Prault, Louis, François
Biographie
Né le 25 janvier 1786 à Bordeaux (Gironde). Ancien lieutenant des chevau-légers dans la garde impériale, couvert de blessures. Le 2 septembre 1830, il sollicitait une place d’inspecteur à l’attribution de l’éclairage de la Ville de Paris (administration de la préfecture de police) ou, à défaut, tout autre place. Il rappelait ainsi sa participation aux événements : « L’exposant, ainsi que son fils, ont sans cesse combattu, les 27, 28 et 29 juillet 1830, dans les rangs du peuple. Leur conduite leur a mérité les plus belles attestations, qui se trouvent avec les autres pièces dans les bureaux de M. le général Lafayette et ceux de M. le préfet de police. C’est l’exposant qui, le 29, a sauvé du pillage la vaisselle plate de la duchesse de Berry. » Carel (voir Carel, Eustache, Auguste), commandant le poste des Tuileries lui délivra le témoignage suivant sur sa conduite : « Sous le commandement de Charles Debray, étudiant en Droit, demeurant à Paris, rue des Petites-Ecuries, n° 45, occupait le poste du pavillon Marsan, s’est conduit dans son service au château des Tuileries depuis le 29 juillet jusqu’au 5 août 1830 d’une manière digne de tous éloges, non seulement par la bravoure et l’intrépidité qu’il a montrées mais encore par la probité dont il fait preuve, en conservant les objets précieux qui se trouvaient au château au moment où il a été envahi. Il déclare que c’est à sa vigilance, ainsi qu’à celle de ses camarades, et à leur fermeté dans ces moments dangereux, qu’est due, en grande partie, la conservation de l’argenterie et des objets de prix qui ont été trouvés dans le pavillon de la duchesse de Berry. » Il participa aussi à l’expédition de Rambouillet. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il témoigna de la participation de Salamite à la prise du Louvre et des Tuileries. Il témoigna en faveur de Gibert-Arnaud, certifiant la vérité des faits avancés par ce dernier lors de sa demande d’un poste en récompense de sa participation aux journées de Juillet. Il signa, comme ex-lieutenant, commandant une des portes aux Tuileries, le 14 août 1830, l’attestation suivant en faveur de Delaval père, et Delaval fils : « Nous, soussignés, habitants de Paris, attestons qu’il est à notre connaissance que le sieur Delaval, Louis, père de famille, horloger, demeurant rue de la Bibliothèque n° 16, et son fils, Delaval, Louis, Claude, chapelier, rue Saint-Denis n° 244, sont de bonnes vie et mœurs et que, dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ils ont vaillamment combattu avec les citoyens de Paris pour la cause nationale et que leur patriotisme n’est point équivoque, qu’ils ont fait preuve de courage et d’humanité. Leur conduite est d’autant plus louable que le père Delaval, âgé de cinquante ans, se trouve ruiné par des pertes considérables et est resté dans l’infortune la plus complète. Lesdits Delaval méritent l’estime de leurs concitoyens. » Il signa, comme ancien lieutenant, « chef d’un des postes des Tuileries du 29 au 5 », le certificat suivant en faveur de Souliard, Jean : « Nous, soussignés, citoyens habitants de Paris, attestons qu’il est à notre connaissance que le sieur Souliard, Jean, âgé de vingt-cinq ans, ex-conducteur, demeurant rue Sainte-Anne, n° 11, s’est parfaitement bien conduit dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, qu’il a fait preuve de bravoure et de patriotisme, que le 27 au soir, rue Neuve-des-Petits-Champs, voyant que des officiers de la garde royale entraînaient un garde national, ledit Souliard demanda à celui qu’on menait en prison si vraiment il avait quelque chose à craindre. Celui-ci répondit : Oui. Aussitôt ledit Souliard, armé de deux pistolets et d’une carabine, signifia au colonel qui était au nombre des officiers et du mouchard qui conduisait le garde national que s’ils ne le lâchaient pas il lui brûlerait la cervelle. Cette menace était sur le point de recevoir son exécution quand le prisonnier fut abandonné à son libérateur. C’est alors que ce garde national dit au sieur Souliard qu’il se nommait Cheval, boucher, rue de Rochechouart, n° 28 et remercia celui qui, par son courage, l’avait préservé des plus grands dangers. Le 28, ledit Souliard ne cessa de se battre contre les troupes royales. Il passa la nuit au coin de la rue Saint-Nicaise, où il était embusqué, faisant feu sur les soldats campés au bout de la rue de Rivoli, leur ayant fait un grand dommage. Le 29, il fut un des premiers qui entrèrent aux Tuileries. Au poste du Carrousel, il fut légèrement blessé d’un coup d’épée, mais il renversa d’un coup de pistolet l’officier qui l’avait blessé. Ledit Souliard a concouru à la prise du canon de 24 à Vaugirard. Il a fait la campagne de Rambouillet. » Il signa, 15 septembre 1830 et en tant que « ex-commandant en sous-ordre du poste du pavillon Marsan aux Tuileries du 29 au 5 août », le certificat suivant en faveur de Salamite, François : « Nous, citoyens, habitants de Paris, attestons qu’il est à notre parfaite connaissance que le sieur Salamite, François, peintre en décors, s’est bien montré les 27, 28 et 29 juillet 1830, qu’il a combattu dans les rangs du peuple, a même été blessé et a tué un lancier et un gendarme ; qu’il a fait la campagne de Rambouillet et que son dévouement national lui donne des droits à l’indemnité et aux récompenses. » Il signa, le 21 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Othon, Marc, François, Isidore, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, citoyens habitants de Paris, attestons qu’il est à notre connaissance que M. Othon, Marc, François, Isidore, âgé de quarante-quatre ans, ancien militaire, membre de la Légion d’honneur, demeurant rue du Faubourg-Montmartre n° 30, est de bonnes vie et mœurs ; qu’il a combattu dans les rangs du peuple les 28, 29 juillet 1830 pour la cause de la liberté et de la patrie ; qu’il était à l’attaque et à la prise des Tuileries et qu’ensuite au Palais-Royal il a fait rendre les armes à une trentaine de soldats suisses et royaux, qu’il a empêchés d’être massacrés, en les faisant réfugier dans une maison de la rue Montpensier. Ledit Othon a montré beaucoup de bravoure et de modération et sa conduite ainsi que son dévouement national lui donnent des droits aux récompenses patriotiques et à l’estime de ses concitoyens. » Il partit pour Alger en décembre 1830. En 1833, il était de retour d’Alger, où il avait été lieutenant au 67e pour être mis en traitement de réforme ; la préfecture de police indiquait sur son compte : « Ancien militaire, couvert de blessures, il est dans un état affligeant de paralysie. Il n’a pour toute ressource que ce gagne sa femme de son état de blanchisseuse. On rend témoignage de sa bonne conduite. » Il reçut sa médaille et son brevet le 15 juin 1833. Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1837, de cinquante francs en 1838 et en 1839. A partir de 1838 et jusqu’en 1846, il était concierge au 10, place Royale avec des gages annuels de deux cent quatre-vingts francs plus trois cents francs annuels accordés aux officiers sans pension. Il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1840. En 1841, les mêmes sources le présentaient comme « un homme instruit et honnête ». Il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1841, de vingt-cinq francs en 1842, de quarante francs en 1843, de cinquante francs en 1844, de vingt-cinq francs en 1845, de quarante francs en 1846. Il mourut en juin 1847, « sans ressources aucunes » et avant d’avoir touché les quarante francs de secours qui lui avaient été alloués. Il demeurait 3, rue Fromentau en 1830 ; 12, rue de la Grande-Truanderie en 1831 ; 46, rue Guérin-Boisseau en 1833 ; 311, rue Saint-Denis en 1837 ; 10, place Royale au Marais de 1838 à 1846 ; 12, rue des Jardins-Saint-Paul en 1847. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91, idem in dossier Souliard, Jean ; Archives de Paris VD6 92 in dossier Gibert-Arnaud ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives de Paris VK3 52 in dossier Salamite, François ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives nationales F/1dIII/75 in dossier Salamite, François ; Archives nationales F/9/1155 in dossier Delaval, Louis, Antoine ; Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Delaval père et fils ; Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Othon, Marc, François, Isidore.