Prost, Phorien, Edouard
Biographie
Né le 29 octobre 1812 à Besançon (Doubs). Commis voyageur. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 29 février 1848, il fit une première demande afin d’entrer dans la garde nationale mobile. Il avançait comme un de ses titres d’avoir « commandé divers postes et notamment le poste du drapeau au château des Tuileries ». Cette demande était suivie de très nombreuses signatures et apostilles, dont celles lisibles : ...ieussec, capitaine, certifiait « avoir vu le citoyen Prost à cheval le jeudi 24 février exhortant le peuple qui s’insurgeait » ; Legrand fils, caporal ; Fléchelle, lieutenant à la 2e compagnie du 1er bataillon de la Xe légion ; Jarry, E, qui certifiait « avoir vu le citoyen Prost à une barricade rue Richelieu, conduisant le peuple au château des Tuileries » ; Lozouet, sous-lieutenant, qui certifiait « avoir vu le citoyen Prost engageant les citoyens à respecter les propriétés dans la nuit du 25 février » ; Vallée-Hautmesnil, capitaine de la garde nationale de Grenelle, qui affirmait : « Il est à ma connaissance que le citoyen Prost faisait partie de plusieurs individus exaltés, qu’il ramena dans l’ordre de la tranquillité en maintenant le bon ordre. Ce fait dans la nuit du 24 au 25 février » ; Fiel, officier des sapeurs-pompiers de Grenelle, qui certifiait le connaître « pour un homme de courage et de capacité » ; Leroux ; Lavaine ou Lavoine ; ..., un des administrateurs du National, qui assurait que Prost avait « bien mérité de la patrie par les sentiments qu’il a montrés dans la prise des Tuileries le 24 février ». Prost adressa ensuite la lettre suivante à la Commission : « […] A l’honneur de vous exposer qu’il s’est battu en 1830 et en 1832, qu’il a été incarcéré en 1836 pour ses opinions politiques, qu’en dernier lieu il n’a pas fait défaut une journée de février, comme l’indique les certificats ci-joints, que désirant servir la cause pour laquelle il a toujours combattu il voulait adresser une demande pour servir en qualité d’officier dans la garde nationale mobile mais qu’au terme de la loi son âge l’a empêché de présenter sa requête. Il pense que, vu les services qu’il a rendus, la Commission voudra bien l’admettre au nombre des citoyens ayant droit à la récompense nationale mais il prie en même temps la Commission de vouloir bien, si faire se peut, lui donner les moyens de servir la république, ce qui serait pour lui la plus belle des récompenses. Il a la conscience que son zèle et son dévouement mériteraient de nouveaux éloges. » Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Le gouverneur provisoire du château des Tuileries, délégué par le gouvernement, ordonne à M. Prost de prendre le commandement du poste du drapeau et de se faire obéir. » Signé, le 25 février : illisible. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine de la 4e compagnie du 3e bataillon de la VIe légion, reconnaît que le citoyen Prost, commandant le poste du drapeau aux Tuileries, m’a remis ledit poste, obligé qu’il était de le faire par la fatigue des citoyens qu’il commandait depuis trois jours et a eu l’obligeance de me communiquer les instructions d’ordres venant confirmer celles du général de C... illisible. » Signé, le 26 février 1848 : Bourdon. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était marié en 1848. Il demeurait 10, rue d’Austerlitz et 14, rue Fondary à Grenelle (il donnait les deux adresses) en 1848. Archives de la préfecture de police AA 409.