Pronier, Pierre, Guislain

Biographie


Né vers 1770 à Bouleux ? (Pas-de-Calais). Journalier. Il fut blessé d’un coup de feu qui lui traversa le cou et lui emporta la mâchoire, le 28 juillet vers 17 heures au moment d’une fusillade très vive qui eut lieu rue des Nonnains-d’Hyères et alors qu’il descendait dans la rue et se trouvait derrière la barricade de la rue de Fourcy. Transporté à l’Hôtel-Dieu, il y mourut des suites d’érysipèle et de délire provoqués par ses blessures le 13 [le 14 selon Ménière] août suivant. Les renseignements de police le dirent, avant de mourir, « dans une position très malheureuse ». Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il laissait une veuve, Lefebvre, Vedastine, Victoire, femme de ménage, née le 24 décembre 1762 à Bucquoy (Pas-de-Calais), fille de Lefebvre, Louis, Philippe, marchand, et de Debrugny, Marie, Marguerite, son épouse. Le 13 décembre 1830, devant le maire du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Féré, Pierre, Joseph, Nicolas, coiffeur, demeurant 31, rue des Nonnains-d’Hyères ; Allendy, Louis, Barthélemy, marchand de vin, demeurant 26, rue des Nonnains-d’Hyères . Ils attestèrent bien connaître Lefebvre, Vedastine, Victoire et certifièrent « qu’elle n’a jamais été séparée de corps ni de biens, ni divorcée d’avec ledit feu sieur son mari ». Le 8 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Mairet, Antoine, Pierre, maître boulanger, demeurant 29, rue des Nonnains-d’Hyères ; Lordereau, François, fruitier, demeurant 27, rue des Nonnains-d’Hyères ; Geoffroy, Michel, Joachim, boulanger, demeurant 13, rue des Nonnains-d’Hyères . Ils attestèrent avoir parfaitement connu Pronier, Pierre, Guislain et « que le 28 juillet dernier, entre 4 et 5 heures du soir, au moment d’une fusillade très vive qui eut lieu rue des Nonnains-d’Hyères , ledit sieur Pronier, descendant dans la rue, fut atteint d’une balle qui lui traversa le col et lui emporta la mâchoire ; qu’il fut porté de suite à l’Hôtel-Dieu, d’où ils savent qu’il est décédé par suite de sa blessure ». Elle fut pensionnée (par erreur sous le nom de Lefèvre, Vedastine, Victoire sur les listes du Moniteur universel) de cinq cents francs et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Elle reçut cent dix francs de secours en 1831. Le nom de Pronier (P.-G. Pronier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Pronier demeurait 29, rue des Nonnains-d’Hyères en 1830 ; sa veuve, 3, rue du Cloître-Saint-Jean en 1831. Histoire de ce qui sest passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 281 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 85 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 106 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, veuves ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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