Pradel ou Pradelle, Jean
Biographie
Né le 16 avril 1809 à Paris. Ancien artilleur, maître ouvrier du bataillon des pontonniers, devenu serrurier-mécanicien. Blessé. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet (sous le nom de Pradel, Jean) auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1840, la police donna comme renseignement sur son compte qu’il était célibataire, qu’il avait fait un congé dans un régiment d’artillerie, qu’il était ouvrier serrurier-mécanicien, gagnant trois francs cinquante par jour, et ajoutait : « Sobre, bonne conduite, étranger à la politique. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1841, de la même somme en 1842, de quarante francs en 1843. En 1844, se trouvant « dans la plus grande détresse, obéré de dettes, réduit à la plus fâcheuse misère », il sollicita des secours et obtint quarante francs, puis vingt-cinq francs en 1846. En 1848, la même administration renseignait : « Sa position de fortune est tellement précaire qu’il est arriéré de deux termes de loyer et qu’il a reçu de son propriétaire congé par huissier. On n’a pas recueilli sur sa moralité de renseignement d’une nature défavorable. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il fit, en effet, le 30 mars 1848, parvenir la lettre suivante à la Commission : « […] Ayant combattu le 24 février 1848 et ayant fait partie de la première prise d’armes des citoyens gardes nationaux qui se sont emparé de la caserne de Reuilly où était le 74e de ligne et le 16e léger. Dans cette affaire plusieurs gardes nationaux [ont été] blessés mortellement à mes côtés au moment où je désarmais un caporal du 16e léger et je combattis avec les gardes nationaux jusqu’à la reddition de la caserne de Reuilly, dont je prouve la vérité des faits par les signatures des citoyens qui ont assisté comme moi à cette affaire. Indépendamment de cela, j’ai été aussi utile à plusieurs citoyens, en réparant les fusils qu’on leur avait délivrés à la caserne Popincourt. Depuis lors, vous savez la pénurie des travaux. Je n’ai fait aucun ouvrage et n’ayant reçu aucun secours et n’ayant fait partie des ateliers nationaux, je me suis vu forcé d’avoir recours au crédit et à la vente de mes outils. Toutes ces ressources étant épuisées maintenant, je n’ai plus d’espoir qu’en votre assistance. J’ose donc solliciter de vous, citoyens, un emploi suivant mes capacités. » Raimbault, demeurant 2, passage d’Angoulême, et ..., demeurant 4, passage d’Angoulême apostillaient la lettre en certifiant que Pradelle avait remis en état leurs fusils pris à la caserne Popincourt. Ducret, ex-capitaine à la 6e compagnie du 4e bataillon de la VIIIe légion, demeurant sans doute 154, rue du Faubourg-du-Temple, attestait avoir eu Pradelle à ses côtés dans la journée du 24 février. Pradelle fut recommandé par la Commission pour un emploi de gardien dans un des domaines de l’Etat. En 1856, concierge du marché Saint-Martin, habitant, « la plus ancienne maison du quartier et, […] la plus insalubre », il était poursuivi par un créancier et sollicita un secours. Il demeurait 15, rue Lenoir en 1830-1831 ; 79, rue Popincourt en 1840 ; 20, chaussée Ménilmontant hors barrière à Belleville en 1842 ; 24, même chaussée en 1844-1845 ; 47 ter, rue de Ménilmontant, 2, passage d’Angoulême de 1846 à 1848 ; 100, rue Saint-Martin en 1852 ; 3, rue Volta en 1856. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Pradel, Jean) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le nom de Pradel, Jean) ; Archives de Paris VD6 471 n° 5, liste des décorés de Juillet auprès du (ancien) VIIIe arrondissement (sous le nom de Pradel, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIIe arrondissement (sous le nom de Pradel, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives de la préfecture de police AA 409.