Prouin, Nicolas, Valentin, Désiré
Biographie
Né le 25 avril 1781 à Tourville (Seine-Maritime). Ancien employé des subsistances militaires, blessé dans les rangs de la Grande Armée ; il était porteur du certificat suivant : « Je, soussigné, maréchal de camp commandant militaire de la place de Stolin, certifie que le sieur Désiré Prouin, chargé du service des vivres et viandes du fort de Dam, s’est comporté pendant la durée du siège de cette forteresse avec une bravoure et un zèle qui lui ont mérité l’approbation et le suffrage des chefs de ladite place. Certifie en outre qu’il est à ma connaissance que le dénommé ci-dessus s’étant aperçu que deux militaires désertaient à l’ennemi et n’écoutant que son courage et le bien du service, s’est précipité dans l’eau et à travers les marais, au péril de ses jours, pour les poursuivre et qu’il en a atteint un, sous le feu des batteries de l’ennemi qui tiraient sur lui et que, nonobstant cette circonstance, il a ramené un de ces fugitifs dans la place. » Signé à Paris le 3 décembre 1814 : Dufresse ; baron Barbeneque ? illisible, maréchal des camps et armées du roi. Il était, en 1830, garçon charcutier mais marchand de vin in Archives de Paris VK3 50. Selon un certificat du maire de La Villette, « il s’est particulièrement montré pendant les derniers événements des 27, 28 et 29 juillet parmi les citoyens qui se sont fait remarquer par leur patriotisme » et participa à l’expédition de Rambouillet. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants de la commune de La Villette, certifions qu’il est à notre connaissance que dès les premiers moments de la glorieuse révolution qui a signalé la recouvrance de nos libertés, le sieur Prouin a, le premier, arboré le drapeau tricolore et qu’il a eu l’honneur d’être désigné pour le porter. Nous attestons en outre qu’il est aussi le premier de nous qui ait fait partie de la colonne patriotique sous les ordres du général Pajol et qui a été dirigée sur Rambouillet. « Signé à La Villette, le 25 novembre 1831 : Versigny, chevalier de la Légion d’honneur ; Lebaudy ; Martin ; Griset ; Réquédat ; Barlay ; Duval ; Arnaud ; Carbonnel ; Faucheur ; Robert ; Arnaud. Il passa devant le jury de l’arrondissement de Saint-Denis le 25 janvier 1831, sous le numéro 231. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. En 1831, il était garde magasin sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut, en 1833 à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à titre de décoré de Juillet (comme tous les autres bénéficiaires de cette gratification, il devait à voir quelque chose avec la préfecture de police, garde municipal ou autre). En 1836, à l’occasion d’une demande de secours qu’il formula et dans laquelle il avançait « son inaltérable dévouement au trône constitutionnel, la police donna comme renseignement sur son compte qu’il était veuf, qu’il avait un enfant qui n’était pas à sa charge et ajouta : « Il pourrait travailler de son état d’ouvrier charcutier mais il est enclin à la paresse. D’ailleurs sa conduite est bonne. » En 1837, il tenait une petite boutique de cordonnerie, 66, rue Rochechouart, devait trois termes de son loyer de soixante francs par an et sollicita des secours. La police jugeait toujours sa conduite « assez bonne ». Il reçut un secours de quarante francs en 1838. Cette année-là, il présenta deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Prouin, demeurant rue Rochechouart n° 66, est notre voisin depuis sept années et que nous le connaissons pour un homme d’une bonne conduite et qu’il est dans une position plus que gênée, qui le met à même d’avoir recours à la bienveillance du gouvernement. » Signé, le 14 septembre 1837 : Bataille ; Bureau. Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que M. Prouin, Nicolas, Valentin, Désiré, décoré de juillet 1830, ancien militaire, se trouve dans une position extrêmement gênée et digne d’intérêt. Son âge, ses infirmités et enfin la détresse qui l’accable doivent le recommander à la bienveillance du pouvoir. Nous l’avons constamment connu et apprécié pour un honnête homme. » Signé, le 30 novembre 1837 : Bureau, demeurant 64, rue Rochechouart ; Leger, Jean, demeurant 5, rue Ribouté ; Bataille, demeurant 66, rue Rochechouart ; Beck, gérant de la maison pour M. Feline, ajoutait que Prouin devait quatre termes de la chambre qu’il occupait dans la maison. Il reçut un secours de vingt francs en 1839, de vingt-cinq francs en 1840, et de la même somme en 1841. En 1842, les mêmes sources le décrivaient comme sans occupation, dans une position précaire, renvoyé par son propriétaire, faute d’avoir pu le payer, et « bien représenté ». Il reçut, cette année-là, un secours de quarante francs puis un autre de vingt-cinq francs. En 1843, accablé d’infirmités, atteint depuis dix-huit mois d’une paralysie, « dans une position gênée et malheureuse », il sollicita des secours et obtint quarante francs. Il toucha vingt-cinq francs de secours en 1844, quarante francs en 1845 et en 1846, vingt-cinq puis quarante francs en 1847. En 1849, la police donnait comme renseignement sur son compte : « Est depuis plus de trois ans à Bicêtre, comme vieillard. Il donne son adresse rue Rochechouart, n° 92, chez un de ses amis, qui reçoit ses lettres, ce qui le favorise pour toucher des secours. Ne s’occupe pas de politique. » Il reçut deux secours de quarante francs en 1849, en 1850 et en 1851. Il demeurait 68, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1830 ; 66 puis 92 (sans doute le numérotage de la rue changea-t-il), rue Rochechouart de 1831 à 1851, chez Granjean, épicier (mais 68, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 B). Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 90 et 92, idem Allocation de secours à 59 décorés, blessés, veuves ou orphelin de Juillet 1830, s’élevant ensemble à la somme de 2.770 francs imputable sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur, exercice 1850, courrier en date du 31 octobre 1850, minute 136-138, idem Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204 ; Archives de la préfecture de police AA 420, Préfecture de police, août 1833, Etat nominatif des brevets déposés à la caisse de la préfecture de police par MM. les décorés de Juillet qui ont reçu une gratification de vingt-cinq francs, lesquels brevets leur ont été rendus ainsi qu’il est justifié par les émargements des titulaires.