Pouillie, Firmin, Louis. Presque sûrement Poullie
Biographie
Né le 4 vendémiaire an IX à Paris. Artiste peintre. Il était porteur du certificat suivant, délivré le 21 août 1830 : « Nous, soussignés, déclarons qu’il est à notre parfaite et entière connaissance que le sieur Firmin Poullie, a tenu la noble conduite ci-après énoncée aux mémorables et glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet. En témoignage de quoi et pour rendre hommage à la vérité, nous lui avons signé la présente déclaration. Le 26 juillet à la brune, ledit sieur Poullie se trouvant au jardin du Palais-Royal à un rassemblement de citoyens, il leur dit qu’il ne convenait pas de séjourner en ce lieu parce qu’ils seraient séparés par les patrouilles de gendarmerie ; qu’il convenait de se porter aux ministères. A l’instant il se mit à courir et son exemple fut suivi. Arrivés rue de Rivoli, devant le ministère des Finances, des enfants cassèrent des carreaux de vitres : quelques-uns d’entre eux étant saisis, il engagea les citoyens à les débarrasser et aidé de deux ou trois personnes il en délivra un.
»Le 28, ledit sieur Poullie, à qui l’on avait dit que l’on distribuait des armes rue Dauphine, s’y rendit et là se trouvèrent quelques citoyens qui étaient venus dans le même but que lui. Ne trouvant pas d’armes, il engagea ses concitoyens à l’accompagner au poste de l’Abbaye, afin de le désarmer ; et étant suivi par eux, pour cette destination, il les entretint en route sur la manière de s’y prendre. Arrivé à l’Abbaye, il se jeta sur le sergent, qu’il parvint à désarmer, et son exemple étant aussitôt suivi, tous les soldats furent désarmés, ce qui leur procura des armes et des munitions, avec lesquelles ils se portèrent ensuite quai de la Cité, où ils tirèrent contre les ennemis de la liberté jusqu’à l’entier épuisement de leurs munitions.
»Le 29, le susdit Poullie se dirigea sur le Louvre, où il parvint à pénétrer un des premiers.
»S’étant porté immédiatement rue du Carrousel, il s’y trouvait tantôt le premier tantôt le second.
»Parvenu à la place du Carrousel, la foule s’y rendit, pensant que tout était terminé. Bientôt des gardes royaux se montrèrent du côté de la rue de Richelieu : chacun prit alors la fuite, excepté le sieur Poullie qui fut seul sur cette place pendant environ un quart d’heure, durant lequel il ne cessa de faire feu sur ces gardes, qui finirent par s’éloigner, et alors la multitude revint en ce lieu.
»De la place du Carrousel, il se rendit à l’Hôtel de ville et fit part au général Lafayette de la manière dont il venait de se conduire et se mit à sa disposition. Le général lui en témoigna toute sa satisfaction et lui dit d’attendre un instant dans une pièce voisine de celle qu’il occupait, à moins qu’il ne préférât repasser le lendemain au matin ; ce qu’accepta le sieur Poullie, qui était harassé de fatigue. Il se hâta le lendemain de revenir à l’Hôtel de ville mais il ne put parvenir au général.
»Plusieurs jours après, il se rendait à Versailles et, rencontrant sur cette route un garde royal qui avait abandonné son corps, il l’interrogea sur ce qui se passait audit Versailles et il en apprit qu’il n’y avait que trois à quatre mille hommes mais qu’on y en attendait trente mille des camps voisins dans la soirée. Il détermina ce militaire à venir avec lui faire ce rapport au général Lafayette et ne pouvant arriver jusqu’à lui ils en référèrent à MM. ses aides de camp. » Signé André, Michel, Charles (voir ce nom), demeurant 13, rue Dauphine ; Gendron, demeurant rue des Forges ; Huicq, demeurant 18, rue des Grands-Augustins ; Larousse, principal locataire du 62, quai des Orfèvres ; Oblinger, demeurant 4, rue des Martyrs ; Baccosse de Montmahon, Louis, Joseph, Alexandre (voir ce nom) ; Houel, demeurant 6, rue du Carrousel ; Delarue, demeurant 62, quai des Orfèvres. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il sollicita une sous-lieutenance. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Pouillie, Firmin, Louis sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39. Le 19 décembre 1830, sur le rapport de la Commission des récompenses nationales, il fut compris (sous le nom de Poullie) dans la liste des cent neuf citoyens nommés au grade de sous-lieutenant (dans la proportion de deux par régiment), pour s’être « particulièrement distingués dans les journées de juillet ». Il fut affecté à l’Ecole de cavalerie de Saumur ; il fut finalement affecté dans un régiment d’infanterie, en garnison à Calais. Il demeurait 62, quai des Orfèvres en 1830-1831. Le Moniteur universel, 20 décembre 1830 (sous le nom de Poullie) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Pouillie) ; Archives de Paris VD6 631 n° 1 (il signe bien – mais est-ce lui qui signe – Poullie) ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement (sous le nom de Pouillie, Firmin, Louis), convocations des décorés à la mairie, idem Etat des citoyens décorés de la médaille de Juillet, absents de Paris ou non trouvés au domicile indiqué, auxquels n’ont pu parvenir les lettres d’avis qui leur ont été adressées pour les inviter à retirer leurs médailles ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Poullié, Firmin) et aussi lettre en date du 20 avril 1831, adressée au ministre de l’Intérieur par l’Ecole royale de cavalerie de Saumur (sous le nom de Poullie, Firmin) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, état nominatif des sous-lieutenants présentés par la Commission des récompenses nationales, promus à ce grade le 19 décembre 1830, actuellement à l’Ecole de Saumur, réclamant la première mise qui leur a été accordée par l’arrêté du 2 janvier 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement.