Potel, Jean, Denis
Biographie
Né le 31 décembre 1806 à Argenteuil (Val-d’Oise). Sculpteur en bois. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 15 mars 1848, il adressait en effet la lettre suivante à la Commission : « A l’appui du certificat ci-joint qui atteste que j’ai pris une part active à la défense de la liberté dans les journées de juillet 1830, où j’ai failli être tué au milieu du feu des troupes qui nous mitraillaient, d’après l’insertion qui a paru dans les journaux (à retrouver, pas de trace…), j’ai l’honneur de solliciter de votre bienveillance d’être compris au nombre des citoyens qui ont droit à une récompense nationale en combattant pour leur pays. Dans les journées de Février, j’ai également fait mon devoir de bon citoyen et manifesté mon dévouement à mon pays ainsi que le prouve le certificat ci-joint […]. » Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, propriétaires ou marchands patentés, certifions et attestons que le sieur Potel, Jean, Denis, ouvrier sculpteur en meubles, demeurant rue du Faubourg-Saint-Antoine n° 172, a pris une part active à la défense de la patrie dans les dernières journées de Juillet et qu’il s’est trouvé tour à tour au Louvre, au Palais-Royal, à l’Hôtel de ville mais plus spécialement dans son quartier, que pendant les 28 et 29 juillet il a continuellement battu la charge et même dans la rue Saint-Honoré il monta sur l’une des diligences de M. Laffitte, au milieu du feu de l’ennemi puisque lesdites voitures furent criblées de balles, que dans toute sa conduite, le sieur Potel a donné les plus grandes preuves de courage et de dévouement patriotique. » Signé, le 22 décembre 1830 : Debo..., sculpteur, demeurant 7, rue Saint-Nicolas ; illisible, scieur de long, demeurant 10, rue Saint-Nicolas ; Levavasseur ; Dutoy ; Desornaux illisible, aubergiste, demeurant 180, rue du Faubourg-Saint-Antoine. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, officiers et gardes nationaux de la compagnie de voltigeurs du 4e bataillon de la VIIIe légion, certifions et déclarons à qui il appartiendra qu’il est à notre connaissance personnelle que pendant les journées de Février, le citoyen Jean Potel, marié, père de famille, faisant partie de notre compagnie, a fait son devoir de bon citoyen, en combattant avec nous pour le triomphe de la liberté, partout où il y avait du danger et notamment aux barricades du faubourg Saint-Antoine et à la prise de la caserne de Reuilly, où cinq de nos braves patriotes ont été atteints mortellement auprès de lui. » Signé, le 26 février 1848 : Riaud, capitaine de la compagnie de voltigeurs du 4e bataillon de la VIIIe légion ; Marie, lieutenant ; ... lieutenant de la compagnie de voltigeurs du 4e bataillon de la VIIIe légion. Il fut recommandé par la Commission pour un emploi de fort aux halles et marchés. Il était marié et père d’un garçon âgé de huit mois en 1848. Il demeurait 172, rue du Faubourg-Saint-Antoine en 1830 ; rue Saint-Nicolas dans le faubourg Saint-Antoine en 1848. Archives de la préfecture de police AA 409.