Porte, Frédéric, Marie
Biographie
Né le (9 floréal an V) 9 mai 1797 à Paris. Ouvrier bijoutier chez Pelletier. « Pendant les journées des 28 et 29, habillé en uniforme de garde national, il fut choisi par plusieurs ouvriers comme chef d’un détachement. Il a assisté avec son peloton aux affaires de la Grève, du Louvre et des Tuileries », expliquait-il dans une lettre adressée au maire du (ancien) VIe arrondissement. Sa lettre était revêtue de plusieurs apostilles. La première apostille, de Pelletier, électeur, qui précisait : « Le nommé Porte, travaillant dans mes ateliers, m’est connu pour un galant homme et je certifie avoir connaissance des faits énoncés à la présente. » La deuxième apostille de Devilla..., marchand de vin, demeurant 10, cour Batave, qui ajoutait : « Je, soussigné, avoir bien connaissance d’avoir vu plusieurs fois le porteur du présent et s’être bien montré pour la bonne cause. » La troisième apostille, de Fauchon, demeurant 19, rue des Gravilliers, qui témoignait : « Je certifie que le nommé Porte, que je connais depuis douze ans pour un galant homme s’est montré dans les journées du 27 et 28 juillet, vêtu d’un uniforme de garde national à la tête d’un peloton et qu’il a bien combattu pour la bonne cause. » Dorlé, demeurant dans le quartier Saint-Nicolas-des-Champs, qui certifiait : « Je soussigné que le nommé Porte, que je connais depuis plusieurs années pour un galant homme s’est montré dans les journées des 28 et 29 juillet, a passé devant ma porte à plusieurs reprises avec un peloton pour combattre pour la bonne cause. » En 1832, chasseur à la 6e compagnie du 1er bataillon de la IIe légion de la garde nationale, il transmit au roi un placet ainsi rédigé : « […] Heureux d’avoir été choisi pour faire partie de la députation de sa légion, qui vient féliciter Votre Majesté d’être échappée au coup qui lui était porté [l’attentat de Bergeron, qui fut accusé d’avoir porté un coup de pistolet sur le roi, le 19 novembre 1832, N.D.A.], profite de cette circonstance pour exposer à Votre Majesté qu’il est un combattant de juillet 1830, que, depuis ce temps jusqu’en juin 1832, il s’est trouvé comme garde national partout où il a fallu rétablir le bon ordre et soutenir le trône. Malgré ce qu’il soumet aux yeux de Votre Majesté et cinq signatures à l’appui de sa demande, il n’a pas obtenu la croix, qu’il sollicite de vous. » Par deux lettres, en mai 1832, et réuni avec d’autres (voir la liste à Lami Hinault) dans une société de réclamants, qui se réunissait au 6, rue Dalayrac, il sollicitait du roi et du ministre de l’Intérieur, l’aboutissement des démarches entreprises par eux pour la prise en compte de leurs droits comme combattants de Juillet ; de la même manière, ils assuraient que, « défenseurs de la liberté », ils le seraient « toujours de leur roi citoyen et du gouvernement qu’il aura choisi ». De la même manière, il était compris dans une liste de combattants que de Lacroix, baron de Boegard (voir ce nom), président de la Commission des réclamants combattants de Juillet, faisait parvenir, dans deux lettres en date des 15 juin et 6 août 1832, au ministre de l’Intérieur, afin de solliciter une réponse sur l’issue des démarches faites par plusieurs des combattants qui estimaient avoir été lésés dans leurs droits aux récompenses nationales. Ces combattants, faisait savoir de Lacroix, « désavouent ceux d’entre eux qui auraient pu participer aux derniers événements qui ont ensanglanté la capitale (l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, N.D.A.) ; loin d’eux toute idée de renverser un trône qu’ils ont élevé au prix de leur sang ! Ils ne désirent que prouver au gouvernement du roi qu’ils sont et seront toujours prêts à mourir pour la dynastie qu’ils ont fondée. […] La plus grande partie des réclamants ont déjà la médaille et se sont toujours empressés, à chaque émeute, d’aller combattre les agitateurs et de faire rentrer dans le devoir, par leurs conseils, ceux de leurs camarades qu’on aurait pu égarer un instant […] ». De Lacroix donnait les précisions suivantes sur les faits dans lesquels s’était illustré le réclamant : « La Grève, rue Saint-Honoré, la prise du Louvre et des Tuileries. Demande la Croix de Juillet et une place quelconque. Etant chef d’atelier, il se mit à la tête des ouvriers et les guida par son courage. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il était alors monteur de gaz. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé et qui reprenait sa participation aux combats de Juillet : « Je, soussigné, certifie que le nommé Frédéric, Marie, Porte, bijoutier, s’est trouvé le 28 juillet 1830 aux barricades de la porte Saint-Martin et qu’il s’y est bien conduit. En foi de quoi je lui ai délivré le présent pour lui servir au besoin et pour remplacer celui que je lui ai délivré précédemment et auquel je m’en rapporte entièrement. » Signé le 14 juin 1831 : Tard, demeurant dans le quartier de la porte Saint-Martin. Ce certificat était apostillé, le 12 mars 1848, par Boura, Charles, élève de l’Ecole polytechnique, qui priait le maire du (ancien) VIe arrondissement « de faire droit à cette pétition, s’il y a lieu ». Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « J’atteste avoir vu le sieur Porte un des premiers travailler et stimuler ses concitoyens à faire les barricades de la rue Saint-Denis aux endroits des rues du Caire et du Ponceau et qu’après cette pénible opération il s’est transporté armé d’un fusil à l’attaque du château des Tuileries d’où il n’a quitté qu’après que celui-ci fut en notre pouvoir. » Signé, le 15 mars 1848 : Santerre, marchand de vin, demeurant 328, rue Saint-Denis. Un autre certificat, signé du même Santerre mais en date du 8 août 1848, reprenait les mêmes termes et était apostillé de la signature de Simart, lieutenant en second, demeurant 22, rue d’Argenteuil. Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. Il s’était marié le 16 juillet 1816 et était père de deux fils, âgés de trente et vingt-neuf ans en 1848 et alors à sa charge. Il agrémentait sa signature des trois points maçonniques. Il demeurait 20, rue Transnonnain en 1830-1832 ; 20, rue d’Aboukir ou 20, rue Villeneuve en 1848. Archives nationales F/1dIII/72 (sous le seul nom de Porte) ; Archives nationales F/1dIII/82 (sous le nom de Porte, Frédéric, Marie) et aussi lettre en date du 28 mai 1832 adressée au roi ; Archives de la préfecture de police AA 408.