Potard, Jean-François
Biographie
Pharmacien. La chronique de l’époque relatait ainsi sur sa participation aux combats : « Parmi les personnes qui se sont distinguées par leur zèle à donner des secours aux blessés dans les journées des 28 et 29 juillet, on doit citer M. Potard, dont la pharmacie se trouvait placée au plus fort de l’action, au coin de la petite rue Saint-Louis-Saint-Honoré. Ses élèves n’ont pas montré moins de dévouement ; on doit les mêmes éloges à M. Payen, restaurateur rue de Valois, qui a tenu son établissement constamment ouvert pour recevoir et soigner les blessés, en fournissant gratuitement tout ce qui leur était nécessaire. Sur une trentaine qu’il a recueillis en peu d’instants, sept ou huit ont expiré chez lui. » Il comparut, le 25 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Buzenot, Claude et « savoir qu’il est sorti de son domicile le 28 juillet dernier et qu’il a été atteint d’une balle qui lui a fracassé le genou et ce dans la rue Saint-Honoré et que ledit Buzenot est mort le 3 août suivant ». De la même manière, il avait signé, le 14 août 1830, le certificat suivant en faveur du même Buzenot : « Je certifie avoir donné mes soins et recueilli chez moi le nommé Claude Buzenot, blessé le 28 juillet par la fusillade des Suisses devant ma maison. Le blessé a été conduit ce jour-là-même à l’hospice Beaujon. » Il y a son nom (sans les prénoms) sur la liste préparatoire des médaillés auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement in Archives de Paris VD6 92. Il demeurait 271, rue Saint-Honoré en 1831. C’est qui ? Le Courrier français, 2, 3 août 1830 ; Il demeurait rue Saint-Louis-Saint-Honoré en 1830. Le Courrier français, 2 août 1830 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, liste des personnes qui ont prodigué leurs soins aux blessés p. 117 ; Archives de Paris VD6 92, liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Buzenot, Claude. Il y a dans Archives de Paris VD6 277 in dossier Clochez, Charles, François, un élève en pharmacie chez Potard, pharmacien 271, rue Saint-Honoré. Voir à Clochez, Charles, François. Il y a dans Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Mauroy, Albert, Louis, Félix, Eugène, un Potard, pharmacien, demeurant 6, rue Saint-Louis-Saint-Honoré, qui signa le certificat suivant en faveur de Mauroy, Albert, Louis, Félix, Eugène : « Rapport à M. le général en chef Lafayette sur de Mauroy et ses fils. Parmi les intrépides citoyens qui, les premiers, par leur courage héroïque et soutenu, ont fait triompher la cause sacrée de la liberté dans les glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet et ont, les premiers, repoussé une injuste agression et pris les armes contre les lanciers et l’infanterie de l’ex-garde royale, le mardi à 4 heures, nous citerons avec orgueil et nous signalons à la reconnaissance nationale M. de Mauroy, officier de sapeurs du génie, membre de la Légion d’honneur, habitant la rue Saint-Honoré près Saint-Roch, connu par une foule d’actions courageuses et décoré de plusieurs médailles d’honneur, où le burin a inscrit son intrépidité. Nous avons vu cet officier, à la tête d’une poignée de braves, attaquer, le 27 dans l’après-midi, un fort détachement de lanciers qui chargeaient des citoyens dans la rue Saint-Honoré, les attendre de pied ferme, au coin de la rue de Richelieu, les assaillir à coups de briques, n’ayant point d’autres armes. Nous l’avons vu, avec un plaisir mêlé d’effroi, après avoir affronté une mort glorieuse, poursuivre ce même détachement de lanciers, à la tête d’une trentaine d’ouvriers, aux cris de Vive la charte vive la liberté ! Nous avons vu M. de Mauroy construire avec ses compagnons de gloire une première barricade vis-à-vis la rue des Pyramides et prendre sous le feu de la garde royale tout ce qui se trouvait sous sa main pour la former, aidé de ces deux fils, âgés de onze et quatorze ans. Nous l’avons vu en faire construire une deuxième puis une troisième en avant de la première, sous les yeux et le feu de l’ex-garde. Le 29, à 1 heure et demie, nous avons revu M. de Mauroy dans la rue Saint-Honoré, vis-à-vis nos propriétés, et la rue Saint-Nicaise, combattre, habit bas, avec un fusil à deux coups, sous une grêle de balles, et tirant avec un sang-froid admirable contre les trois maisons occupées par le 6e d’infanterie de la garde, chez le chapelier particulièrement. Il a fortement contribué à la prise de la pièce rue de Rohan, en encourageant par son exemple une cinquantaine de citoyens dont beaucoup ont trouvé une mort glorieuse sous nos yeux. M. de Mauroy a continué à se battre, malgré une blessure à la bouche et à faire un feu aussi vif que bien dirigé jusqu’à 3 heures et demie, où il est entré d’assaut dans la maison du chapelier, où étaient retranché un fort détachement du 6e de la garde. Les faits suivants nous ont été rapportés et confirmés par des personnes dignes de foi, qui se sont trouvées le mercredi et le jeudi avec M. de Mauroy à la prise du Louvre et des Tuileries. Le mercredi 28 juillet, M. de Mauroy s’est battu toute la journée, placé en tirailleur entre le Pont-Neuf et le pont des Arts, a fait un feu continuel sur plusieurs régiments qui se trouvaient échelonnés depuis le Louvre jusqu’à la place de Grève. A 2 heures, M. de Mauroy s’est avancé seul de la rue Dauphine sur une compagnie du centre du 15e léger qui barrait le commencement du Pont-Neuf, commandée par un vieux capitaine, et a, par sa fermeté, se trouvant entre les deux détachements de la garde nationale et de la ligne, empêché le sang de couler, cette compagnie n’ayant point tiré sur une douzaine de braves débouchant de la rue Dauphine, ayant à leur tête un officier en retraite. M. de Mauroy s’est battu avec acharnement sur la place de Grève et dans toutes les petites rues qui l’avoisinent, pendant tout l’après-dîner, s’est toujours trouvé à la tête des tirailleurs autour de la place de Grève, principalement dans la rue du Mouton. Jeudi, à la tête d’une quarantaine de citoyens tous dévoués à la mort, il s’est battu sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois, vis-à-vis le Louvre, à côté du brave Godey, a fait un feu roulant sur les Suisses, a contribué à la prise d’assaut du Louvre, sur lequel il a marché au cri de la liberté ou la mort, s’est battu ensuite la place du Carrousel avec ses glorieux compagnons de gloire, et est entré avec eux dans les Tuileries, prises d’assaut, en passant par une fenêtre du pavillon Marsan. Le jeune de Mauroy, âgé de 14 ans, soldat en naissant, enfant de troupe dans les sapeurs mineurs, a combattu avec un courage et un sang-froid sans exemple, a reçu une forte contusion à la cuisse droite, et sa capote percée de trois balles. Cet héroïque enfant, bravant tous les dangers, excitait par son intrépidité l’admiration des braves défenseurs de nos droits et de la liberté. Le plus jeune des fils de M. de Mauroy, âgé de treize ans, a travaillé à la construction des barricades dans la rue Saint-Honoré et, à plusieurs reprises, a porté à son père des cartouches, sous le feu du 6e de l’ex-garde. Sa mère et ses sœurs ont travaillé à la construction des barricades dans l’après-dîner du jeudi et passaient les nuits depuis le 27 à faire des doubles cartouches pour son mari et son fils. M. de Mauroy, neveu du général Ferrand, qui a défendu Valenciennes en 93, est le parent du général Reubell ; ce jeune officier, victime depuis douze ans du plus affreux despotisme est digne par ses opinions toutes françaises, de la reconnaissance nationale. M. de Mauroy a arboré le drapeau tricolore à sa fenêtre, le 29 au matin à la pointe du jour, sous les yeux de l’ex-garde royale. »