Pretay, Jean

Biographie


Né en 1809 à La Charité-sur-l’Ain (mais La Charité-sur-Loire aussi dans la Nièvre in Archives de Paris VD6 682 n° 3 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 33 ; le 16 août 1810 à La Charité dans la Nièvre in Archives de la préfecture de police AA 408) (Nièvre). Ouvrier sculpteur (ou menuisier sur les listes de sa mairie) (bien sculpteur in Archives de la préfecture de police AA 408). Il venait de se marier, le 24 juillet, quand il participa aux combats. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 25 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27, aux rassemblements de la rue Saint-Honoré, a jeté des pierres aux gendarmes. Le 28, n’a pu parvenir à se procurer des armes. Le 29, armé à la caserne du Foin, est allé à Babylone, où il a tiré douze à quinze coups de fusil. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 25 janvier 1831, à aucune voix pour la croix, cinq voix pour la médaille et deux voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il signa, le 3 août 1831, le certificat suivant en faveur de Grangoir, Jean-François : « Je, soussigné, certifie que le nommé Jean Grégoire (sic) a pris les armes car je l’ai remarqué faisant nombre des combattants. » Il signa, le 24 août 1831, le certificat suivant, en faveur de Matissa, Charles, Joseph quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la décoration de Juillet : « Nous, soussignés, combattants de notre glorieuse révolution, certifions pour rendre hommage à la vérité que le nommé Charles, Joseph Matissa, demeurant rue d’Ecosse n° 1, quartier Saint-Jacques, s’est montré avec courage et bravoure au désarmement du poste de la place Maubert et à la prise de la caserne de Babylone. » En 1836, père de quatre enfants, sa femme malade, lui-même sans ouvrage, il sollicita des secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Menuisier, sa femme est enlumineuse ; l’un et l’autre ne paraissent pas manquer d’ouvrage. Ils occupent des ouvriers. Leur réputation est bonne. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1836. En 1843, la même administration précisait : « […] Ouvrier sculpteur, mais le défaut d’ouvrage lui a fait entreprendre la profession de menuisier. […] Il n’est pas heureux et passe pour avoir une bonne conduite. Jamais il ne s’occupe d’affaires politiques. » Il reçut un secours de quarante francs en 1843, de la même somme en 1846 et en 1847. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Pretay, Jean, sculpteur, était avec moi à la prise du poste de la place Maubert, le 23 février, et qu’il s’est conduit en bon citoyen et qu’il ne m’a quitté qu’après avoir conduit les prisonniers à la caserne Mouffetard. » Signé : Maury, propriétaire, demeurant 6, rue du Mûrier. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Pretay a fait le service pendant les journées du 24 et 25 février au poste de la rue du Fouarre. » Signé : Vayron (voir Vayron, François, Benjamin), capitaine-commandant la 5e compagnie du 1er bataillon de la XIIe légion, demeurant 51, rue Galande. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Pretay, Jean, sculpteur, demeurant rue du Marché-aux-Chevaux n° 13, vient de me remettre mon sabre, que je lui avais donné le 24 février et qu’il a refusé la récompense que je lui ai offerte. » Signé, le 26 mars 1848 : Bouteillier, demeurant 48, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le citoyen Pretay s’est présenté le jeudi 24 février avec énergie, premier en tête, criant Aux armes ! en engageant tout le monde à soutenir les barricades au moment le plus dangereux. » Signé : Beauvais, demeurant 8, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu le citoyen Pretay à la barricade de la Montagne au moment le plus critique. » Signé : Brossard ; Mion. Il fut recommandé par la Commission pour une place de garde forestier. En 1848, il était marié et père de deux enfants. Il signa, le 30 août 1848 et comme décoré de Juillet, le certificat suivant en faveur de Jarry, François, Marie : « Je certifie avoir vu le citoyen François, Marie Jarry, le 24 février, à la prise du poste de la place Maubert et qu’il ne m’a pas quitté jusqu’à la caserne Mouffetard, où nous sommes allés conduire des prisonniers. » En septembre 1848, sans ouvrage depuis six mois, « réduit lui et ses enfants à la plus affreuse misère », il sollicita de nouveaux secours. Il reçut un secours de quarante francs en 1849. En 1852, la police précisait encore : « Sa conduite est régulière. Il ne s’occupe pas de politique. Il est, du reste, peu connu. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, au titre de médaillé de Juillet. En 1853, il fut expulsé de son domicile, faute d’avoir payé ses loyers. En 1854, sans ouvrage depuis trois mois, il était toujours « dans la plus grande misère ». Il mourut en 1857, après treize mois de maladie, laissant une veuve et un enfant de douze ans, « dans le plus profond dénuement » selon les renseignements de police. Pretay fut condamné à deux jours de prison en 1841, pour outrages à agent, renvoyé le 19 décembre 1846 pour escroquerie, acquitté à la cour d’assises de la Seine, le 13 juillet 1849, pour faux en écritures. Il demeurait 18, rue des Sept-Voies en 1831 ; 37, rue Galande en 1836 ; 153, rue Saint-Victor, une chambre d’un loyer annuel de cent cinquante francs, en 1843 ; 1, rue Pascal (aussi 13, rue du Marché-aux-Chevaux) en 1848 ; 40, rue d’Orléans-Saint-Marcel en 1852 ; 40, rue Copeau, une chambre au 1er étage, en 1852-1853 ; 31, rue Tierce à la barrière de Fontainebleau en 1854 ; 6 et 9, square Napoléon à Belleville en 1856 ; 41, même square en 1857 ; sa veuve, 45, rue des Trois-Bornes en 1858. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 25 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 25 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Grangoir, Jean-François ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 394 in dossier Jarry, François, Marie ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Matissa, Charles, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 408.

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