Poubeau, Henri
Biographie
Né vers 1800. Tapissier. Il se distingua dans les combats de la place Louis-XVI à Nantes et y fut blessé très légèrement. Il fut décoré de la Croix de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 31 juillet 1831. Il apostilla, avec Taupier (voir Taupier, Emile) et Ginselo (voir Ginselo, François) la demande de Lahaye, François (voir ce nom), quand celui-ci demanda pour récompense d’obtenir de l’avancement dans le 14e léger, où il venait de s’engager : « Les soussignés, blessés à l’affaire du 30 juillet sur la place de la Colonne (lire place Louis-XVI) attestent que M. Lahaye prit une part active à cette affaire, combattant avec eux pour la défense de notre liberté. » Il signa, le 28 juillet 1831, avec Toublanc père (voir Toublanc, René, Charles), décoré, Toublanc fils (voir Toublanc, René, Julien), décoré, Cantrel ou Cautrel, décoré de Juillet, Pigzala, le certificat suivant en faveur de Bourdais, Eugène : « Nous, soussignés, domiciliés de la ville de Nantes, département de la Loire-Inférieure, certifions que nous connaissons très particulièrement le sieur Eugène Bourdais, peintre-vitrier, qu’il a pris les armes le 30 juillet 1830, qu’il a participé à l’affaire qui a eu lieu sur le cours, qu’il a montré un courage et un dévouement dignes des plus grands éloges ; qu’il a fait partie du poste établi au pont de Pirmil pour s’opposer à l’entrée des cuirassiers qu’on attendait et aux troupes qui auraient pu venir de la Vendée, qu’il a fait preuve de courage, d’intrépidité et de dévouement. Nous attestons en outre qu’il est d’une probité et d’une moralités exemptes de tous reproches. En foi de quoi nous lui avons délivré le présent, qui est de la plus exacte vérité, pour lui servir au besoin. » Il signa, le 6 août 1831, avec Sirat (voir Sirat, Pierre, François), décoré de Juillet, Hyrvoix (voir ce nom), décoré de Juillet, Catheaugrue (voir Catheaugrue aîné), Ginselo (voir Ginselo, François), décoré de Juillet, Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Minié (voir Minié, Auguste) et Legorgeux le certificat suivant en faveur de Dugas, Toussaint, quand ce dernier tenta avec retard de faire valoir ses droits à la décoration de Juillet : « Nous, soussignés, habitants de la ville de Nantes, décorés de Juillet, certifions que le sieur Dugas, Toussaint, demeurant chaussée de la Magdeleine n° 6, s’est comporté avec un courage digne d’admiration à l’affaire du cours, le 30 juillet 1830 entre la troupe de ligne et les habitants. C’est pourquoi nous lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir au besoin. » Il signa, en juillet 1831, la réclamation suivante, en faveur de Jeanjot, Louis, et avec Trastour (voir ce nom), lieutenant, décoré de Juillet, Emile Mazier (voir Mazier, Emile), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire) et Bouedron (voir Bouedron, Antoine) : « Les soussignés, tous décorés de Juillet, osent prendre la liberté de vous prier d’accueillir la réclamation suivante qu’ils ont l’honneur de soumettre à votre justice. Ils attestent que le nommé Jeanjot, Louis, ex-officier, actuellement sous-lieutenant dans la garde nationale, employé dans les bureaux de l’Ami de la charte, journal patriote de Nantes, a pris, un des premiers, les armes dans la journée du 30 juillet 1830, qu’il a travaillé aux barricades et à la coupure du pont de Pirmil, avec un zèle infatigable, qu’il s’est particulièrement fait remarquer à l’affaire de la place des Martyrs et qu’il a constamment donné des preuves de son ardent patriotisme, chaque fois que nos libertés publiques étaient menacées. La part active que ce brave citoyen a prise à notre glorieuse régénération politique impose aux soussignés le devoir de signaler sa courageuse conduite qui lui fait obtenir la médaille, récompense qui nous semble bien faible en raison des services signalés qu’il a rendus à la cause nationale, car il était au premier rang parmi ses compagnons d’armes et tous ceux qui l’accompagnaient sont décorés de la Croix de Juillet. Les soussignés osent se flatter que cet honorable patriote jouira bientôt des mêmes honneurs que ceux qui leur sont décernés, si vous daignez leur servir d’interprète auprès de MM. les membres de la Commission des récompenses nationales. Dans cet espoir, ils ont l’honneur, etc. » Il signa, le 3 août 1831 et avec Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trastour (voir ce nom), Ginselo (voir Ginselo, François), Hyrvoix (voir ce nom), Durand (voir Durand, Emile, ou Durand, Pierre), Minié (voir Minié, Auguste), Pichaud (voir Pichaud, Pierre), le certificat suivant en faveur de Chupin, Pierre, Henri : « Nous, soussignés, domiciliés de la ville Nantes, département de Loire-Inférieure, certifions et attestons sur notre honneur qu’il est à notre parfaite connaissance que le sieur Chupin, Pierre, Henri, ancien militaire, père de six enfants encore en bas âge, a pris les armes le 30 juillet 1830 et a combattu sur la place. Il fut chargé par sept ou huit grenadiers de la garnison qui se disposaient à faire feu sur lui lorsqu’ils en furent empêchés par un de leurs officiers qui leur cria Ne tirez pas, c’est un brave. En se retirant, il fut un de ceux qui relevèrent le sieur Rozeau qui fut tué avec plusieurs autres. De retour au Port-au-vin, il concourut à la prise du poste et au désarmement de la troupe qui l’occupait. Il fut un des premiers qui entrèrent dedans ; quelques instants après, il s’opposa avec d’autres habitants au passage de six pelotons de douane qui voulaient jonctionner avec les troupes et qui furent contraintes de rétrograder. Dans toutes ces circonstance, le sieur Chupin a déployé le plus intrépide courage et a dû allier au plus grand dévouement le sang-froid et l’humanité. Nous attestons en outre qu’il est d’une moralité exempte de tout reproche. En foi de tout ce que dessus, nous lui avons délivré le présent, que lui a mérité sa belle conduite, en témoignage de notre satisfaction et pour lui servir et valoir au besoin. » Il était marié en 1830. Il demeurait petite rue des Capucins en 1830. Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part et Etat des citoyens auxquels la décoration de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831.