Prin, Jules, Désiré
Biographie
Né vers 1811. Commis négociant. Dans une lettre adressée à la Commission des récompenses nationales en 1848, il écrit pourtant : « Je m’engageai dans le 4e régiment de lanciers, en garnison à Stenay en mars 1830 (sic) (ex-régiment du colonel Chateaubriand). » Armé le 30 juillet, il coopéra à la destruction de l’arche en bois du pont de Pirmil et assista à l’affaire de la place Louis-XVI. Il reçut la médaille de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 10 juillet 1831. Il fut proposé pour recevoir une place de sous-officier dans la cavalerie par la Commission des récompenses nationales de la ville de Nantes. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 32e de ligne. Le 2 septembre 1831, au moment de l’envoi de sa médaille et de la prestation de serment, il était pourtant indiqué comme soldat au 4e régiment de lanciers, en garnison à Montmédy. En 1848, se présentant comme ancien commerçant il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il faisait la demande suivante : « […] M’apercevant après deux ans de bons services que l’avancement était accordé à la faveur et que ma décoration était peut-être un obstacle au mien, je rentrai dans la vie civile (en me faisant remplacer), où je me mis commerçant. Depuis deux ans, retiré des affaires, ne pouvant soutenir les concurrences, je suis réduit à venir vous faire une demande. Nantes, depuis un certain nombre d’années a vu augmenter sa population ainsi que le nombre de ses affaires. Aussi se trouvent-ils des services pour lesquels le nombre de fonctionnaires aurait besoin d’être augmenté. De ce nombre, le corps des commissaires-priseurs. Je viens donc, citoyens, vous prier de me faire nommer commissaire-priseur. J’ai été encouragé à vous faire cette demande par la considération que le produit d’une place de commissaire-priseur n’est point une charge pour l’Etat. Je vous prie surtout de remarquer que je ne demande à être nommé que par augmentation seulement et non en remplacement. J’ai cru, citoyen, qu’il était inutile de faire revêtir ma demande d’aucune signature, vu que les places se donnent au concours ou selon les services rendus à la patrie. Plein de confiance dans ma demande, je vous prie, citoyen, de m’honorer d’une réponse. Je suis père de deux enfants, un fils âgé de treize ans et une fille âgée de onze ans et demi. Je vous fais remarquer que voilà l’âge où les enfants coûtent beaucoup, que depuis deux ans je demeure chez une vieille (69 ans) veuve depuis trois ans d’un fédéré, chez qui j’ai été élevé. Je vous prie donc de me donner une place dans la commune de Nantes, afin que je puisse prendre soin de la vieillesse de ma tante, comme elle prit soin de ma jeunesse. Cependant, citoyen, si la guerre venait à être déclarée à la France, je vous fais promesse qu’au premier avertissement que je recevrai je m’empresserais de me rendre sous les drapeaux, pourvu que ce fût dans la cavalerie. Je vous joins, citoyens, plusieurs certificats, afin de vous éclairer sur le compte de celui qui a l’honneur de vous saluer. » Sa demande était apostillée par le commissaire de police et par le maire de Chantenay, qui certifiaient que Prin était « de bonnes vie et mœurs » et « qu’aucune observation ne nous a été faite sur sa conduite ». Il joignait un certificat de Cheguillaume qui attestait, en date du 20 juillet 1838, que « dans les relations sociales que j’ai eues avec M. J. D. Prin, je n’ai jamais remarqué en lui aucun caractère de malveillance ni aucune apparence d’immoralité ». Sa demande fut rejetée par la Commission. Il était célibataire en 1830. Il demeurait 10, rue Porte-Neuve à Nantes en 1830 ; à Chantenay Ville-en-Bois près de Nantes, chez la dame veuve Rouillon ou Ruillan en 1848. Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part et Etat des citoyens auxquels la médaille de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831 ; AA 409 Archives de la préfecture de police (sous le nom de Prin, Jules, Désiré).