Prévost, Henry, François
Biographie
Né le 24 juillet 1776 à Paris. Ancien militaire, ayant trente-deux années de service dont vingt-huit dans le grade d’officier, ayant participé à douze campagnes et reçu cinq blessures, dont une à la bataille de Waterloo, renvoyé sans pension, devenu mécanicien-tourneur. Il fit à la Commission des récompenses nationales le récit suivant de la part qu’il avait prise aux combats : « Les 26 et 27, rien d’extraordinaire. Le 28, je sortis de mes foyers, ayant entendu du tumulte au bout de la rue des Bons-Enfants, rue que j’habite. Je me rendis près la cour des Fontaines. Là se trouvèrent un officier de gendarmes et un cavalier qui menacèrent le peuple de se retirer ou qu’ils allaient sabrer, ce qu’ils exécutèrent à l’instant. Je me suis retiré de suite en me rendant à mon domicile mais ils me poursuivirent jusqu’à chez moi en donnant des coups de sabre sur la porte cochère que j’avais fermée sur moi. Voyant la lutte grave, ayant de la poudre et des armes chez moi, comme ancien militaire, je me mis à fondre des balles de calibre et je fis des cartouches. Vers les 2 à 3 heures, j’entendis des coups de fusil. Je pris mon arme et me rendis au bruit. Je vis un homme étendu mort au bout de notre rue et puis, dans la rue Saint-Honoré, des pelotons de gardes royaux qui défilaient. Nous nous embusquâmes plusieurs citoyens pour éviter le danger et en même temps pour nous mettre en défense. Plusieurs coups de fusil furent échangés. La nuit arrive. De là, nous nous mîmes à faire des barricades, toute la nuit. Le lendemain matin 29, nous prîmes position sous la voûte de la cour des Fontaines. Etant retranchés, nous échangeâmes des coups de fusils contre les gardes royaux et les Suisses ; voyant que cela ne nous donnait aucun avantage, le nommé Aubré, demeurant rue des Bons-Enfants n° 30, et moi nous sortîmes de nos barricades pour nous porter à la grille du Palais-Royal, qui était en face, où nous eûmes un entretien avec un officier de la garde royale. D’après la conversation, nous crûmes qu’ils se rendaient. Nous invitâmes alors tous les citoyens qui étaient retranchés de nous suivre pour aller à la place du Palais-Royal, ce qu’ils firent à l’instant. Etant en marche rue de Valois, nous reçûmes une forte fusillade de gardes royaux qui étaient embusqués dans la maison du marchand de draps au coin de la rue Saint-Honoré et de la place du Palais-Royal. Plusieurs de nous furent tués et blessés. Cela n’empêcha pas notre marche. Nous arrivâmes sur la place du Palais-Royal. Un citoyen tenant ma gauche reçut une balle entre les deux épaules et tomba mort à mes pieds. Je pris son arme et la donna à un de mes amis qui n’en avait pas. Après je me rendis le long de la grille derrière la guérite pour tirer sur les Suisses et gardes royaux qui étaient dans l’intérieur des cours. Nous nous rendîmes maîtres du Palais-Royal. Après nous nous portâmes à la rue de Chartres, où les gardes royaux établissaient leur retraite pour se réunir aux Tuileries. Nous les poursuivîmes jusqu’à l’hôtel de Nantes, maison isolée place du Carrousel. Nous nous embusquâmes derrière et nous fîmes feu sur eux pendant un bout te temps. Quand nous vîmes que le château était pris par nos compatriotes, j’ai jugé à propos de rentrer dans mes foyers. En arrivant chez moi, je vis un garde royal qui l’on voulait assassiner. Il était sans arme et sans vêtement sauf sa chemise et son pantalon. Je me suis précipité dans le groupe et l’ai fait rentrer chez moi, où tous les soins lui ont été prodigués par mon épouse, qui était malade depuis quinze jours. Il fut rhabillé en bourgeois par M. Chevalier, négociant habitant la maison. Il dîna avec nous. Ensuite, je le conduisis dans sa famille, où je fus bien reçu. Il se nomme Berger, caporal au 1er régiment de la garde. De là, je me suis rendu à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, où je fus accueilli par le maire, monsieur Marchand, je pris mes fonctions d’adjudant-major depuis le 29 juillet au soir jusqu’au 12 août inclus, époque à laquelle je me suis rendu à mes occupations ordinaires. » Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Ancien officier de la vieille garde, blessé à Waterloo et renvoyé sans pension. Sa femme était dangereusement malade au moment des événements, ce qui ne l’empêcha pas de faire partie des rassemblements le 27 à la rue Saint-Honoré et au Palais-Royal. Il a fondu du plomb pour faire des lingots pour lui servir de balles. Le 28, il excita les ouvriers de M. Pape, dont il est le chef, à se préparer au combat et il combattit pendant cette journée aux environs du Palais-Royal. Le 29, à la barricade de la cour des Fontaines, la traversa, lui deuxième, pour avancer sur les grilles du Palais-Royal où il combattit jusqu’à ce qu’un officier de la garde annonça qu’il se rendait. Il fit avancer le peuple et essuya le feu de la garde. Il fit ensuite mettre bas les armes à la troupe qui était dans la première cour du Palais-Royal, combattit aux Tuileries et termina sa journée en sauvant la vie à un garde royal au péril de la sienne. Il le prit, dépouillé, dans les mains de ceux qui voulaient le tuer, le fit entrer chez lui, l’habilla et le reconduisit dans sa famille. Le lendemain, il reprit les fonctions d’adjudant-major de la garde nationale jusqu’à la formation du 2e bataillon. » Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales ne contient pas de faits nouveaux autres que celui de s’être rendu dès le 27 juillet aux bureaux du Régénérateur. Il est répertorié (sous le numéro 1182) dans la liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Il fit partie avec Delestre (président du jury), Condé Louis-Philippe Antoine, Chanonat Pierre Adolphe, Dufresne Olivier Claude, Grün Sébastien Jacques, Herfort François Joseph, Laugier Adolphe, Leuillier Antoine Pierre, Maës Nicolas Joseph, Mercier Célestin Joseph Valentin, Paris Théodore Marie Augustin, Parquet Charles Egalité, Vayron François Benjamin, Vitry Pierre Hippolyte, Vitte Joseph Marie, des seize membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) XIIe. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 29 décembre 1830, à cinq voix pour la croix, quatre voix pour la médaille et aucune voix pour une mention puis par révision en date du 17 février 1831, il se prononça à sept voix pour la croix, aucune voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il signa, le 3 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Vannier, Jean-Pierre, Robert, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Vannier, Jean-Pierre, Robert, étudiant en médecine, a combattu dans nos rangs les 27, 28 et 29 juillet et particulièrement au Louvre et au Palais-Royal, où il était tout à la fois soldat et chirurgien. » Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut l’un des signataires, comme « ancien adjudant major », (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Jorry, Sébastien, Louis, Gabriel (voir ce nom) invoqua son témoignage (sous le seul nom de Prevost, mais je n’en vois pas d’autres) pour tenter de faire rétablir les droits de son fils, Jorry, Alcibiade, à la décoration, dont il avait été privé par l’omission de son nom sur les listes définitives. En 1834, à l’occasion d’une demande de secours, qu’il avait formulée, la police renseignait sur son compte qu’il était ouvrier tourneur chez Pape, facteur de pianos, avait été de 1815 à 1821 adjudant major de la garde nationale et ajoutait : « Sa conduite est régulière ; c’est un homme tranquille, dont on dit du bien sous tous les rapports. » Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1834. En 1835, se disant « combattant de juin » et dans « une situation bien malheureuse », il sollicita un nouveau secours. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Tourneur en bois. Il manque souvent d’ouvrage et sa position est des plus gênées. […] Sa femme [est] également très âgée. Il n’a plus d’enfant à sa charge. On fait l’éloge de sa conduite et de sa moralité. » Il reçut un secours de quarante francs en 1835. En 1836, « plongé dans la position la plus malheureuse, ne pouvant se livrer à aucun travail, son épouse étant constamment malade », il sollicita des secours. Il reçut, cette année-là, un secours de cinquante francs. En 1837, « sortant à peine d’une longue et douloureuse maladie ainsi que son épouse », tous ses effets étaient au mont-de-piété, il sollicita un nouveau secours. Les mêmes sources administratives renseignaient : « Malgré son âge et ses blessures, il a encore de la vigueur et il fait avec distinction le service de la garde nationale, en remplacement du maître tourneur en bois qui l’occupe quelquefois. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1838. Il fut adjudant major à la VIIe légion de la garde nationale. Il mourut en 1839, laissant une veuve, Labaret, Marie, Geneviève, Charles, corsetière, née le 2 juin 1778 à Pierrefitte (Seine-et-Marne). La veuve reçut un secours de vingt francs en 1839. En 1845, la police recueillait sur son compte les renseignements suivants : « N’a pas d’état ni aucune ressource pour vivre. Elle est logée et nourrie par commisération chez une dame tenant pension bourgeoise rue de l’Epée-de-Bois n° 1. Elle mérite intérêt sous tous rapports. » Elle reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de cinquante francs en 1845, de vingt-cinq francs en 1846, de quarante et de vingt-cinq francs en 1847. En 1850, les mêmes sources de police précisaient : « Exerce la profession de corsetière mais elle n’a pas d’ouvrage et par suite sa position est précaire. Elle reçoit des secours du bureau de bienfaisance de son arrondissement. Sa conduite et sa moralité en laissent rien à désirer. Elle n’a pas de charge de famille. » Elle reçut un secours de quarante francs en 1850, à titre de veuve d’un décoré de la Croix de Juillet. Une lettre de recommandation, en 1851, la concernait apportait les indications biographiques suivantes : « Il semble qu’une cruelle fatalité la poursuit. Sa fille mariée à un ouvrier coupeur et fabricant de gants, qui faisait assez bien ses petites affaires avant les événements de 1847, a vu cette industrie décliner de jour en jour. Des marchands établis leur ont fait perdre le prix de fournitures qu’on leur avait livrées et ces pertes, jointes au manque de nouvelle commandes, a forcé ce malheureux ouvrier à tout abandonner, et la malheureuse femme Prevost éprouve le malheur de voir sa fille avec une jeune enfant sans aucune ressource. » Elle reçut trois secours de quarante francs pour cette année-là. Il demeurait 19, rue des Bons-Enfants en 1830-1831 ; 10, rue Bertin-Poirée en 1831-1835 ; 14, rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois en 1836-1837 ; sa veuve, 12, rue du Poitou en 1838 ; 1, rue de l’Epée-de-Bois en 1845 ; 39, rue d’Orléans-Saint-Marcel en 1846 ; sa veuve, 113, bd Beaumarchais en 1850 ; 36, rue Fessard à Belleville ou 14, rue Mauconseil en 1851. Ce n’est pas le Prévost, tourneur en bois de Maitron. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Jorry, Alcibiade ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la deuxième sous le numéro 1182) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 29 décembre 1830 et le 17 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants, et aussi sans doute en date du 17 février 1831 (qui n’apporte comme fait nouveau que celui d’avoir été présent à la rue Montesquieu mais sans indication de ce qu’il a pu y faire) ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/46 in dossier Bourjard ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Jubin ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives nationales F/15/3649-3650 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184, idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209 ; Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Vannier, Jean-Pierre, Robert ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations.