Preion, François, Joseph

Biographie


Né vers 1799. Fumiste. En 1833, il adressa la lettre suivante au duc d’Orléans, afin de rappeler sa participation aux combats de Juillet : « J’ai l’honneur de vous exposer très humblement que le 28 juillet 1830, étant dans la Grand-Rue Saint-Antoine, en arme pour marcher sur la Grève à la rencontre de la garde royale, je fus blessé d’une balle à la jambe gauche. Cette blessure ne ralentit pas mon zèle. Malgré la souffrance je me rendis le 29 à la caserne des Minimes. Je saisis la carabine d’un gendarme ; muni de cette arme j’allai à la place Royale au Marais ([ancien] VIIIe arrondissement) ; de là, je retournai à la Grève, ensuite au Louvre, où nous nous sommes emparé des Tuileries et du Louvre et après nous sommes revenus rue Saint-Pierre. Nous formâmes un poste chez un marchand de vin et fîmes patrouille depuis les 9 heures du soir jusqu’à les 5 heures du matin, qui étaient la journée du 30. Nous poussâmes jusqu’à Saint-Cloud afin d’en chasser Charles X ; de Saint-Cloud nous fûmes à Versailles et le 1er août à Saint-Cyr. Y étant, je pris le fourniment d’un grenadier du 15e de ligne et me rendis aux abattoirs, faubourg Saint-Antoine, où je me suis réuni à la garde nationale, sous les ordres de M. Maria, capitaine en premier à la 1re compagnie de grenadiers, 1er bataillon, dont M. Renette (voir Renette, Albert, Pierre, Marie) était capitaine en second. M. Rouget (voir sans doute Rouget, Pierre ?) était mon sergent, lequel est associé de M. Bouvaquier, maire du (ancien) VIIIe arrondissement. Je n’ai pas quitté le sergent Rouget d’un seul instant et il est à même de rendre un compte fidèle et exact de la conduite que j’ai tenue dans cette circonstance, ainsi que M. Bouvaquier, pour lequel j’ai travaillé puisque à cette époque j’était attaché à la marbrerie en qualité d’ouvrier, située près M. Bouvaquier maire du (ancien) VIIIe arrondissement. Après les glorieuses journées de Juillet, j’ai fait le service lors du jugement des ministres, service pénible et fatigant. Ne trouvant plus de besogne de mon état dans la capitale, je me rendis à Charleville (Ardennes). Depuis cette époque, je fais le service de sapeur-pompier dans la garde nationale. D’après cet exposé, je viens supplier Votre Altesse Royale de daigner jeter un regard de bienveillance sur la conduite que j’ai tenue, laquelle peut être attestée par MM. Rouget, sergent, et tous les chefs de la compagnie des grenadiers, et si Votre Altesse Royale daigne prendre des renseignements positifs sur ma moralité et mon dévouement pour la cause de votre auguste famille, elle peut si elle le désire les faire prendre près de M. Théodore Contamines, général, natif de Givet. Ils seront tout à mon avantage. J’ose espérer, mon prince, que par mon dévouement et la blessure que j’ai reçue dans les glorieuses journées de Juillet, vous n’hésiterez pas à m’en décerner la décoration, que je pense avoir méritée et ferez justice. » Il demeurait Petite-Rue à Charleville (Ardennes) en 1833. Archives nationales F/9/1156.

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