Poulain, J., Henri
Biographie
Elève de l’Ecole royale des Beaux-Arts. Il sollicita dans ces termes la décoration de la Croix de Juillet, expliquant ainsi sa participation aux combats : « […] Le 27, il se rendit sur le boulevard Poissonnière, où un régiment de lanciers se disposait à charger ; par son exemple, il encouragea les citoyens présents à la défense, fit saper des arbres et élever des barricades ; ces retranchements empêchèrent les lanciers de la garde de pouvoir charger sur le peuple ; quelques heures après, il eut la douleur de voir de braves citoyens mourir à ses côtés. Le lendemain 28, il fit servir des échafaudages d’une maison qu’il faisait construire à des barricades qui furent dressées dans la rue des Martyrs. Le jeudi matin, tout paraissant plus tranquille, il s’empressa de rentrer dans sa commune où, là, de concert avec M. Bargnes de Grenoble (voir Barginet, Alexandre), il contribua à l’organisation de la garde nationale de Montmartre. Enfin, monsieur le ministre, il pense que les faits ci-dessus énoncés, qui sont une preuve de son dévouement à la cause des libertés publiques, lui mériteront l’intérêt et la confiance de la Commission, chargée des récompenses et qu’elle voudra bien le compter au nombre de ceux auxquels elle destine la décoration spéciale. Il a l’honneur, etc. » Oriol, Laurent, dans le récit qu’il fit de sa participation aux combats, précisait qu’il l’avait rencontré, à la barrière Poissonnière, le 28 juillet, alors que lui-même remontait le faubourg Poissonnière. Comme ils se connaissaient, Oriol avait dit à Poulain : « Si vous aviez de la poudre à me donner, je suis bien disposé à retourner me battre sur le boulevard. » Poulain le conduisit chez le maire, parce qu’il croyait qu’il y en avait. Ils y trouvèrent beaucoup de monde qui venait pour la même cause mais il n’y avait rien. On les avait fait rester pour établir un corps de garde afin de tâcher d’empêcher les troupes de venir s’emparer de Montmartre si elle en avait l’intention. Ils y étaient restés trois jours, pendant lesquels ils firent le service et de fréquentes patrouilles. Il fut porté sous le numéro 391 devant le jury de l’arrondissement de Saint-Denis. Il demeurait à Montmartre en 1830. Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Oriol (sous le seul nom de Poulain) ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Oriol, Laurent (sous le seul nom de Poulain).