l’exemple du courage qui brave la mort et sait vaincre. On le vit partout où était le danger, où le conseil était nécessaire et dirigeait (avec cette supériorité de jugement que donne une longue expérience) la valeur des défenseurs de nos libertés. Il nous dit qu’il n’y avait plus à marchander, qu’il fallait vaincre ou mourir. Le 27, au rassemblement devant l’hôtel Polignac aux Relations extérieures, l’officier de gendarmerie de service au ministère et un officier du 3e régiment de la garde royale l’ayant reconnu lui dirent : “Général, nous vous invitons à vous retirer ; vous êtes exposé à être arrêté comme chef de ces factieux.” Il leur répondit : “Si je joue aujourd’hui ma tête, j’en fais volontiers le sacrifice. Je suis assez vieux pour n’avoir plus qu’à vaincre pour la charte ou mourir pour ma patrie.” Le 28 juillet, près de la porte Saint-Denis, l’affaire devenait chaude. Parmi la foule des braves, se trouvèrent grand nombre d’anciens soldats dont il avait été le colonel. Ayant été reconnu par eux, ils se formèrent sur-le-champ, en division. Sous ses ordres, ils exécutèrent des feux de section avec une telle précision et d’un tel effet qu’après avoir mis hors de combat le colonel du 3e régiment de la garde royale et beaucoup de ses soldats la garde fit un mouvement rétrograde. Serré de trop près, le brave général de Lacroix fut blessé sur le Pont-Neuf d’un coup de lance. Le lancier fut abattu d’un coup de pistolet. Il ne cessa cependant de continuer à combattre à la tête des braves qui s’étaient replacés sous ses ordres. Il se trouva successivement aux attaques des Tuileries et du Louvre. Le soir, lorsque le feu cessait, il engageait à travailler aux barricades et abattis pour être prêts à une vigoureuse résistance. Le lendemain, il passait la nuit à la Bourse pour être averti en cas d’attaque […]. » Il signa, le 6 août 1831, le certificat suivant en faveur de Langevin, Louis, Aimé, Prosper, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Lors des événements de juillet lorsque la France était dans une agitation alarmante que dis-je dans un désordre complet, le sieur Louis, Prosper Langevin, animé du meilleur zèle et suivant les traces d’un citoyen rempli d’honneur, a fait dans l’intérêt de l’indépendance et de la noble cause de la liberté ce qu’une personne sage, prudente, courageuse eût dû faire en pareille circonstance. Les faits suivants attesteront d’une manière irrévocable ce que nous avons l’honneur de vous exposer et d’attester sur notre honneur. Le 28 au matin, vers 11 heures, sans cependant le préciser, il a combattu d’une manière digne d’éloges à la porte Saint-Martin, ayant essuyé les feux du 3e de la garde avec d’autres régiments qu’on ne peut ni préciser ni reconnaître, attendu que dans des combats partiels toutes les troupes sont pêle-mêle. Il a également sous sa direction et surveillance fait construire des barricades pour s’opposer au choc des insurgés de ligne, c’est-à-dire 50e et autres, dans la rue Carême-Prenant et endroits adjacents. Il a toujours redoublé de zèle, d’activité et de courage pour prouver que dans son cœur il n’existait point de germe de faiblesse et de pusillanimité. Les sacrifices notables qu’il a faits pour administrer des secours à ceux qui étaient dans le plus grand besoin et pour lesquels il n’a jamais réclamé la moindre indemnité prouvent combien il serait à désirer qu’un pareil citoyen ne fût point oublié dans la distribution des croix qui va bientôt se faire. » Perruquier en 1848, il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, sollicitant un secours et une place. Il adressa en effet la lettre suivante à la Commission : « […] A l’honneur d’exposer qu’il est un ancien militaire, couvert de sept blessures dont deux dans les affaires de Juillet, qu’il est sans pension, sans fortune, père d’une nombreuse famille, âgé de soixante-dix ans et son épouse de soixante-seize ans, la vue très courte et blessé, ancien huissier de Chambre à la préfecture de Nantes, emploi qu’il a perdu pour avoir sauvé la vie à deux officiers de l’ancienne armée, les MM. Raimond et Gamelon, dans la conspiration du général Berton, les deux officiers étaient logés chez moi, en chambre garnie. Ayant averti, c’est le général Lespinois qui me fit perdre ma place, père de huit demoiselles, et je suis venu végéter à Paris depuis cette époque. Avant, j’avais eu l’honneur d’être coiffeur de la maison de l’Empereur. A son passage à Nantes, où il est resté plusieurs jours, me laissant l’estime général de toute sa maison. Depuis j’ai occupé partie du manuscrit brûlée places où j’ai tous mes certificats légalisés la conduite que j’ai toujours partie du manuscrit brûlée Je me suis trouvé aux affaires de Juillet et à Saint-Merri, où j’ai reçu deux blessures. Je demeurais au (ancien) Ve arrondissement, où j’ai fait le travail pour les décorés à la mairie. J’ai été nommé chef d’escouade à la salle Saint-Jean, où j’ai resté six jours de garde sous les ordres du M. le préfet de la Seine, M. Odilon-Barrot. Je n’ai pas reçu mon brevet ni ma croix. J’ai toujours reçu mes secours tous les ans comme tous mes camarades. Voici deux ans que je n’ai pas reçu les vingt-cinq francs et seize mois pour les quarante francs. Je me suis présenté au ministre de l’Intérieur. M. Pillau m’a dit que j’étais pour recevoir voici près de deux mois et je n’ai encore rien reçu, et je ne suis pas heureux ni ma famille non plus. Au ministère de la Guerre, voici la quatrième année que je n’ai rien reçu […]. » Il donnait aussi les précisions biographiques suivantes : « J’ai été combattant de la Bastille et eu l’épaule cassée à cette époque et dont je souffre beaucoup. En 1830, j’ai été capitaine de recrutement dans les volontaires parisiens, nommé par le général Lacroix de Beauregard (voir Lacroix de, baron de Boegard, Irénée), le général Dufour (voir ce nom) et le général Montauban. » Sa demande fut rejetée par la Commission. Il reçut un secours de quarante francs en 1850, à titre de blessé de Juillet. Il avait épousé en l’an X Bernard, Marie, Julie, lingère, née le 28 mai 1773 à Nantes (Loire-Atlantique). Il demeurait 8, rue du Carême-Prenant en 1830 ; 10, rue grande rue Royale (qui fut rebaptisée rue de la Nation) à Montmartre, barrière Rochechouart en 1848 ; 71, rue Rochechouart en 1850. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ve arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 74 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels du Ve arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 75 (sous le nom de Pornay, Hippolyte) ; Archives de Paris VD6 92 in dossier Meisner, Edouard ; Archives de Paris VK3 43 in dossier Lacroix de, baron de Buegard ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/72 (sous le nom de Pornay, François, Hippolyte) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ve arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ve arrondissement, cas exceptionnels (sous le nom de Porny, Hippolyte) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Langevin, Louis, Aimé, Prosper ; Archives de la préfecture de police AA 408.