Pouget, Jean, Joseph, Augustin
Biographie
Né le 28 août 1792 à Nevers (Nièvre). Médecin, reçu le 6 juillet 1822 à la faculté de Paris, chirurgien militaire, puis médecin au bureau de charité du (ancien) XIe arrondissement. Il prodigua, selon les journaux, « les secours de son art au milieu des plus grands dangers ». Le 30 août 1830, il adressa, conjointement avec Mallet, André, Justinien (voir ce nom), le mémoire suivant au préfet de la Seine, ayant ainsi eu les premiers l’idée d’une maison spécialement affectée à la convalescence des blessés de Juillet : « Pouget, Jean, Joseph, Augustin, ex-chirurgien militaire actuellement médecin du bureau de charité du (ancien) XIe arrondissement, et Mallet (André, Justinien), aide-major au 1er régiment d’infanterie de ligne, en congé à Paris, tous deux mentionnés favorablement dans le Moniteur du 4 août, ont l’honneur, dans l’intérêt des glorieux blessés des 27, 28 et 29 juillet de soumettre les observations suivantes à votre généreuse philanthropie. Une mortalité qui n’est nullement en rapport avec la nature des accidents primitifs a lieu dans les hôpitaux parmi les blessés et dépend sans doute de la situation topographique plus ou moins insalubre de ces lieux de secours, de l’air plus ou moins impur qu’on y respire, de l’encombrement des malades, de l’influence des fièvres de mauvais caractères sur les plaies, des afflictions morales dont la plupart des blessés sont atteints, les uns par l’idée pénible de se trouver dans un hôpital au milieu des douleurs et des plaintes, les autres parce qu’ils ne peuvent y être [visités] par leurs parents aussi souvent qu’ils le désireraient, etc. On peut d’autant moins rejeter la plupart de ces causes qu’à l’hospice militaire du Gros-Caillou il n’y a eu jusqu’à ce jour que cinq à six morts, sur environ cinq cents blessés qui y ont été reçus, résultat que monsieur le docteur Larrey attribue lui-même à la situation topographique très salubre de l’hôpital dont il est le chirurgien en chef, au peu d’encombrement qui y existe, à la bonté du régime alimentaire qu’on y distribue. D’après ces considérations, il serait donc à souhaiter, monsieur le préfet, qu’on établît à Saint-Cloud, Courbevoie ou autre lieu des environs de Paris, en profitant des vastes établissements vacants qui s’y trouvent, de leurs mobiliers et de leurs ressources locales, une maison de convalescence où l’on continuerait les pansements des blessés. Il n’y a doute qu’on éviterait par-là toutes les causes que nous venons de signaler et qu’on aurait de plus l’avantage de faire jouir ces intéressants citoyens de promenades non seulement agréables mais encore indispensables pour hâter leur convalescence et leur parfaite guérison. Si cette proposition que les soussignés ont l’honneur de soumettre pouvait être agréée, monsieur le préfet, par votre recommandation, ils se feraient un véritable plaisir de diriger gratuitement cette maison de convalescence, trop heureux qu’on les jugeât dignes d’un choix si honorable. » Leur demande furent acceptés et ils furent mis à la disposition du docteur Dupuytren. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il demeurait 10, rue du Battoir-Saint-André-des-Arts en 1830-1831 ; 1, place Saint-André en 1833 ; 8, rue du Renard-Saint-Sauveur en 1854. Le Moniteur universel, 4 août 1830 ; Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 338 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 237 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis6K4 1 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 631 n° 1 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, convocations des décorés à la mairie ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusqu’au 31 mai 1833, idem pièce 3173 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1854 ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement. Il y a dans Archives nationales F/1dIII/94 in dossier Mailly, Pierre, Marie, un Pouget, médecin, qui délivra, le 19 juin 1848, le certificat suivant à ce dernier : « Je, soussigné, docteur médecin de la faculté de Paris, chevalier de la Légion d’honneur, chirurgien-major du 1er bataillon de la IIe légion, certifie que le 24 février dernier à 10 heures du matin, j’ai vu le nommé Mailly, Pierre, Marie, sur le boulevard des Capucines à la hauteur de la rue de la Paix. Ce citoyen, que j’avais vu en 1830 chez mon confrère le docteur Boucher (voir Boucher-Dugua, Nicolas), demeurant alors rue Menars, n° 9, vint à moi, me tendit la main en criant Vive la république ! Je vais, me dit-il, à la place Louis XV et je n’en reviendrai pas sans armes. Deux heures plus tard, en effet, il revint à moi, portant un fusil de munitions et un shako, pris à un des gardes municipaux qui défendaient, me dit-il, le poste de la place à l’entrée des Champs-Elysées. De plus, le même jour, 24 février, à 5 heures du soir, je pansai le même citoyen, d’un coup de baïonnette reçu au front, au moment où il attaquait, avec beaucoup d’autres citoyens, le poste du château d’eau. » Un rapport de la part d’un enquêteur de la Commission des récompenses nationales, au sujet de Mailly, rapportait les informations suivantes sur Pouget : « Je me suis rendu chez le citoyen Pouget, médecin, rue Ventadour, 5, qui m’a affirmé que tous les faits contenus dans le certificat qu’il a délivré au nommé Mailly était vrais, qu’il avait pansé le susnommé d’une blessure qu’il avait au front, blessure légère, insignifiante, dont l’origine ne lui était connue que par les dires de Mailly, qui lui dit avoir reçue à l’attaque du poste du château d’eau. […]J’ai rapporté fidèlement tous les renseignements que j’ai recueillis. Aucun des citoyens ci-dessus nommés n’ont vu Mailly combattant sur les barricades ; tous étaient dans les rangs de la IIe légion, dont l’attitude a été passive. Le citoyen Mailly m’a été représenté par eux comme un homme courageux et ils ne croient pas qu’il a pris part à la lutte. C’est aussi l’opinion du docteur Pouget, qui n’est pas républicain et qui a rendu hommage au courage de la garde municipale. Comme je ne désirais pas engager une discussion à ce sujet, je me suis retiré. Ce docteur m’a paru doué d’une grande loquacité. » NON IL S’AGIT DE Pouget, Jean, Joseph, Antoine, Armand, reçu à Paris le 9 mai 1827, demeurant 9, rue Ventadour en 1833-1843 et 5, rue Ventadour en 1854.