Poutret, Claude, François
Biographie
Né le 29 avril 1792 à Cinquétral (bien le 29 avril 1792 dans son acte de naissance ; par erreur le 19 avril 1792 sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 mais surtout in Archives nationales F/1dIII/39 ; le 9 avril 1792 à Cinquetrat in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831) (Jura), fils de Poutret, Nicolas et de Fontanez, Marie, Gabriel, son épouse. Maître cloutier et marchand de vin. Il fut blessé d’un coup de feu au genou ou à la cuisse droit (mais à la rotule in Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates), le 28 juillet. Immédiatement (mais admis à l’hôpital le 29 juillet in Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 4 hôpital Beaujon, état des blessés reçus depuis le 27 juillet dernier jusqu’au 16 août 1830 ([ancien] Ier arrondissement) transporté à l’hôpital Beaujon, il eut la cuisse amputée le 29 juillet. Le 19 août suivant, le général Lafayette lui rendit visite à l’hôpital. Depuis l’hôpital, il fit une demande de secours, apostillée par Beaucour, demeurant 74, rue du Faubourg-du-Roule ; Laroche, sergent de surveillance à l’hôpital Beaujon ; Linget, marchand cloutier, demeurant 78, rue du Faubourg-du-Roule ; Genevois. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, membres de la garde nationale de Paris, et autres y domiciliés, certifions et attestons qu’il est à notre connaissance que le sieur Poutret, François […] a énergiquement combattu et s’est conduit dans les journées de la semaine de Juillet de manière à mériter l’estime de ses concitoyens. Le 26 juillet, il était rue Saint-Honoré près le Palais-Royal et soutenait avec le peuple les vigoureuses charges de gendarmerie. Le 27 juillet, il était au rassemblement devant l’hôtel Polignac, au ministère des Relations extérieures ; invité à se retirer, il persista à ne pas abandonner ses braves concitoyens et il resta constamment pour suivre le mouvement populaire ; le soir, il était rue Saint-Honoré à la formation de la première barricade, qui fut rompue, à plusieurs reprises par les gendarmes. Le 28 vers 11 heures du matin, il était en tirailleur à la halle aux viandes et marchés environnants, où beaucoup d’habitants furent tués et blessés gravement. Dans l’après-midi, il suivit le mouvement des anciens braves réunis faubourg Saint-Denis, d’où ils se portèrent à la caserne Saint-Martin dont ils s’emparèrent et désarmèrent tous les postes de gendarmerie. Ils se rendirent de là à la porte Saint-Denis, et, sous les ordres d’un ancien lieutenant général à leur tête, ils y combattirent contre le 3e régiment d’infanterie de la garde royale, qui fut mis en déroute et le chef qui le commandait mortellement blessé. Le sieur Poutret, dans cette action, s’est battu avec un courage soutenu et une intrépidité des plus remarquables jusqu’à la retraite du 3e de la garde, que les feux de section bien exécutés contre lui obligèrent de rétrograder par échelons. Le soir vers 9 heures, il se retirait et suivait la ligne des boulevards ; arrivé à celui qu’on connaît sous le nom de Bonne-Nouvelle, il fut atteint d’un vigoureux coup de balle à la cuisse droite, ce qui le fit immédiatement choir, au témoignage des soussignés, qui se trouvaient avec lui ; il y eut son habit percé de deux balles aux basques de l’habit. Il fut sur le champ transporté rue de Gramont n° 25, chez M. (laissé en blanc), avocat et propriétaire, qui, l’ayant accueilli avec bienveillance, fut un des premiers à aider le transport dudit Poutret à la maison de santé du duc d’Orléans, d’où il fut transporté le 29 juillet à l’hôpital Beaujon, où il a été amputé de la cuisse droite par M. Blandin, chirurgien en second, qui lui prodigua les soins les plus empressés. Le zèle du sieur Poutret à combattre pour la cause de nos libertés mérite une mention des plus honorables à la reconnaissance nationale. Il a abandonné sa maison pour voler à la défense des droits publics et nous nous plaisons à le recommander bien spécialement à la gratitude civique pour qu’il soit admis à concourir aux récompenses dévolues aux victimes et aux braves de la révolution de 1830. » Signé, le 15 août 1830 : Beaucour (voir Beaucourt, Jacques, André), commandant du poste de la barrière du Roule, demeurant 94, rue du Faubourg-du-Roule ; Lorgerie ; David ; Pautier ; Drouin ; Berthoneau ; Linget, grenadier de la garde nationale ; Linget aîné, sergent à la 2e compagnie du 4e bataillon de la Ire légion ; Bonnot ; Noblemaire ; Chibert ; Joffroy ; Omer ; Hellé ; Pierson ; Rebière ; Laborde ; Vallée, paveur, demeurant 75, faubourg du Roule ; Fraisy ; Panel ; Curabeth, garde national à la 3e compagnie du 4e bataillon de la Ire légion ; Debrie, sous-chef de bureau au ministère de la Marine, garde national à la 2e compagnie du 4e bataillon de la Ire légion ; Duval, B. ; Duval, E. ; Fines, horloger, garde national à la 2e compagnie du 4e bataillon de la Ire légion ; Durand, lieutenant à la 2e compagnie du 4e bataillon de la Ire légion ; Laroche, demeurant 54, faubourg du Roule ; Levasseur, grenadier à la 4e compagnie du 4e bataillon de la Ire légion ; Beaussire, grenadier à la 4e compagnie du 4e bataillon de la Ire légion ; Devicques, chasseur ; Michelet, employé au ministère de l’Intérieur et chasseur à la 2e compagnie du 4e bataillon de la Ire légion, demeurant 24, rue du Faubourg-du-Roule ; Martin, Alexandre, sergent-major à la 2e compagnie de chasseurs du 4e bataillon de la Ire légion ; Génevois, grenadier au 4e bataillon de la Ire légion. Béraud, grenadier instructeur à la 1re compagnie du 3e bataillon de la Ire légion de la garde nationale, demeurant 30, rue du Faubourg-Saint-Honoré, rajouta la mention suivante : « C’est avec plaisir que je témoigne la conduite courageuse de M. Poutret, ci-dessus mentionné, avec lequel je me suis trouvé le 27 devant l’hôtel Polignac et le 28 à la porte Saint-Denis. Je me retirais avec lui quand il fut si gravement blessé. Il a payé un tribut de ce courage héroïque et je me plais à rendre justice à sa valeur. » Marié et père de famille, il reçut un secours de cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours de dix francs le 4 août, un secours de vingt-cinq francs le 5 août, un secours de soixante francs le 19 août 1830, un secours de cent francs le 14 septembre, un secours de quatre-vingt-dix francs (mais de cinquante francs in Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates et là le compte est bon) le 1er octobre (et pourtant un total deux cent quarante-cinq francs) jusqu’au 12 octobre puis un secours de cent francs à partir du 12 octobre 1830, un secours de cent quatre-vingts francs en novembre, un secours de cent francs en décembre, un secours de quatre-vingt-dix francs en janvier 1831, un secours de quatre-vingt-dix francs en février, un secours de quatre-vingt-dix francs en mars, un secours de quatre-vingt-dix francs en avril, un secours de quatre-vingt-dix francs en mai, un secours de quatre-vingt-quatre francs en juin 1831 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, et un secours de deux cent quarante-cinq francs de la part de la Commission de secours (à une date indéterminée). L’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Pontret, François sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel mais surtout sous celui de Poutret, François in Archives nationales F/1dIII/39). La nature de ses blessures était ainsi décrite par le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales : « Blessure par arme à feu au genou droit avec vaste déchirure des chairs, grand fracas des os, qui ont nécessité l’amputation de la cuisse droite à sa partie moyenne. Est dans le cas des blessures qui ont entraîné la perte totale d’un membre et doit être rangé dans la 6e classe des blessés. » Il fut admis dans la 6e classe des blessés et pensionné de sept cents francs (sous le nom de Poutret sur les listes du Bulletin des lois et sous celui de Pontret sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/34 parfois sous le nom de Pontrait sur les listes de la mairie). Il lui fut accordé, à titre de blessé de cette 6e classe, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. On trouve l’observation suivante sur son dossier : « Il a six cents francs de pension. Il me semble qu’il n’a pas été classé comme il le méritait. C’est un très brave homme, qui soutient toute sa famille. Il ne peut plus travailler de son état. On ne saurait trop le recommander à la Commission de la souscription nationale. » Sa fille, Isabelle, Julienne, née le 16 février 1822 à Bezons (Hauts-de-Seine), née de père non désigné et de Zacon, Elisabeth, Marguerite, Victoire, puis légitimée par le mariage de cette dernière avec Pontrait, Claude, François, le 7 mai 1831 (soit à Paris soit à Bezons), fut pensionnée (sous le nom de Pontret sur les listes du Bulletin des lois) comme enfant de blessé, assimilé aux orphelins. Elle est indiquée aussi comme ayant reçu une rente perpétuelle de soixante-quinze francs à titre d’assimilée à une orpheline de la part de la Commission de la souscription nationale in Archives de Paris VK3 55. Au moment de décerner les décorations, une contestation s’engagea entre certains décorés de Juillet et l’administration ; celle-ci en effet imposa une prestation de serment de fidélité au roi, à la charte et aux lois, qui n’avait pas été prévue initialement. Certains décorés protestèrent contre une telle mesure, plusieurs refusèrent d’aller retirer la décoration, d’autres au contraire la soutinrent. Parmi eux, Poutrait (c’est bien ainsi qu’il signe, mais il signe Poutret in Archives de Paris VK3 18), qui signa la Déclaration des citoyens du (ancien) Ier arrondissement, désignés pour la décoration de Juillet, en date du 12 mai 1831 et rédigée comme suit : « Le serment exigé par l’ordonnance du 30 avril dernier est devenu l’objet d’une polémique affligeante, dont le résultat a été de faire naître des doutes pénibles sur les véritables intentions des braves désignés pour la décoration de Juillet. Etre fidèle au roi des Français, garder obéissance à la charte sont des obligations communes à tous les citoyens, s’en affranchir serait un crime : telle est l’opinion des soussignés, qui considèrent comme un devoir de faire la déclaration suivante. L’amour de la patrie, le besoin de résister à l’oppression nous a spontanément fait prendre les armes, ainsi qu’à une foule de généreux citoyens, qui sans illisible et sans s’être concertés ont tous concouru au même but pendant les trois mémorables journées de Juillet. La hache du bourreau nous menaçait tous également ; si nous eussions succombé, elle se fut appesantie sur nos têtes, il fallait vaincre ou mourir. La cause sacrée de la patrie a triomphé mais en plein jour, au brûlant soleil de Juillet, sans avoir jamais conspiré dans l’ombre. Charles X et ses ministres ont été les seuls conspirateurs. Le roi citoyen veut aujourd’hui nous remettre lui-même le signe d’honneur que la nation nous a décerné comme récompense nationale. Nous le recevrons avec reconnaissance des mains royales du chef de l’Etat et nous lui prêterons serment ainsi qu’à la charte. Mais nous ne voudrions pas porter cette honorable décoration si elle devait jamais être considérée comme un signe de ralliement contre l’ordre constitutionnel. Les combattants de Juillet veulent avant tout l’ordre, la paix publique, la liberté et non la licence, la prospérité de la France et la consolidation de toutes nos institutions nationales. Ils se font gloire d’être la légion sacrée de notre jeune royauté et ils en seront toujours les premiers défenseurs parce qu’ils sont convaincus qu’en France maintenant le roi ne veut que ce que veut la loi et que la charte jurée ne cessera jamais d’être une vérité. » (La liste des décorés de la Croix de Juillet du [ancien] Ier arrondissement qui la signèrent était composée de : Godey, Jean-Baptiste ; Truck, Charles, Ferdinand ; Magistel, Antoine, Jean, Louis, Nicolas, Etienne ; Lecocq, Louis, Octave, Amédée ; Guimbal, Guillaume ; Montdidier, François ; Gavier, Louis, Charles ; Boyé, Henri ; Fréchon, Hippolyte, Jean ; Moiton, Alexis ; Blandin, Joseph ; Girard, Jean, Narcisse ; Danse, Charles, Olivier ; Balmet, René ; Lepagnol, Charles, Théodore ; Micheau, George, François ; Poutrait, François, Claude ; Tissandier, Joseph ; Bottet, François, Alexandre ; Viger, Henri, François, Paul ; Bador, Jean, Antoine ; Mocquant, François, Joseph ; Destains, Victor ; Fillias, Pierre, François). Il fut aussi l’un des signataires (il signe bien Poutrait) (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » Il prêta, en mai 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 21 juin 1831, et son brevet le 16 août de la même année (il signe bien de registre du nom de Poutrait). Il fut cependant l’un des signataires (il signe bien Poutrait) décorés de Juillet du (ancien) Ier arrondissement qui adressèrent une pétition, le 27 juillet 1834, au roi, afin de faire obtenir à Chereau une récompense honorifique pour les soins qu’il avait apportés à sa mission de commissaire nommé pour la distribution des secours et des récompenses nationales et commissaire pour la gestion des pensions accordées aux veuves, ascendants et orphelins des victimes de Juillet ; cette pétition était ainsi rédigée : « Les soussignés, décorés de Juillet du (ancien) Ier arrondissement de Paris, ont l’honneur de rappeler au souvenir de Votre Majesté que dans le courant de 1831 ils se réunirent avec leurs camarades, également décorés et pensionnés, et lui adressèrent une supplique en faveur du sieur Chareau, ancien administrateur du bureau de bienfaisance du même arrondissement, l’un des commissaires nommés pour la distribution des secours et des récompenses nationales, et maintenu commissaire pour les gestions des pensions accordées aux veuves, ascendants et orphelins des victimes des trois mémorables journées. Cette demande, que Votre Majesté a daigné accueillir avec tant de bienveillance, fut renvoyée à M. le ministre du Commerce et des Travaux publics ; elle est restée depuis ce temps dans ses bureaux sans aucun résultat. Nous faisions connaître la conduite et les bienfaits du sieur Chareau à notre égard et nous ne faisions que dire vrai en y énumérant qu’il a plus que droit à notre vénération et à notre éternelle reconnaissance, il nous prodiguait les soins les plus touchants avec un zèle vraiment extraordinaire, venir nous visiter dans les hôpitaux ou dans nos demeures en nous apportant les secours qui nous étaient accordés, nous encourager dans nos souffrances, examiner nos blessures avec l’intérêt le plus tendre, les panser souvent lui-même, rien ne lui coûtait dès qu’il s’agissait de soulager nos misères. Un pareil dévouement, Sire, nous a rempli de la plus vive reconnaissance. Nous voudrions remplir un devoir sacré en venant supplier Votre Majesté de vouloir bien se charger elle-même d’une dette qu’il nous est impossible d’acquitter. Nous osons espérer qu’une conduite si généreuse, connue de Votre Majesté, lui paraîtra digne d’une récompense honorifique. Sûrs de la bienveillance avec laquelle notre Roi accueillera les véritables services rendus, les soussignés osent espérer qu’elle daignera satisfaire à leur supplique et ils en auront toute leur vie une éternelle reconnaissance. Ils ont l’honneur, etc. » En 1832, sa fille était en pension à Charenton « où Sa Majesté la reine paie, dit-on, sa pension ». La même année, trois cents francs lui furent alloués sans doute pour ses frais de trousseau, alors qu’elle avait été placée dans l’institution de Mme Delarue, 82, rue du Faubourg-du-Roule. En 1833, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Julienne (sic), qu’elle était « douce mais un peu apathique », qu’elle apprenait le français, la géographie, l’histoire, l’écriture et le calcul et que sa maîtresse était contente d’elle. En 1838 et en 1839, elle était élève à l’institution Delarue, 2, passage Sandrier. Le 6 décembre 1838, elle fut l’objet du rapport suivant, sur l’initiative de la Commission de surveillance des orphelins et orphelines de Juillet : « Conformément aux intentions de la Commission des orphelins de Juillet, je me suis transporté chez M. Poutrait pour l’engager à ramener sa fille à la pension de Mme Delarue, passage Sandrier, n° 2. Je me suis efforcé de lui faire comprendre combien il serait avantageux pour cette jeune fille de continuer à travailler à son instruction puisque, par ce moyen, elle pourrait s’assurer un plus heureux avenir ; mais il m’a fait observer que sa fille était suffisamment instruite pour le commerce (genre de profession à laquelle il la destine d’après sa vocation) et a ajouté qu’elle lui devenait indispensable pour le seconder dans son état, diriger une petite boutique d’épicerie qu’il lui a confiée, tenir les écritures et surveiller enfin ses affaires d’intérêt auxquelles il ne peut plus vaquer par lui-même attendu qu’indépendamment de l’amputation qu’il a subie, il est entièrement privé de l’usage d’une main, par suite d’une blessure grave qu’il s’est faite il y a quelque temps. Il m’a bien assuré d’ailleurs que la résolution invariable qu’il a prise de conserver sa fille avec lui jusqu’à son établissement n’était nullement fondée sur des motifs d’intérêt personnel car il ne veut demander aucune indemnité pour toutes les dépenses qu’elle doit nécessairement lui occasionner et il préfère, pour son plus grand avantage, que la Commission conserve et fasse valoir les sommes qui lui reviendront encore pendant sa minorité. J’ai questionné particulièrement la jeune Poutrait pour connaître son opinion sur la résolution de son père à son égard et j’ai pu me convaincre, par ses réponses affirmatives, qu’elle ne veut réellement plus retourner à sa pension, attendu qu’elle est assez avancée dans son instruction, pour se fortifier elle-même, sous ce rapport, par le travail qu’elle s’impose volontairement et auquel elle consacre chaque jour quelques heures. Elle m’a présenté à l’appui de ses assertions ses cahiers d’étude et notamment ceux d’histoire, de géographie et de calcul. Après les avoir tous examinés, j’ai reconnu qu’elle avait en effet bien profité des leçons qu’elle a reçues et qu’elle n’aurait plus désormais de grands progrès à faire dans une pension. D’après ces diverses considérations, je conçois d’autant mieux l’extrême répugnance qu’éprouve la demoiselle Poutrait pour retourner dans sa pension, qu’elle est véritablement trop grande et trop forte de constitution maintenant pour ne pas se trouver déplacée parmi des enfants. Je pense donc que les avantages qu’on obtiendrait en la renvoyant dans cette pension ne pourraient être que faibles et ne compenseraient plus conséquemment les dépenses qu’il faudrait continuer à faire pour elle. Dans cet état de choses, je crois devoir proposer à la Commission d’accorder au sieur Poutrait l’autorisation qu’il demande de garder sa fille chez lui mais de lui accorder cette autorisation sans aucune indemnité pour lui, ainsi qu’il y consent et sous la condition expresse que la Commission ne cessera pas d’exercer pour cette jeune personne son patronage bienfaisant pendant tout le temps qu’elle doit rester soumise à sa surveillance. » En 1831, à l’occasion du premier anniversaire des journées de Juillet, il reçut de la Commission de souscription nationale, en tant que blessé et décoré, une indemnité de cinquante francs et un habillement. Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 16 mai 1831 (il signait Poutrait) à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il apostilla la pétition en faveur de Chareau, pour lui faire obtenir une récompense nationale. En 1831, à l’occasion du premier anniversaire des journées de Juillet, il reçut de la Commission de souscription nationale, en tant que blessé et décoré, une indemnité de cinquante francs et un habillement. Il demeurait 80, rue du Faubourg-du-Roule de 1830 à 1834. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Paris, 1832, imprimerie royale, p. 117 (sous les noms de Poutrait, Isabelle, Julienne et de Poutret, Claude, François) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ier arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 94 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des orphelins au-dessus de sept ans, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem liste des personnes secourues, idem liste des blessés pensionnaires, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem liste des orphelins au-dessus de sept ans, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux blessés de Juillet, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux orphelins des victimes de Juillet, au-dessus de l’âge de sept ans, idem Etat des secours accordés pour les mois de septembre et octobre 1831 aux blessés, veuves, orphelins, ascendants sur le fonds de 3 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 31 août 1831 (sous le nom de Poutrait), idem Etat des secours accordés pour le mois de septembre 1831 aux blessés, veuves, orphelins, ascendants sur les fonds de 2 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 1er août 1831 (sous le nom de Poutret), idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831 (sous le nom de Poutret), idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois de juillet aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 4 500 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 11 juin 1831 (sous le nom de Poutret), idem décompte des paiements faits par la mairie depuis le 1er août 1830 jusqu’au 30 août 1831 aux blessés de Juillet pensionnés par la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Poutret), idem liste des décorations du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Poutret), idem Etat général des blessés et de la fixation des secours qui leur sont dus pour le mois de juillet 1831 d’après la fixation et le classement de la Commission (sous le nom de Poutret), idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 30 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 1, (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés qui ont été classés, idem liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 4 une liste de deux pages en date du 31 juillet 1830 et signée Laroche, aussi même référence et même liasse 4, hôpital Beaujon, état des blessés reçus depuis le 27 juillet dernier jusqu’au 16 août 1830 ([ancien] Ier arrondissement, idem liasse 7 liste des secours aux blessés ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 (sous le nom de Pontret) ; Archives de Paris Vbis8Q3 1, orphelins et orphelines de Juillet, (ancien) Ier arrondissement, séance du 12 février 1832, séance du 4 mars 1832 ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 10 (il signe bien Poutrait) ; Archives de Paris VK3 18, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du (ancien) Ier arrondissement, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet dans cet arrondissement (il signe bien Poutrait), idem (ancien) Ier arrondissement, Ville de Paris, liste des individus blessés, décorés ou médaillés auxquels l’indemnité et l’habillement ou l’indemnité seulement ont été accordés, idem Bordereau nominatif des ascendants, veuves, orphelins et blessés qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, le paiement du semestre de rente 5% échu le 22 septembre 1831 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 et Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état nominatif des blessés 5e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 13 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment (il signa bien deux fois Poutrait) ; Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates (sous le nom de Poutret, François), idem même référence registre de la Souscription nationale, orphelins, idem même référence registre de la Souscription nationale, blessés de la 6e classe, (orphelins au-dessus de sept ans), (blessés pensionnés) ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives de Paris VK3 55 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des orphelins de Juillet du (ancien) Ier arrondissement (séance du 22 novembre 1838), idem (séance du 29 décembre 1838) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 1er août 1830 au 31 décembre 1831 et état des sommes payées aux blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (sous le nom de Pontret, Claude, François) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des enfants (27) assimilés aux orphelins en vertu de l’article 2 de la loi du 13 décembre et orphelines du (ancien) Ier arrondissement idem F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement (sous le nom de Poutret, et le seul prénom de François) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, Ier arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés [sous le nom de Poulrek, Isabelle, Julienne] ; année 1838 Ier arrondissement ; année 1839 Ier arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/49 in dossier Chareau ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Pottier ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ier arrondissement, orphelins et blessés de la 6e classe (sous le nom de Poutrait, Claude) ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/15/2555 sa feuille de bulletin individuel ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations.