Prevot, Louis, Alexandre
Biographie
Né le 15 avril 1810 à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne). Commis. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il fit en effet parvenir la lettre suivante à cette Commission : « […] J’étais possesseur d’un bureau de tabac, lequel ne m’avait pas été donné à moi comme faveur mais que j’avais bien payé en bons deniers comptants. Eh bien ! l’administration, sans m’alléguer de motifs aucun, me l’a brutalement retiré, sans vouloir ni daigner me donner aucune explication sur cette action arbitraire. Rien d’ailleurs ne pouvant motiver ce retrait car mon bureau avait toujours été tenu avec exactitude et soins pendant nombre d’années. Mais voici le revers de la médaille. Combattant et blessé de juillet 1830, j’avais également pris part aux désastreuses affaires des 5 et 6 juin puis encore j’avais fait le coup de fusil dans la journée du 12 mai et si on ne pouvait me le prouver judiciairement et me le faire payer corporellement parce que je n’appartenais ostensiblement à aucune société secrète et que je n’étais pas un criard, il n’en restait pas moins prouvé que j’étais un homme d’action. Aussi, on sut m’atteindre dans mes intérêts privés ; en effet on m’enleva le fruit de mon travail en ne m’accordant que le droit de me plaindre à qui... sans doute on ne comptait pas que ce serait à vous citoyens. Jusqu’ici, quoique dans une position assez difficile, je n’ai rien réclamé comme numéraire. Je sais aussi apprécier les efforts et la gêne du timon des affaires publiques. Mais si dans un emploi quelconque je pouvais, en me rendant utile, gagner ma vie et celle de ma famille je crois pourvoir vous assurer que je le remplirais avec zèle, exactitude et dévouement. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le sieur Louis Prévost (sic) s’est montré avec courage dans les journées de juillet 1830 et qu’il est resté trois journées hors de chez lui et a été porté pour la croix. Je puis le certifier, étant à cette époque dans la même compagnie de la garde nationale. » Signé, le 15 septembre 1848 : Royé, demeurant 31, rue de Richelieu. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie qu’il est à ma parfaite connaissance que le nommé Prevost, Louis, ancien marchand de tabac, rue Saint-Martin a combattu de tous ses moyens l’ancien ordre des choses et qu’il a pris les armes en juillet 1830 puis en juin 1832, aussi en mai 1839. » Signé : Dumouchel, ferblantier, demeurant 1, rue Saint-Paxans dans le marché Saint-Martin. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Prevost, Louis (sic) s’est comporté bravement dans les trois jours de juillet 1830 et notamment à la prise des Tuileries. Il fut porté pour la décoration de Juillet. Le 25 juin dernier [au moment des émeutes des 23, 24, 25 juin 1848, N.D.A.], je l’ai revu rue Saint-Antoine à 6 heures et demie, heure à laquelle je fus blessé à la Bastille et que je venais me faire panser à l’Hôtel de ville. » Signé, le 19 septembre 1848 : M...nière, chevalier de la Légion d’honneur, ex-maréchal des logis à la 2e batterie d’artillerie de la garde nationale, demeurant 22, rue Cadet. Suivait la signature de ... illisible, gardien de Paris, demeurant 106, rue du Faubourg-Saint-Martin. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je déclare avoir vu le citoyen Prevost, Louis, faisant le coup de fusil le 5 juin à la Bastille à la suite du convoi du général Lamarque. » Signé, le 18 septembre 1848 : Beaupère, demeurant 9, rue Moreau. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je puis attester sur l’honneur qu’en 1839 le nommé Prevost, Louis (sic) a déposé chez moi, en me priant de la garder, une caisse, sans me dire le contenu, et que ça n’a été que quelques jours avant le 12 mai qu’il est venu la reprendre mais alors elle s’est déclouée et j’ai vu alors qu’elle contenait beaucoup de cartouches et quelques pistolets. Je ne sais à qui cela fut distribué. » Signé : Fauvel, demeurant 166, rue Saint-Martin en 1839, 7, rue Chapon en 1848. Il se proposait d’obtenir un certificat médical du docteur Dufour (voir Dufour, François, Etienne), demeurant 46, rue Coquenard. Il fut recommandé par la Commission pour se voir attribuer un bureau de tabac. Il était franc-maçon, ancien membre de la loge Henri-IV. Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 46, rue de l’Arbre-Sec en 1848. Archives de la préfecture de police AA 409. Sans doute un lien de parenté avec Prévost, Louis, Pierre.