Prangé, Pierre, Pacifique
Biographie
Né vers 1803 à ...ugny (Vienne). Employé à l’octroi. Il s’illustra au pont Royal et aux Tuileries. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il adressa la lettre suivante à cette Commission : « Longtemps, j’ai pensé qu’il fallait au moins avoir été blessé dans les événements de juillet 1830 pour avoir droit aux récompenses que la nation a accordées à ses défenseurs. C’est ce qui m’a empêché jusqu’à ce jour de faire aucune réclamation mais ayant appris que ceux qui avaient pris part aux combats avaient également droit aux récompenses, n’ayant reçu aucune blessure, j’ai l’honneur de me présenter comme étant de ce nombre. Vous trouverez ci-joints les certificats qui attestent ma présence aux divers lieux où je me suis trouvé ; je m’offre en outre à vous donner tous les renseignements que vous jugerez nécessaires soit verbalement ou autre. Je vous prie de croire, messieurs, qu’aucune vue d’intérêt ne me guide dans cette démarche. L’honneur de porter cette décoration, récompense du courage et de l’amour de la patrie, est le seul et unique vœu de mon cœur. J’ose espérer, monsieur, que vous me trouverez digne de recevoir de votre justice ce signe de la bravoure parisienne honoré et salué par tous les peuples. J’ai l’honneur etc. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je puis certifier avoir vu M. Prangé sur le quai Malaquais et se diriger sur le pont Royal lors de l’attaque des Tuileries à la tête d’un rassemblement de bourgeois et donner l’exemple du dévouement. » Signé, le 25 septembre 1831 : Meffre (voir Meffre, E., Hippolyte), horloger, demeurant 9, passage du Pont-Neuf. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine, habitant depuis plus de trente ans la rue de Seine faubourg Saint-Germain, atteste et certifie que le 29 juillet 1830, sur les 8 à 9 heures du matin, j’ai vu le sieur Prangé, Pierre, Pacifique occupé à diriger la fonte des balles sur la place de la prison militaire de l’Abbaye-Saint-Germain, que je lui ai parlé et que je l’ai quitté au moment où muni de projectiles il se dirigeait vers les différents points d’attaque où l’on s’est battu dans cette dernière journée. » Signé : Potier, A., demeurant 24, rue de Seine. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare avoir vu M. Prangé à l’attaque des Tuileries par le pont Royal, où il s’est conduit avec courage et patriotisme. » Signé : Joubert (voir Joubert, Nicolas, Roch), directeur de l’octroi de Paris. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, patentés et demeurant rue de Seine-Saint-Germain, certifions et assurons avoir vu le nommé Prangé, Pierre, Pacifique, dans la journée du 28 juillet 1830, occupé à élever des barricades dans divers endroits du quartier où on l’avait jugé nécessaire, depuis 4 heures jusqu’à 11 heures du soir ; et le lendemain 29 l’avons vu se diriger dans la matinée muni d’armes vers les différents endroits où l’on était aux prises avec les troupes. » Signé : Duhamel, teinturier, demeurant 51, rue de Seine-Saint-Germain ; Bernier, loueur de carrosses, demeurant 51, rue de Seine-Saint-Germain. On trouve aussi dans son dossier cette lettre envoyée par Duhamel fils (voir sans doute le Duhamel cité plus haut), le 18 août 1830 à un destinataire qui n’apparaît pas et ainsi rédigée : « En arrivant de la campagne, j’ai appris par un jeune homme de ma connaissance qu’il avait posé avec M. Joubert le drapeau national sur le château des Tuileries et que votre journal avait cité de trait de bravoure, que M. Joubert seul avait été nommé et mon ami seulement sous la dénomination d’un jeune homme qui l’accompagnait. Je rends hommage à la vérité en vous instruisant de son nom. Il se nomme Pacifique Prangé et demeure rue de Seine-Saint-Germain n° 51. » Il signa, en 1831, le certificat suivant en faveur de Meffre, E., Hippolyte et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je puis certifier avoir vu M. Meffre, le 29 juillet 1830, sur le quai Malaquais et sur le pont Royal, lors de l’attaque des Tuileries et qu’il s’est conduit en citoyen zélé ami de la liberté. » Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme sans fortune. Il demeurait 51, rue de Seine-Saint-Germain en 1831. Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Meffre, E., Hippolyte ; Archives de la préfecture de police AA 409.