Poulton, Joseph, André
Biographie
Ancien militaire retraité, établi libraire. La chronique de l’époque relatait ainsi sa conduite pendant la prise du Louvre : « Nous ne saurions passer sous silence la conduite héroïque de M. Poulton, ancien officier, et actuellement libraire, près la place Saint-Germain-l’Auxerrois. A peine la fusillade se faisait-elle entendre dans Paris, que ce vieux Nestor de notre ancienne armée sentit renaître dans son cœur ce courage qui tant de fois l’avait soutenu dans les combats. Il s’arme, et soutient un feu vif contre les Suisses qui étaient embusqués dans le Louvre. Une douzaine de citoyens, renfermés avec lui dans la chapelle des fonts baptismaux de Saint-Germain-l’Auxerrois, faisaient un feu continuel à travers les grilles ; ils tuèrent un grand nombre de Suisses. Lorsque ceux-ci eurent battu en retraite et abandonné le Louvre, les patriotes se précipitèrent partout ; après avoir brisé ce qui appartenait à leurs ennemis, ils entraient chez le concierge du château et allaient tout saccager : “Mes amis, s’écria M. Poulton, ne déshonorez point votre victoire par une lâcheté, car c’en serait une que de piller un malheureux qui n’est point cause des troubles ; croyez-vous qu’il ne gémit pas comme vous des maux qui règnent sur la France ? Mes amis, guerre aux persécuteurs de nos droits, de nos libertés, et respect aux propriétés !” Ces paroles prononcées avec force, produisirent l’effet que pouvait en attendre M. Poulton sur de vrais patriotes ; ils se retirèrent tous en criant vive la liberté, et le concierge dut à la fermeté de ce brave citoyen la conservation de sa fortune. » D’autre part, le certificat suivant, lui fut délivré : « Les soussignés, habitants de Paris, déclarent, pour rendre hommage à la vérité, qu’un individu que l’on a remarqué le 29 juillet 1830 dans le Louvre, tenant un drapeau tricolore de la hauteur de deux pieds et que l’on désignait sous la dénomination du Grec, courait de tous côtés, en encourageant les assaillants et criait Mes amis, le Louvre est à nous ! Mes camarades, en avant ! Les Suisses sont en pleine déroute, voyez-les, ils fuient vers le château des Tuileries. Nous déclarons en outre que nous avons appris plus tard que l’individu que l’on désignait le Grec, se nomme M. Poulton, libraire, demeurant 4, rue Chilpéric, ce que nous ne pouvons refuser d’attester. » Paris le 10 août 1830, Signé : Leloup aîné et Leloup jeune (voir Leloup, Jean, Etienne et Leloup, Jean, Nicolas) demeurant 34, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Remond, François, demeurant 212, rue Saint-Denis ou 252, rue Saint-Denis ; Maupin, demeurant 7, rue Thibodoté ; Laussedat (voir Laussedat, Louis, Gilbert), demeurant 1, rue de l’Arche-Pepin ; Triquenan, demeurant 1, rue des Orfèvres ; Plain, Constant (voir ce nom), demeurant 101, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Bambled, demeurant 47, rue des Grange-Villiers ; Le Molinary (voir Molinary, François, Joseph), demeurant 1, rue Jean-Pain-Mollet ; Denys, Jacques, demeurant 27, rue Montdétour. Il signa, le 3 août 1830, le certificat suivant en faveur de Molinary, François, Joseph : « Nous, soussignés, Poulton, Joseph, André (voir ce nom), officier retraité, libraire, rue Chilperic n° 4 ; Lor, Jean-Baptiste, épicier, même rue n° 16 ; Mourant, Jean-Baptiste (voir ce nom), chevalier de la Légion d’honneur, rue de Seine n° 34 ; Lamel, Jacques (voir ce nom), ancien sous-officier, demeurant rue de la Sonnerie n° 6 ; certifions et attestons que le sieur Molinary, Louis François, Joseph (sic), ancien sous-officier instructeur du 2e bataillon de la Guadeloupe, ex-89e légion, s’est trouvé avec nous à l’attaque du Louvre. Après un combat opiniâtre, il s’est élancé le premier à la grille en face l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, est parvenu en escaladant avec quelques-uns de ses camarades à nous faire ouvrir la grille pour parvenir à l’enceinte du Louvre, avec un sang-froid vraiment héroïque. Son premier soin en notre présence fut d’ordonner qu’aucun mal ne soit fait aux blessés ennemis de notre liberté ; s’est transporté aussitôt sur les Tuileries à la tête d’un petit détachement de trente à quarante jeunes guerriers, qui, comme lui, allaient chercher une mort glorieuse pour défendre les droits civils des Français. Etant dans la rue du Carrousel, il a soutenu un combat terrible avec le poste, qui les a forcés à replier pour pouvoir gagner aux Tuileries. Y étant arrivé, s’est empressé lui-même de nommer des factionnaires partout où à sa connaissance il y en avait besoin, pour ne laisser emporter aucune chose qui aurait été susceptible d’être volée, avec toujours le même sang-froid et le même courage. » Poulton attesta la participation de Godey, Jean-Baptiste aux combats de Juillet puis signa la requête présentée par le même, afin de faire valoir ses droits à une récompense nationale. En 1833, il témoigna que Delavier, Pierre, Jean-Baptiste (voir ce nom) était de bonne vie et mœurs, afin que ce dernier otbtienne un certificat de librairie. Il est l’auteur d’un Mémoire de Joseph, André, Poulton à la cour royale de Caen devant laquelle il renvoyé par la cour de cassation pour faire juger définitivement, à son égard, si le règlement de 1723 a été ou non abrogé, imprimerie de Demonville, Paris, chez l’auteur, 4, rue Chilpéric. Poulton demeurait 4, rue Chilpéric en 1830-1833. Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 194-195 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 351 ; Requête présentée à MM. les membres de la Commission des récompenses nationales, à Paris, le 22 novembre 1831, Godey, Lyon, imprimerie de Boursy ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Godey, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/18/1754 in dossier Delavier, Pierre, Jean-Baptiste ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Molinary, François, Joseph.