Priscal, Jean

Biographie


Né le 8 septembre 1804 à Villerupt (Meurthe-et-Moselle). Garçon de magasin chez Auclerc, 21, rue Bourg-Labbé en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 25 mars 1848, il adressa en effet la lettre suivante à cette Commission : « Si vous pensez que mon dévouement à la république est suffisamment prouvé par les faits suivants et les attestations dont j’accompagne ma lettre, j’espère que vous me croirez digne de figurer sur la liste de ceux auxquels vous allez à juste titre décerner des récompenses nationales. Combattant de 1830, je ne suis pas resté en reste en 1832. Les 5 et 6 juin, je n’ai pas quitté le combat. Le 6, à la barricade Saint-Merri, armé d’un sabre à défaut de fusil, j’ai commandé le feu contre les charges réitérées des municipaux. Un capitaine, faisant le tirailleur, tirait sur nous avec une justesse telle que chacun de ses coups abattait un des nôtres. Irrité, je résolus d’en finir avec lui à tout prix. Je me saisis d’un fusil, j’entraîne avec moi un des combattants porteur d’un drapeau, je l’ajuste à mon tour, les coups partent et mon malheureux compagnon tombe à mes côtés. J’arrache le drapeau de ses mains. Je me replie sur mes frères. Je fais un nouvel appel auquel répond un nouveau dévouement. Nous nous avançons de nouveau. Notre ennemi veut absolument abattre notre drapeau ; il ajuste, nos coups partent en même temps et cette fois j’ai le bonheur de venger mes frères. Le capitaine tombe ; mes camarades accourent et me portent en triomphe sur leurs bras. J’ai combattu à la barricade Saint-Merri jusqu’à la dernière attaque victorieuse des troupes réunies. Blessé d’un coup de feu à la cuisse gauche, je me réfugiais dans une maison de la rue Aubry-le-Boucher et je dus mon salut à quelques citoyens généreux. J’ai longtemps souffert de ma blessure et d’autant plus souffert que traqué par la police je n’ai pu la soigner ; je la cachais, j’étouffais la douleur. Je n’ai pu retrouver mes camarades, beaucoup d’entre eux ont succombé ; ils auraient rendu hommage à la vérité. Voici, citoyens, mes titres. Accordez-moi, si vous m’en croyez digne, une modeste récompense. J’en serai heureux et fier car j’aurai la conscience de l’avoir méritée. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Priscal, Jean a combattu dans nos rangs pour la république dans la mémorable journée de juin 1832, que le 6 à 2 heures et demie du soir il défendait la barricade de la rue Saint-Merri et Saint-Martin. » Signé, le 19 mars 1848 : Dutilloy, L. C., voyageur de commerce, demeurant 101, rue Saint-Denis. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Priscal, Jean a pris les armes les 5 et 6 juin 1832 et a combattu pour la république à la barricade de la rue Saint-Martin. Je l’ai vu charger son fusil et combattre contre l’artillerie qui faisait feu sur la barricade. » Signé, le 20 mars 1848 : Cornetin illisible, demeurant 24, rue Aubry-le-Boucher. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur de la faculté de médecine de Paris, chirurgien du 3e bataillon de la VIe légion de la garde nationale, demeurant rue du Temple n° 94, déclare et certifie que le citoyen Priscal, Jean porte à la partie interne et moyenne de la cuisse gauche une cicatrice déprimée blanche, arrondie, d’environ un centimètre et demi de diamètre. Je déclare que cette cicatrice est ancienne et qu’elle peut bien avoir succédé à une plaie d’arme à feu. » Signé, le 23 mars 1848 : Hureau (voir Hureau, Antoine, Abel), médecin, demeurant 94, rue du Temple. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Priscla, Jean, garçon de magasin, s’est battu en 1832 aux barricades Saint-Merri et qu’il a déposé son fusil chez un locataire de la maison, rue Aubry-le-Boucher. » Signé, le 24 mars 1848 : Moutardier, demeurant 28, rue Saint-Martin. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, ancien mercier en gros, demeurant en 1832 rue Saint-Denis n° 117, certifie que le sieur Jean Priscal était à cette époque chez moi en qualité d’homme de peine ; qu’il a fait partie des insurgés aux barricades de Saint-Merri, ce qui lui a valu alors les poursuites de la police. » Signé, le 20 mars 1848 : Guilleminot. Il fut recommandé par la Commission pour une place de garde forestier. Il demeurait 21, rue Bourg-Labbé en 1848. Archives de la préfecture de police AA 409.

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