Pouilh, Jules

Biographie


Professeur de mathématiques. Dans le récit que fit Valin-Ponsard, Antoine, Joseph de sa propre participation à la révolution, il laissa sur Pouilh des indications sur la participation de celui-ci : « En signant les ordonnances du 25 juillet, Charles X nous avait dégagés des liens qui jusqu’alors avaient pu nous retenir dans l’obéissance et il était du devoir de tous les bons Français de recouvrer par tous les moyens légaux, et par la force au besoin, nos droits méconnus par son gouvernement. C’est dans cette vue que le 26 juillet, dans la journée, M. Armand Marrast, Félix Midy et moi avons convoqué environ trois cents personnes pour se rendre, dès le soir même, dans les salles du Lycée industriel et commercial que je dirige, passage Saulnière, n° 11. Sur ce nombre, cent quatre-vingts négociants, avocats, hommes de lettres, se rendirent à notre invitation et parmi lesquels soixante-dix ou quatre-vingts assistèrent à la séance qui est restée ouverte depuis 9 heures jusqu’à 11 heures et demie du soir. Il a été arrêté dans cette séance : 1° Que plusieurs députations, prises parmi les personnes présentes, se rendraient le lendemain chez les députés de l’opposition afin de réclamer leur appui dans la lutte qu’on voulait engager pour empêcher l’exécution des ordonnances qui avaient paru, le matin, dans le Moniteur. M. Marrast a fait partie de l’une de ces députations. 2°) Qu’on s’armerait dès la nuit même et le lendemain, afin de repousser la force par la force si les moyens légaux ne suffisaient pas pour faire rapporter les ordonnances et obtenir le renvoi du ministère Polignac. MM. Armand Marrast et Félix Midy, toutes les personnes qui avaient assisté à notre séance, MM. Antoine Monfort et Jules Pouilh, tous les deux attachés à mon institution, n’ont cessé de combattre jusqu’à la retraite de la garde royale sur Saint-Cloud. Forcé, par ma position, de rester dans le lycée pour retenir les élèves, confiés à mes soins, qui voulaient prendre part au mouvement, je réunis toutes les armes que je pus me procurer pour les confier aux patriotes qui venaient chez moi et qui en étaient dépourvus. A chaque instant, des citoyens armés entraient au lycée et en partaient après que je leur avais indiqué les points où leurs amis devaient être engagés dans la lutte. Cependant, je n’ignorais point que la maison était surveillée par les agents de la police Mangin et qu’on ne pouvait en sortir sans être suivi. Quand aucune démonstration de défense ne s’était manifestée dans la capitale et que rien n’annonçait les événements qui ont eu lieu les jours suivants, vous jugerez, messieurs, si M. Armand Marrast, Félix Midy et moi, en nous dévouant à une mort certaine dans le cas où Charles X eût triomphé, nous avons par ce seul fait même des titres suffisants à la récompense qui doit être accordée aux vainqueurs de Juillet. Quant à moi, je le pense, car si le peuple eût succombé, nos têtes eussent roulé sur l’échafaud tandis que la presque totalité des combattants eussent échappé à la vengeance du despote. » Pouilh déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Antoine, Joseph Valin-Ponsard (voir ce nom), décoré de la médaille de Juillet et demeurant passage Saulnier n° 11 à Paris, déclare et atteste que M. Jules Pouilh s’est conduit avec beaucoup de bravoure dans la grande semaine et qu’il a pris part aux divers combats qui se sont livrés à la porte Saint-Denis et dans les rues de Richelieu et Saint-Honoré. » Signé, le 15 juillet 1831 : Valin-Ponsard, Antoine, Joseph. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, répétiteur institution Regnault, rue Pigalle, certifie que le sieur Jules Pouilh, professeur de mathématiques, a pris une part active aux événements des trois jours. Le 29, dans l’après-midi, je l’ai vu revenir de la rue Saint-Honoré portant une giberne prise sur un garde royal et quantité de poudre, qu’il distribua en ma présence. Le partie du manuscrit brûlée de grand matin M. Jules Pouilh fit des affiches, qu’il posa lui-même afin d’inviter le peuple à demander des armes dans les théâtres et à scier les arbres des boulevards. Dès avant-midi dudit jour, il se trouvait avec moi à la porte Saint-Denis, où il ramena au feu de braves gens qui se retiraient en se plaignant du manque de chefs. J’ai toujours [tenu] le sieur Jules Pouilh pour un jeune homme inviolablement attaché aux principes constitutionnels. » Signé, le 5 septembre 1831 : Bergueil. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, artiste peintre, certifie que le 27 juillet 1830 le sieur Jules Pouilh, se trouvant avec moi, rue Richelieu, au moment où des ouvriers cherchaient à forcer la porte de l’arquebusier Baucheron, aida lesdits ouvriers dans cette opération et, passant la main un des premiers à travers un panneau brisé, distribua des armes aux personnes qui l’entouraient malgré l’apparition de quelques soldats de la ligne, qui mirent plusieurs bourgeois en fuite. Le sieur Jules Pouilh s’est trouvé, les jours suivants, dans plusieurs endroits où la lutte était engagé entre le peuple et la troupe et il a favorisé le mouvement, soit par des paroles soit par des actions. » Signé, le 5 septembre 1831 : Villemsent. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, professeur de rhétorique au collège de Saint-Flour, département du Cantal, certifie que M. Jules Pouilh, professeur de mathématiques, a montré un attachement inébranlable aux principes constitutionnels pendant tout le temps que je l’ai connu et surtout dans les jours d’action, là où réellement il y avait danger. » Signé, à Saint-Flour, le 19 mai 1831 : Salimagne, B. Il demeurait passage Saulnier en 1831. Archives de Paris VD6 91 in dossier Valin-Ponsard, Antoine, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 409.

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