Protain, Etienne, Jules
Biographie
Né le 14 ventôse an XIII à Paris (ancien) VIe arrondissement (Seine), fils de Protain, Jean, Constantin, architecte, et de Ledoux, Cyr, son épouse. Fils d’un lieutenant-colonel du génie, blessé de sept coups de poignard au côté du général Kleber en Egypte, chevalier de la Légion d’honneur, membre de l’Institut, commissaire vérificateur des travaux de la Ville de Paris, il était lui-même garçon menuisier. Il combattit à la Grève, au Louvre, rue Saint-Denis ; il fut blessé de deux coups de feu, l’un à la figure et l’autre à la clavicule et eut la jambe cassée sur une barricade (mais l’épaule droite cassée par un coup de feu alors qu’il participait, armé, à l’attaque de la caserne Saint-Martin in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II ; la clavicule droite fracturée par un coup de crosse aussi dans la même référence). Il fut soigné à l’hôpital Saint-Louis. Marié et père d’un nouveau-né, il reçut (sous le nom de Protin, Jules) un secours de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut un secours de quarante francs, le 18 août 1830, (sous le nom de Protin, Jules), un secours de vingt francs, le 27 août, un secours de vingt francs, le 11 septembre, un secours de vingt francs, le 20 septembre, un secours de quarante francs, le 27 septembre, un secours de cent francs, le 13 octobre 1830, un secours (sous le nom de Protin) de cent francs, le 30 décembre 1830, un secours de soixante-quinze francs, le 5 juillet 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 1er août 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 1er septembre 1831, un secours de dix francs, le 16 septembre 1831, un secours de quinze francs, le 1er octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (sous le seul nom de Prottin sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel, et sur les lites de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 13 janvier 1831, la conclusion définitive suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, premièrement de blessures par arme à feu, chargée de plomb, au nez et à la face, du côté droit ; cicatrisée. Deuxièmement de fracture à la clavicule du côté droit, consolidée mais avec un peu de déformation et de difficultés dans les mouvements du bras droit. En conséquence, nous estimons qu’il a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné qu’une incapacité temporaire (deux ans) et qu’il doit être rangé dans la deuxième classe des blessés. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de six cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut, en tant que décoré et blessé, un secours de cinquante francs et un habillement soit bourgeois soit de garde national (pour une valeur de soixante francs), sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il sollicita un emploi de sergent de ville mais est indiqué comme détenu à La Force sur l’état de candidats présentés par la Commission des récompenses nationales pour l’emploi de sergent de ville tenu par la préfecture de police. Il était célibataire en 1830. Il signa, le 18 juillet 1831 et avec Nicolson (voir Nicolson, Sébastien, Hippolyte), le certificat suivant en faveur de Bukens, Charles, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits devant la Commission des Réclamants sise rue Bourg-Labbé : « Nous certifions que le nommé Charles Bukens s’est trouvé le 28 juillet 1830 parmi les combattants à la porte Saint-Denis, à la Ville (lire Hôtel de ville, N.D.A.), le 29 au Louvre et aux Tuileries, rue Richelieu, au Palais-Royal et qu’il a pris le service aux Tuileries le 29 au soir. Le 30, il s’est trouvé au désarmement des Invalides et le 3 août il a été à Rambouillet. Nous attestons qu’il était armé de pistolet, sabre et fusil et que le nommé ci-dessus a constamment combattu et qu’il s’est conduit avec honneur. » Il signa (sous le nom de Protain, Jules), le 19 novembre 1830, le certificat suivant en faveur de Sioque, Louis, Joseph, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, reconnaissons que le nommé Louis, Joseph Sioque, ouvrier cordonnier, demeurant rue Joquelet n° 3, n’a pas cessé de nous accompagner dans toutes les affaires qui ont eu lieu les trois journées des 27, 28 et 29 juillet et qu’il s’y ait conduit en fidèle et brave citoyen et qu’il a combattu avec une intrépidité digne de tout éloge et qu’il n’a quitté les armes que lorsque la liberté a été établie et a mérité, par sa conduite, l’estime de tous bons Français. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet, en remplacement de sa simple médaille. Il reçut (sous le nom de Protain, Jean, Etienne), auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré, de cinq francs en 1834, de quatre francs et trente-cinq centimes en 1836, de cinq francs et trente centimes en 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. En 1842, la police donnait comme renseignement sur son compte : « Cet individu a un bon état, mais il a manqué d’ouvrage pendant trois mois, ce qui l’a arriéré. Il mène, dit-on, une bonne conduite. » Il reçut un secours de quarante francs en 1843, et de la même somme en 1847. En 1849, marié, sans enfant, dans une position malheureuse, il sollicita des secours. La police donna comme renseignement sur son compte qu’il était dans « une position malheureuse ». Il reçut cinquante francs de secours. En 1852, toujours selon la police : « Marié, sans enfant, gagne soixante francs à l’administration du gaz. Il se trouve en ce moment dans la gêne, ayant été fort longtemps sans occupation. C’est un brave homme, d’une conduite régulière. » Il reçut un nouveau secours de cinquante francs. En 1853, « venant d’éprouver une maladie de sept mois consécutifs à la suite de laquelle il perdit un œil, père de famille, trop impotent pour se livrer à aucun travail, tourmenté par les loyers, tous ses effets au mont-de-piété, en un mot supportant trop souvent des jeûnes forcés », il sollicita des secours et obtint cinquante francs. En 1854, « alité depuis six mois, sans aucune ressource », il sollicita de nouveaux secours et reçut cinquante francs. Il avait été condamné à trois mois de prison pour voies de fait en 1831. Il demeurait 44, rue Bourbon-Villeneuve en 1830 ; 32, rue Guérin-Boisseau en septembre 1830 sur les listes du Constitutionnel ; 32, rue Guérin-Boisseau en août et en octobre 1830 sur les listes de la mairie (et aussi en novembre 1830 dans le certificat qu’il signe en faveur de Sioque, Louis, Joseph in Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Sioque, Louis, Joseph) ; 32, rue du Vert-Bois en décembre 1830 ou 32, rue Guérin-Boisseau en 1831 ou 44, rue du Vertbois en juillet 1831 sur les listes de la mairie in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 et in Archives nationales F/1dIII/39, ou 34, rue du Vert-Bois quatre fois in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 (34, rue du Vert-Bois et 44, rue Bourbon-Villeneuve en 1831 in Archives de Paris VD6 360 n° 5 ; 44, rue Bourbon-Villeneuve en 1831 sur sa fiche de la Commission des Réclamants ; 32, rue du Vert-Bois in Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, VI Extrait du registre contenant les décisions du jury médical à la Commission des récompenses nationales et in Archives nationales F/1dIII/35 B et in Archives nationales F/1dIII/38 A ; 32, rue Guérin-Boisseau in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste de diminution de capacité et cinq fois in III, Enregistrement des bons délivrés etc. ; 34, rue du Vert-Bois in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) ; 53, rue de Cléry en 1834 ; 43, rue des Amandiers en 1836 ; 4, rue Neuve-Saint-Martin (ou 4, rue Neuve-Saint-Laurent même source Archives de Paris VD 6 356 n° 6) en 1837 ; 38 bis, bd du Montparnasse en 1842 (où la police le chercha infructueusement afin d’obtenir les renseignements nécessaires suite à sa demande de secours) ; 126, rue du Cherche-Midi en 1847 ; 141, rue de Vaugirard en 1849 ; 21, chaussée du Maine à Montrouge (Seine) en 1851-1852 ; 13, chaussée du Maine en 1853 et 1854. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du VIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 76 (sous le nom de Protain, Jules) ; Archives de Paris VD6 91 couverture du dossier Turge, Juste, Nicolas (sous le nom de Protain, Louis) ; Archives de Paris VD6 356 n° 5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836, Noms des décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834, Liste nominative (juillet 1836) de MM. les décorés de Juillet non pensionnés qui se sont présentés à l’effet d’obtenir un secours, Etat nominatif des décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels a été répartie la somme de cent cinquante-deux francs attribuée au VIe arrondissement par la lettre de M. le ministre de l’Intérieur en date du 27 juillet 1836, Année 1837, Etat des décorés de Juillet du (ancien) VIe arrondissement qui sont venus se faire inscrire pour participer s’il y a lieu à la gratification qui pourrait être accordée à l’occasion des fêtes de Juillet, Etat émargé (1837) par les décorés de Juillet du (ancien) VIe arrondissement qui ont participé à la gratification accordée par M. le ministre de l’Intérieur à l’occasion des fêtes anniversaires de 1830 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, I correspondance du préfet, enquêtes, liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834, idem même référence II, Etat de blessés, registre des différents hôpitaux où ont été soignés les blessés (sous le nom de Protin, Jules), idem Liste de diminution de capacité (sous le nom de Protin, Jules), idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (blessés indemnitaires deux ans), idem même référence VI Extrait du registre contenant les décisions du jury médical à la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Protin, Jules), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des indemnités définitives, idem Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs ; Archives nationales F/1dIII/33 nominations à des emplois civils (1831) (sous le nom de Protin, Jules) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le nom de Protain, Jules) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes (sous le nom de Protain, Jules, Etienne), idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209 (sous le nom de Protain, Jules, Etienne), idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 (sous le nom de Protain, Jules, Etienne), ; Archives de la préfecture de police AA 375 in dossier Bukens, Charles (sous le nom de Protain, Jules) ; Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Sioque, Louis, Joseph ; base leonore de la Légion d’honneur, LH/2231/56 (le dossier de son père).